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Communication de Bertrand Delanoë relative aux Budgets de la Ville et du Département

13 janvier 2012 Imprimer

Chers collègues,

Nous examinons les budgets de la Ville et du Département pour l’année 2012. Ce débat budgétaire offre, chaque année, l’occasion la plus pertinente de préciser nos choix et de fixer ensemble des objectifs.

En 2012, plus que jamais, dans le contexte très lourd de la crise mondiale, nous devrons mettre la bonne gestion de nos finances au service de priorités clairement identifiées : la solidarité, l’innovation, le développement durable.

Ces priorités forment la base même de l’engagement que nous avons pris en 2008 devant les Parisiens. Nous n’y dérogerons pas, malgré les obstacles, et ce budget nous donnera les moyens de tenir le cap.

D’abord, donc : la solidarité. Plus de 2,1 milliards d’euros lui seront consacrés l’année prochaine. Cet effort est nécessaire pour permettre aux plus démunis, mais aussi aux classes moyennes, de surmonter les difficultés actuelles.

Nous poursuivrons bien sûr notre engagement en faveur du logement qui s’élèvera cette année à 28 % de notre investissement global. Plus de 6.000 logements sociaux seront financés en 2012 et 4.500 seront réhabilités.

Je continue, comme je le fais inlassablement depuis un an, à demander au Gouvernement de nous laisser expérimenter l’encadrement des loyers à la première location ou à la relocation. Cela servirait beaucoup et j’espère que cela sera rendu possible dans quelques mois. Comme l’a dit quelqu’un : “On verra bien !”

D’autre part, notre politique en faveur de l’hébergement d’urgence sera intensifiée. Pour faire face à l’une des injustices les plus dures, 275 millions d’euros seront consacrés à l’aide sociale à l’enfance, avec notamment l’ouverture de 100 places pour pallier les manquements de l’Etat. Cette solidarité indispensable s’inscrit dans un dessein pour une ville où la diversité, notamment celle des générations, soit garantie et développée. Près de 1.000 places de crèches seront ainsi ouvertes l’an prochain pour permettre l’accueil des familles à Paris.

Dans le même esprit, nous maintiendrons, nous intensifierons même notre effort soutenu pour le développement durable. Le Plan Climat continue à se déployer avec la généralisation des normes Haute Qualité Environnementale dans les constructions neuves et le Plan Biodiversité que nous avons voté le mois dernier porte très haut notre ambition environnementale. La réhabilitation thermique des écoles parisiennes sera engagée l’année prochaine avec un premier lot de 100 établissements.

De façon plus globale, c’est tout le visage de notre capitale qui sera remodelé dans la fidélité à son patrimoine.

Dans un an, Paris aura changé. En 2012, les voies sur berges seront rendues aux Parisiens et à tous les amoureux de notre Ville, Autolib’ montera en puissance, offrant un service de mobilité souple et inédit, tandis que la prolongation du tramway T3 complétera la diversification de l’offre de transports dans la capitale.

Ces efforts pour la Ville ne se conçoivent pas sans un travail en profondeur pour l’emploi. Nous persévérerons sur la base de résultats qui montrent que, dans la crise, autant que possible, en s’appuyant sur ses atouts, Paris résiste.

Depuis deux ans, en effet, le taux de chômage parisien se maintient pour la première fois en 20 ans au-dessous du taux national. L’emploi passe d’abord bien sûr par l’innovation, par la dynamique économique et par un tissu d’activités innovantes toujours renouvelé. Dans le cadre de notre vaste plan d’ouverture de pépinières et d’incubateurs, Paris Région Innovation Nord Express accueillera dès 2012, dans le 18e arrondissement, plus de 70 “startup” dans 8.300 mètres carrés. Paris bouge, Paris avance, Paris attire les emplois de demain et l’inauguration des nouveaux locaux de Google dans le 9e arrondissement à laquelle la Mairie de Paris a pris une part décisive, en offre une nouvelle illustration. Je pense d’ailleurs que certains voulaient l’envoyer ailleurs qu’à Paris ; n’est-ce pas ? Ce qui ne les empêche pas de récupérer cette initiative.

De plus, dans un contexte de très forte dégradation de la situation de l’emploi dans notre pays, notre Ville continuera, dans la mesure de ses moyens et de ses missions, à favoriser l’insertion professionnelle. 1.700 personnes bénéficieront ainsi en 2012 de contrats aidés.

Les dispositifs d’aide à l’emploi sont, en effet, plus que jamais nécessaires pour remettre les plus démunis sur le chemin d’une activité pérenne. Nous participerons aussi au financement de 40 foyers de jeunes travailleurs et, dans le même esprit, tandis que d’autres procèdent au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, nous garantirons, comme nous nous y étions engagés, le maintien de nos emplois publics.

Vous le voyez, la crise n’est pas une invitation à nous résigner, mais, au contraire, à nous mobiliser et à nous donner les marges nécessaires pour que les Parisiens aient des équipements de qualité, un cadre de vie embelli et un service public performant. Ces marges, nous les trouvons notamment grâce à un plan d’économie extrêmement volontariste qui permettra de dégager 24 millions d’euros auprès des délégations et des directions.

A titre d’illustration, le budget de la communication connaîtra une nouvelle baisse d’un million d’euros, ce qui ramène la totalité de nos dépenses de communication à un montant inférieur de 43 % au budget 2000 que vous votiez.

43 % de moins ! Il est, en effet, de notre responsabilité de faire preuve de sobriété quand un nombre croissant de nos concitoyens rencontre chaque jour de lourdes difficultés, car oui, bien sûr, dans une période comme celle que nous vivons, il faut savoir être sérieux, mais le sérieux, ce n’est pas une austérité imposée aux plus faibles, le sérieux, ce sont d’abord les efforts que l’on se demande à soi-même.

Une fois de plus, mes chers collègues, notre exercice budgétaire, déjà délicat, est rendu plus difficile encore en raison du désengagement de l’Etat. Certes, je me répète et, croyez-moi, je préférerais ne pas avoir à le faire, mais c’est la réalité qui s’installe et qui s’aggrave dans la durée. Pour la seule action sociale, pourtant plus nécessaire que jamais, ce sont désormais 1.300 millions d’euros que l’Etat doit aux Parisiens, 218 millions d’euros manquent pour les R.M.I. et R.S.A., 173 millions d’euros pour l’aide sociale à l’enfance et 965 millions d’euros – retenez bien ce chiffre – pour l’allocation personnalisée d’autonomie. Sur ce dernier exemple, celui de l’A.P.A., je rappelle que la compensation versée à Paris est quatre fois inférieure à la moyenne nationale.

A ce phénomène, s’ajoute, cette année, la brusque montée en charge de la péréquation. Nous devons, en effet, inscrire plus de 240 millions d’euros dans le budget 2012 contre 97 en 2011. Si la solidarité entre les territoires est nécessaire, nous contestons vigoureusement l’utilisation qu’en fait désormais ce Gouvernement en ciblant singulièrement et cyniquement Paris ; c’est donc dans ce contexte que s’inscrit notre budget 2012.

L’équilibre de notre budget de fonctionnement sera pourtant maintenu et nous limiterons strictement la progression de nos dépenses. L’évolution de nos charges à caractère général, inférieure à l’inflation, sera particulièrement maîtrisée. Grâce à cet effort de sérieux, aux termes du mandat, nous aurons autofinancé près de 80 % des 9.300 millions d’euros que nous aurons investis pour le développement de notre Capitale.

Mes chers collègues, vous le voyez, notre volonté pour Paris est intacte. Je remercie très chaleureusement toutes celles et tous ceux qui lui donnent son sens, et d’abord, bien sûr, les fonctionnaires de la Ville et du Département de Paris, dont le dévouement et l’engagement font vivre notre Capitale.

Je tiens à exprimer ma gratitude à tous les adjoints pour leur contribution à l’élaboration de ce budget et, bien sûr, tout particulièrement à Bernard GAUDILLÈRE pour sa compétence, ses convictions et son sens de l’intérêt général. Il est AAA.

Avec l’Exécutif et l’ensemble de la majorité municipale que je tiens à remercier – l’ensemble de la majorité municipale -, nous mettrons en oeuvre tous nos engagements pour une Ville où la dynamique économique doit demeurer indissociable de la justice sociale.

Je vous remercie.

Mise à jour du 13 janvier 2012 :

Courrier de Bertrand Delanoë, Maire de Paris au 1er Ministre François Fillon