Conseil de Paris des 29 et 30 mars 2010 : Question d’actualité du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relative aux rythmes scolaires
Philippe Ducloux, Conseiller du 11ème arrondissement
Monsieur le Maire,
Mes cher-e-s Collègues,
Je voudrais revenir sur la question des rythmes scolaires et de la suppression de la classe le samedi matin à l’école primaire, il y a maintenant plus d’un an, dont le Ministre de l’Education vient de reconnaître enfin, mais en tout confidentialité, le caractère néfaste et préjudiciable aux enfants à l’occasion de la circulaire de rentrée adressée récemment aux Recteurs.
Une nouvelle fois, le double discours du gouvernement est à l’œuvre. Le mécanisme est le même que lorsque le ministère de l’Education nationale a prétendu prendre en charge la difficulté scolaire en instaurant les deux heures d’aides individualisée avant de supprimer les postes réellement dédié à la difficulté scolaire, à savoir ceux des RASED.
Maintenant, le Ministère de l’Education nationale prétend être favorable à une semaine de travail sur neuf demi journées, alors que c’est lui-même qui a imposé la généralisation de la semaine de 4 jours, sans aucune concertation en un temps record.
Pourtant, c’est bien cette organisation qui, depuis de nombreuses années, est considérée comme étant la moins respectueuse des rythmes chronobiologiques des enfants : cette concentration très dense du temps scolaire est en effet la plus fatigante pour les élèves et, de fait, la moins propice aux apprentissages. Une réalité qui ne manque pas de frapper encore plus durement les élèves les plus fragiles, et d’entacher l’objectif premier de l’école publique, à savoir l’égalité de tous les enfants face au savoir.
Il est donc significatif et déplorable qu’une nouvelle fois, cette question des rythmes de l’enfant fasse l’objet d’une simple mention dans une circulaire alors même que sa gravité imposerait qu’un débat à l’échelle nationale, avec l’ensemble des acteurs concernés, enseignants, parents d’élèves, scientifiques et collectivités locales, soit lancé le plus rapidement possible. Il n’est pas sérieux et responsable d’aborder cette question localement, ainsi que, hier Xavier Darcos, aujourd’hui Luc Châtel, l’ont fait puisqu’il s’agit bien de besoins chronobiologiques des enfants identiques sur tout le territoire national.
Le gouvernement ne peut faire l’impasse plus longtemps sur l’urgence d’un tel débat : la place centrale de l’école dans notre société l’exige, d’autant plus que le fait qu’aménager le temps scolaire revient à impacter l’organisation des activités périscolaires, domaine à la charge quasi-exclusive des collectivités territoriales.
Aussi, Mr le Maire de Paris, face à l’urgence d’un tel débat de société, que nous sommes nombreux à demandé, je vous prie de bien vouloir m’indiquer la position de la Ville de Paris à l’égard des jeunes parisiens, qui ne demandent finalement, comme leurs enseignants qu’à travailler dans de bonnes conditions.
Je vous remercie.

