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Conseil de Paris des 5 et 6 juillet 2010 : Question d’actualité du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relative à la Présidence du Conseil de surveillance de l’APHP

6 juillet 2010 Lu 225 fois Imprimer

Michèle Blumenthal,
Maire du 12ème arrondissement

L’élection d’un haut fonctionnaire à la présidence du Conseil de surveillance de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) lors de sa première réunion le 30 juin, est un nouveau coup porté à l’APHP et aux Parisiens.

Au terme de cette élection, l’Elysée s’est arrangé pour faire élire son candidat contre notre collègue Jean-Marie Le Guen, Président délégué du Conseil d’administration sortant de l’AP-HP. Une fois de plus, l’Etat crée une situation d’exception pour la métropole francilienne. Paris sera ainsi la seule grande ville de France dont l’hôpital ne sera pas présidé par un élu et où l’Etat contrôlera toutes les instances de décision.

En tant qu’élue parisienne, je veux dénoncer aujourd’hui cette rupture supplémentaire du pacte de confiance entre l’Etat et les collectivités locales. Or l’AP-HP est un des piliers essentiels de l’accès à des soins de qualité pour tous les habitants de la métropole parisienne. Sa grande proximité avec les parisiens est essentielle sur un territoire où la médecine de ville est, par endroits, gravement défaillante.

Cette élection est de très mauvais augure avant la présentation officielle du plan stratégique 2010-2014 de l’APHP. Et ce d’autant plus que nous sommes dans une situation inédite : le plus grand hôpital de France n’a toujours pas de budget, la seule ligne défendue par le gouvernement étant que le déficit de l’AP-HP ne doit pas dépasser les 80 millions d’euros. Le gouvernement cherche à imposer une gestion purement comptable (suppression de 3.800 emplois d’ici 2012, diminution des investissements publics,…) en dépit du rejet de la communauté hospitalière, des élus, des patients et de leurs familles.

Les élus parisiens demeurent néanmoins mobilisés et vigilants pour que le plan stratégique de l’AP-HP se fonde non sur une logique comptable, mais sur un projet de santé publique concerté et accepté par toute la communauté hospitalière. Dans le 12e arrondissement par exemple, je m’alarme des graves menaces qui pèsent toujours sur l’avenir des hôpitaux publics : démantèlement de Trousseau, ré-ouverture effective de Rothschild et devenir de l’Hôpital Saint-Antoine.

Monsieur le Maire, le Groupe socialiste, radical de Gauche et apparenté s’inquiète de cette mainmise de l’Etat sur ces hôpitaux : pouvez-vous donc aujourd’hui exprimer solennellement notre réprobation face au déni démocratique d’un pouvoir recentralisateur, qui ne fait plus confiance aux élus locaux?