Accueil » Actualité, Actualité municipale, Questions d'actualité posées en 2010

Conseil de Paris des 7 et 8 juin 2010 : Question d’actualité du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relative aux projets de logements sociaux dans le 16ème arrondissement

7 juin 2010 Lu 712 fois Imprimer

Gauthier Caron-Thibault,
Conseiller du 3ème arrondissement

Monsieur le Maire,
Mes cher-e-s collègues,

L’égoïsme de certains a-t-il un impact sur nos projets de logements sociaux dans le 16e arrondissement ? Comme moi, vous avez dû lire avec consternation les échos que se fait la presse des combats auxquels se livrent quelques associations, soutenues par quelques élus contre la construction de logements sociaux dans l’une des parties de Paris qui en compte le moins…

Je veux bien entendu parler de nos projets dans le 16eme arrondissement. La rue Nicolo, boulevard Murat et rue de Varize, l’ancienne gare de la place d’Auteuil et l’avenue du Maréchal Fayolle. 407 logements sociaux, dont les plans ont été réalisés en accord avec les architectes des bâtiments de France et pour certains dessinés par des grands noms de l’architecture d’aujourd’hui, citons Portzamparc et Sanaa, lauréat du glorieux Pritzker, à mille lieues d’« immondices inhabitables », comme semble le craindre un élu de notre assemblée qui est loin d’être pressenti pour intégrer le jury de ce concours…

Monsieur le Maire, dès votre réélection en 2008, vous avez rappelé votre ambition de voir Paris atteindre les 20% de logements sociaux exigés par la loi SRU dès 2014 et ce, en mettant à contribution tout le territoire parisien et en saisissant toutes les opportunités foncières. « Le maire de Paris souhaite faire payer les bourgeois » a informé le maire du 16e arrondissement lors d’un reportage diffusé au journal télévisé de France 2 le 21 mai 2010. Claude Goasguen prétend même aujourd’hui dans le Parisien qu’il n’est pas contre faire plus de logement social dans son arrondissement mais qu’il ne faut surtout pas oublier que les exigences de la loi SRU s’appliquent pour tout Paris mais absolument pas arrondissement par arrondissement. C’est à en rire…

Sauf que aujourd’hui 3800 demandeurs de logements sociaux travaillent dans le 16e arrondissement, contribuent à son rayonnement et à son bien-être. Et surtout, ils attendent de la Ville de Paris que nous répondions à leur souhait de mieux vivre.

Presque 1 sur 2 vit en suroccupation et 1 sur 4 est en délicatesse avec leur propriétaire suite à un congés délivré ou à des loyers trop chers.

Qui sont ces demandeurs ? des instituteurs et professeurs du 16e, des infirmières de Ste Perine, des gardes malades ou des aides à domiciles, des nourrices, des employés de PME, des commerçants, des jeunes couples, des éboueurs,… Toutes ces personnes qui sont les acteurs du quotidien des habitants du 16e arrondissement et qu’il faut savoir loger dans des conditions dignes au plus près de leur lieu de travail si on veut leur permettre de continuer à y officier et à rendre la vie agréable aux habitants du 16e, tel qu’il semble l’apprécier.

Aujourd’hui, puisque la crainte de mixité sociale ne peut-être retenue comme fondement juridique pour attaquer un permis de construire, c’est toute une panoplie d’arguties plus hypocrites les unes que les autres qui sont déployées par des riverains jaloux de leur pré-carré, et soutenus publiquement par les élus de la majorité municipale du 16e. Tentative infructueuse de classement en bâtiment historique pour la rue Nicolo, raisonnement fallacieux pour le réaménagement de la gare d’Auteuil sur la hauteur disgracieuse envisagée alors que les immeubles riverains ont la même, attitude procédurière pour le projet Varize Murat, et surtout, surtout,… guérilla juridique menée par une association de riverains de l’avenue du Maréchal Fayolle avec plus de 25 000 euros déboursés contre le projet de la Ville et ce, pour éviter la destruction d’un bunker sans aucune valeur patrimoniale… Et pour se donner bonne conscience, le Maire du 16e dit qu’il préférerait à la place des centres pour SDF ou pour femmes battues mais en attendant ils préfèrent surtout que rien ne se passe dans son arrondissement concernant le logement social, que les friches restent friches et que les immeubles vides restent vides…

Monsieur le Maire, mes cher-e-s Collègues, nous ne devons pas céder aux égoïsmes locaux. Il n’y a qu’un seul Paris fait d’un fragile équilibre de sa diversité. Ces attitudes irresponsables le mettent en péril et nécessitent de notre part la plus grande volonté et fermeté. Aussi, mon groupe politique, qui apporte le plus entier soutien à votre politique de financement de logements sociaux, souhaite savoir ce qu’il en est des projets pour lesquels nous avons votés au sein de cette même assemblée, en particulier leur calendrier et si leur nature en est impactée.

Réponse de Jean-Yves Mano, adjoint au Maire de Paris en charge du logement