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Il faut sauver l’Assistance Publique–Hôpitaux de Paris

10 mai 2010 Lu 384 fois Imprimer

hôpitauxCoup de tonnerre fin 2009 à l’AP-HP : la direction, sous la tutelle exclusive du Ministère de la Santé, annonçait un plan de 4.000 suppressions de postes d’ici à 2014, dont la moitié de personnels médicaux, et ce, sans autre forme de procès, après les 700 suppressions déjà votées en 2009.
Après la colère des personnels, la menace de 900 médecins de démissionner de leurs fonctions administratives et la mobilisation sans précédent des syndicats, de la gauche toute entière et des associations de patients, le Gouvernement « suspendait » son plan à 15 jours des élections régionales.
Pour autant, la volonté de l’État est plus que jamais de résorber le déficit de l’AP-HP – qui s’élevait en 2009 à environ 100 millions d’euros sur un budget global de 6,7 milliards – quasi exclusivement par la réduction des effectifs (médecins, infirmier(e)s travaillant déjà dans des conditions difficiles etc.).
Pour Bertrand Delanoë, qui avait mis en place un groupe de travail pluraliste d’élus sur le sujet il y a deux mois, « l’hôpital public de la métropole parisienne est agressé ». Car il s’agit d’un plan technocratique, concocté avec une vision strictement comptable et de court terme par un État financièrement aux abois du fait de sa politique fiscale en faveur des plus fortunés. Or l’AP-HP, « vaisseau amiral » de la médecine et des hôpitaux français, répondant tant à la demande de soins de proximité que de patients venant de toute la France et même parfois au-delà pour des interventions particulièrement pointues et représentant par ailleurs 50% de la recherche médicale française, souffre au contraire de sous investissement.
Si les socialistes acceptent que soient réalisés des regroupements de certains hôpitaux parisiens à la configuration peu adaptée et donc coûteuse, c’est à la condition absolue qu’on parte du besoin des patients et avec pour seul objectif l’amélioration de l’offre globale de soins sur tout le territoire. Dans un contexte de raréfaction de la médecine de ville au Nord et à l’Est de Paris, de déremboursement massive des médicaments ou du refus de nombreux médecins de prendre en charge les patients bénéficiaires de la CMU, les hôpitaux parisiens sont de plus en plus sollicités, notamment aux urgences.
Plutôt que de réaliser des économies aveugles au détriment de la santé de ceux qui n’ont pas les moyens de se tourner vers les cliniques privées, les élus de toute la majorité ont adopté un vœu, présenté par Jean-Marie Le Guen au nom de l’Exécutif, refusant les suppressions de postes qui pénaliseraient tant les patients que les personnels et demandant avant tout un investissement de 2 milliards d’euros sur 10 ans pour garantir la qualité des soins (en particulier pour les IVG et les patients atteints de maladies de plus en plus « chroniques » telles que le cancer, le sida, le diabète etc.) et la recherche médicale de pointe de l’AP-HP. Médecine préventive pour tous, qualité des soins pour chacun, telles doivent être les boussoles d’une politique de santé renouvelée et juste.
Alors que J.F Lamour « soutenait » le gouvernement sarkozyste, la droite embarrassée par les propos très divergents du seul élu UMP maîtrisant le sujet (le Professeur Bernard Debré) ne prenait pas part au vote. Courage, fuyons…