Intervention de Bertrand Delanoë relative à la politique de coopération à moyen et à long terme de la Ville de Paris en soutien à Haïti
Mes cher(e)s collègues,
Le 12 janvier dernier, un séisme d’une très grande violence frappait Haïti et en particulier sa capitale Port-au-Prince.
Ce pays, qui comptait déjà parmi les plus pauvres de la planète, affronte aujourd’hui une catastrophe sans précédent. On compte au moins 200.000 morts, les hôpitaux ne parviennent même pas à accueillir les blessés.
Quand aux dégâts matériels, tous les mots paraissent tragiquement en deçà de la situation, celle d’une ville anéantie, d’un pays dévasté, et de secours débordés.
Face à un tel drame, Paris a d’abord exprimé sa solidarité et son amitié. J’ai fait part au Président d’Haïti, René PRÉVAL, et au maire de Port-au-Prince, Jean-Yves JASON, de notre volonté de les soutenir autant que possible, dans l’épreuve que traverse leur peuple.
Notre première réaction a été d’essayer, à notre échelle, de faire face à l’urgence. Une aide exceptionnelle de 150.000 euros a ainsi été débloquée dès le lendemain du séisme. Elle a été répartie entre l’organisation non gouvernementale “Médecins du Monde” pour les secours aux blessés et l’association “ACTED”, qui mène un projet tout aussi urgent et vital de purification de l’eau.
Nous avons, en outre, en lien avec le Comité national de soutien à Haïti et l’ambassade d’Haïti à Paris, installé une salle de crise dans l’enceinte même de l’Hôtel de Ville. Ce dispositif permet de recevoir des dons et de répondre à des appels d’urgence pour lesquels nous avons mis en place un numéro vert. C’est également le Réseau mondial de la francophonie qui s’est mobilisé. L’Association internationale des maires francophones a ainsi débloqué 50.000 euros sur son fonds d’urgence pour de l’aide médicale et de l’assistance aux sans-abri. L’Association mondiale des collectivités territoriales (C.G.L.U.) s’est mise à la disposition des Nations Unies pour mobiliser les pouvoirs locaux dans la reconstruction d’Haïti. Mais notre devoir est d’aller au-delà de l’urgence.
Avec Pierre SCHAPIRA, qui présidera un comité de suivi réunissant tous les groupes de notre Assemblée, j’ai tenu à ce que la solidarité des Parisiens envers le peuple d’Haïti s’exprime dans la durée. Quand la vague de l’émotion sera retombée, quand l’attention du monde se sera détournée vers d’autres lieux, Paris sera toujours aux côtés d’Haïti pendant les années qui viennent. Il y a une ville entière à reconstruire et Paris entend bien y contribuer. En liaison avec les autorités de Port-au-Prince, nous allons installer une mission de coopération qui se rendra sur place dès que la situation le permettra. Toutes les directions concernées - je pense notamment à l’urbanisme, à la voirie, aux espaces verts - seront mobilisées et des organismes liés à la Ville, en particulier l’A.P.U.R. et “Eau de Paris”, apporteront leur expertise et donneront de leur énergie.
L’objectif est qu’une capitale aujourd’hui à terre puisse revivre. Nous nous engageons ainsi sur une aide à hauteur d’un million et demi d’euros sur trois ans. Rien ne doit être négligé, aucun acte n’est dérisoire, dès lors qu’il permet de préserver une vie, de reconstruire une maison, de dessiner un avenir.
Paris reste et restera mobilisé.
Je remercie les maires d’arrondissement pour leur engagement et je suis reconnaissant aux Parisiens pour l’élan de générosité spontanée qu’ils ont su exprimer.
Mes chers collègues, je tiens enfin à dire notre sympathie et notre amitié aux Haïtiens de Paris ; ils sont accablés et désarmés si loin de leur pays en ruine. Nous partageons leur deuil et nous nous tenons à leurs côtés, en nous associant profondément à leur peine. Parmi eux se trouvent des agents de la Ville et du Département de Paris. Plusieurs d’entre eux ont perdu des proches dans ce drame. J’ai demandé à notre Secrétaire générale, Véronique BÉDAGUE-HAMILIUS, de tout mettre en oeuvre pour les aider dans l’épreuve. Nous avons pris des mesures d’accompagnement psychologique, mais aussi, lorsque la situation l’exigeait, d’assistance juridique et, pour certains de nos agents particulièrement éprouvés, de soutien financier.
A tous, nous disons notre solidarité.

