Conseil de Paris des 19 et 20 juin 2012 : Question d’actualité du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relative aux impacts pour la santé des émissions des moteurs diesel dans l’agglomération parisienne : enjeux et perspectives
Olivia Polski,
Conseillère de Paris, élue dans le 14e arrondissement
Monsieur le Maire,
Chers collègues,
Mardi12 juin dernier, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), l’agence pour la recherche sur le cancer de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a classé les gaz d’échappement des moteurs diesel comme étant avec certitude «cancérogènes pour l’homme», confirmant ainsi ce qui avait été déjà classé comme «probablement cancérogènes» en 1989.
Ce constat est d’autant plus alarmant que le diesel pèse lourd en France. Si, selon l’Agence De l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (ADEME), le parc des véhicules particuliers est passé de 24 millions à 32 millions entre 1990 et 2011, la part des diesels a augmenté, elle, de 15% à 77%, sans compter les poids lourds, équipés quasi exclusivement de moteurs fonctionnant au diesel. Depuis les chocs pétroliers des années 1970, aidé en cela par une fiscalité avantageuse, le diesel s’est fortement développé faisant de la France le pays le plus « dieselisé » d’Europe derrière le Luxembourg, la Norvège et la Belgique. La politique du gouvernement précédent a, de plus, largement encouragé fiscalement le diesel afin de soutenir les constructeurs français.
Le danger de ces particules émises par les gaz d’échappement des moteurs diesel, qui seraient en France à l’origine de quelque quarante-deux mille morts prématurées chaque année d’après l’OMS, ne s’en retrouve que renforcé en zone urbaine dense puisque concentré.
L’exposition à ce polluant atmosphérique urbain, tout comme d’ailleurs la combustion de bois, les incinérateurs, les fumées d’usine ou le chauffage urbain, concerne, en effet, l’ensemble de la population française vivant en ville à plus de 80 %.
La France, et particulièrement Paris grande agglomération d’habitat et de transit, se retrouve face à un enjeu majeur de santé publique auquel elle se doit aujourd’hui de répondre. La dangerosité du diesel doit être prise en compte tant par les constructeurs automobiles que par l’Etat et les collectivités locales et des mesures doivent être prises pour lutter contre ce type de pollution, notamment dans les zones denses, tout en veillant à ce qu’elles ne soient pas socialement pénalisantes.
Monsieur le Maire, je connais votre engagement sans faille pour une démarche d’excellence environnementale pour la Ville de Paris, grâce notamment au Plan Climat. Nous en avons parlé ce matin à l’occasion de l’examen du Rapport environnemental.
Le groupe Socialiste, Radical et de Gauche et Apparenté souhaiterait, par mon intermédiaire, savoir quelles mesures supplémentaires, afin de prendre en compte ce défi majeur de santé environnementale de lutte contre la présence massive du diesel à Paris, pour améliorer la qualité de l’air dans notre agglomération et pour préserver la santé des Parisiens et des Parisiennes, pourraient être mises en place par notre collectivité.


