Edito

Jean-Pierre Caffet Mes Chers Collègues,

La délibération que nous examinons ce matin n’est pas seulement la traduction d’un engagement pris par notre majorité en 2008. Par son contenu, elle constitue à l’évidence un enjeu majeur pour Paris, pour son visage, son avenir et pour les pratiques de ceux qui y vivent ou y viennent. Par les perspectives qu’elle ouvre, elle revêt sans doute une importance particulière pour la métropole et, au-delà, pour l’aménagement de la vallée de la Seine jusqu’au Havre. Ce débat stratégique sur la valorisation de la Seine jusqu’à son embouchure a d’ailleurs commencé au début du mois de mai dernier.

Dans le temps qui m’est imparti, je ne reviendrai pas longuement sur les principales caractéristiques de ce projet mais me bornerai à dire qu’il est à la fois ambitieux et réaliste. Ambitieux, parce qu’il permet la reconquête et l’embellissement de l’un des plus beaux sites de Paris inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Réaliste, parce qu’en raison de sa conception, de son dimensionnement et de la judicieuse distinction opérée entre la rive droite et la rive gauche, il ne menace pas les grands équilibres et les principales fonctions urbaines de la Capitale. Ce sont ainsi 7 kms de voirie, aujourd’hui domaine exclusif de l’automobile, sur les 26 des bords de Seine qui vont être rendus aux parisiens et à tous ceux qui fréquentent Paris. Rive droite, l’autoroute actuelle sera transformée en un boulevard parisien moderne pour un meilleur partage de la berge au profit des piétons et des circulations douces. Rive gauche, la reconquête de la rive qui, n’étant utilisée qu’à la moitié de sa capacité n’aura qu’un impact limité sur les itinéraires de report, permettra de consacrer près de 5 hectares à des usages inédits et diversifiés sur un parcours piéton de plus de 2 kms.

Mais au-delà de ce bref rappel, ce que je voudrais souligner, au nom de mon groupe, c’est que, loin des caricatures qui en sont faites par la droite parisienne qui visiblement reste engluée dans une vision de l’aménagement urbain datant des années 60 du siècle dernier, ce projet est un projet global qui se fonde sur les conceptions contemporaines de la fabrication d’une ville durable, de son renouvellement, de la diversité de ses fonctions et des instruments qui les favorisent ainsi que de la nécessaire mixité de ses usagers.

Oui, les aménagements proposés dans cette délibération sont conçus pour créer un nouveau rapport au fleuve en lui redonnant son lustre et en permettant aux parisiens, franciliens et touristes, de se réapproprier les berges de la Seine. Pour autant, nous ne considérons pas que la Seine soit un décor de carte postale comme font mine de le croire les représentants de la droite parisienne. La Seine, c’est un territoire stratégique, la colonne vertébrale d’un véritable éco-système et pas seulement le vecteur de déplacements automobiles grâce à ses berges. Et si ce projet est moderne, c’est parce qu’il combine de nombreuses dimensions urbaines. Pour notre part, nous en voyons quatre parmi les principales :

La première de ces dimensions, c’est évidemment celle d’un nouveau partage de l’espace public et d’un enrichissement de ses usages s’adressant au plus grand nombre qu’ils soient culturels, sportifs ou simplement de promenade.

La deuxième dimension a trait au renforcement du potentiel économique de la Capitale car il est clair que la réalisation de ce projet générera des activités nouvelles. A celles qui concerneront les loisirs, il faut ajouter les activités portuaires et industrielles qui pourront connaître un nouveau développement dans les espaces qui leur sont dédiés par le PLU. Et je n’ai pas le temps hélas d’insister sur l’impact positif quant à l’image internationale de Paris qui ne peut sortir que renforcée d’une telle réalisation tant il est vrai que l’attractivité de la Capitale ne peut se résumer à un temps de parcours en automobile sur les voies sur berges.

Troisième dimension : les transports. Vous en avez parlé, Monsieur le Maire, et je serai donc bref. Mais qui ne voit que ce projet peut être porteur d’un développement significatif des transports fluviaux qui pourraient être maillés avec le réseau de transports existant ? J’ajoute qu’il s’inscrit dans un politique de renforcement considérable des transports collectifs le long de la Seine et dans l’axe est-ouest de la métropole qui permettra une augmentation de capacité de plus de 10 000 passagers à l’heure alors que la reconquête des voies sur berges ne modifie à la baisse les capacités que de 1500 à 2000 passagers par heure. Pour notre part, nous pensons que cette perspective vaut bien celle du grand huit imposée aux collectivités territoriales dans les conditions que l’on sait. Lire la suite