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Conseil de Paris des 19 et 20 octobre 2009 : Question d’actualité du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relative à la présence croissante à Paris des mineurs étrangers isolés originaires d’Afghanistan

19 octobre 2009 Lu 705 fois Imprimer

Rémi Féraud, Maire du 10ème arrondissement

Monsieur le Maire,

Depuis la fermeture de Sangatte en 2002, les exilés sont présents à Paris dans le 10e arrondissement. Leur nombre ne cesse de croître chaque année, en particulier celui des mineurs venus d’Afghanistan.

Je ne reviens pas sur l’inaction scandaleuse de l’Etat, qui refuse de mettre en place l’hébergement nécessaire pour les centaines d’exilés majeurs dormant aujourd’hui à la rue. Je ne reviens pas sur l’opération menée dernièrement à Calais pour démanteler la jungle et qui a encore accru le nombre d’exilés à Paris.

Mais ce refus du gouvernement d’assumer ses responsabilités a également des conséquences très graves pour les mineurs. Leur mise à l’abri dans l’urgence lui incombe en priorité. Or ces dernières semaines, chaque soir, de mineurs ne sont pas pris en charge faute de places suffisantes dans le dispositif actuel. Les équipes de France Terre d’Asile ne peuvent pas tous les accepter au moment de leur regroupement sur la place du Colonel Fabien ; plusieurs de ces jeunes restent donc dormir sous les ponts du canal Saint-Martin. Je précise que ces mineurs sont par ailleurs refusés dans les dispositifs d’hébergement de droit commun, car ceux-ci sont réservés aux adultes.

En vertu de ses compétences de conseil général, la Ville de Paris prend en charge les mineurs après leur mise à l’abri. Elle a consenti des efforts très importants en ce sens ces dernières années, et le Maire de Paris a ce matin annoncé que les moyens de l’Aide sociale à l’enfance seraient renforcés dans le budget 2010.

Le nombre de places de mise à l’abri d’urgence est aujourd’hui de 90. Il a en effet été ces derniers mois augmenté de 20 places voulues et financées par la municipalité parisienne. Mais il s’avère désormais insuffisant.

Vous savez ma disponibilité pour implanter dans le 10e arrondissement une structure d’accueil pour mineurs étrangers isolés. Et je sais votre détermination pour que la Ville – contrairement à l’Etat – remplisse son devoir légal et moral.

Je vous demande donc de préciser les mesures que vous seriez susceptibles de mettre en œuvre pour protéger les mineurs afghans qui sont présents dans le 10e arrondissement.