Intervention de Claire Morel relative à la subvention et à la convention avec l’association Mission Locale de Paris
Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
Taux de chômage des jeunes : 22%
Service public de l’emploi : en déshérence, avec une réduction des moyens à Paris (150 emplois en moins en 2011)
Voilà deux données qui à elles seules pourraient résumer la politique de l’emploi en France, pardon le manque de politique de l’emploi.
Il n’est pas question ici de décréter qu’il existe des solutions miracles et immédiates contre le chômage des jeunes, mais de souligner qu’il n’est pas non plus imaginable de penser que réduire les moyens en faveur de l’emploi contribuera à réduire le chômage !
A Paris, c’est la mission locale de Paris qui se mobilise pour l’emploi des jeunes, 20 000 jeunes ont ainsi été suivis en 2010.
C’est l’illustration de la mobilisation de la Ville et ses élus en charge de l’emploi et de la jeunesse, Christian Sautter et Bruno Julliard.
Mais également l’illustration de la mobilisation des trois financeurs : le Département de Paris donc, mais aussi la Région, et l’Etat. Quand les services des collectivités locales et de l’Etat coopèrent, il est donc possible de consacrer des moyens suffisants. Si l’Etat pouvait faire de même en faveur de Pôle Emploi et de la politique de lutte contre le chômage…
Comme vous le savez, l’association Mission Locale de Paris a été créée le 23 février 2011, suite au souhait commun des principaux financeurs de fusionner les 5 missions locales parisiennes en un unique opérateur dans le but d’améliorer l’offre de service proposée aux jeunes parisiens en terme d’insertion professionnelle et sociale, de définir une politique locale concertée et unique en ce domaine, et de mutualiser certaines compétences.
Si la Mission Locale de Paris a été unifiée, les 5 missions locales parisiennes initiales – dans le 11e, le 13e, le 14e, 18e et 19e – demeurent essentielles dans le nouveau dispositif et sont ainsi transformées en sites territoriaux dotés de ce 5 organes consultatifs, les Comités Locaux d’Orientation, qui ont pour mission :
- d’assurer une veille territoriale sur la situation des jeunes
- de connaître et anticiper les attentes des jeunes mais aussi des partenaires
- d’être en contact permanent avec les acteurs territoriaux en charge de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes
- enfin de proposer des orientations pour les évolutions futures de la Mission Locale de Paris.
Ces Comités Locaux d’Orientation sont présidés par un ou une élue locale et animés par un directeur territorial, tout comme la Mission Locale de Paris est présidée par Bruno Julliard en tant qu’élu - et je tiens à le féliciter pour cette fusion réussie -, et dirigée par Antonio Correia en tant que directeur général.
Je vais m’arrêter quelques instants sur la direction générale de la Mission Locale de Paris, dont la structuration illustre la volonté du Département de Paris de toujours améliorer l’efficacité de son offre de services, tout en s’appuyant sur le savoir faire des équipes de chaque site.
La direction générale de la Mission Locale de Paris, ce sont deux branches : une direction du développement et une direction dite des fonctions supports.
La direction du développement s’appuie sur le savoir faire de chacun des responsables des cinq sites, qui sont également directeur du développement de la Mission Locale de Paris, en charge d’une thématique transversale.
Ressortent ainsi 5 grands domaines de compétences et de partage à l’échelle parisienne, qui sont tous essentiels dans un traitement global de la question de l’insertion sociale et professionnelle des jeunes : il s’agit
- de l’emploi,
- de la formation,
- de l’accompagnement,
- de l’information et de l’orientation,
- et – c’est là une réelle innovation issue de cette fusion – d’un observatoire.
Jusque-là, la multitude des acteurs dans le domaine de l’emploi des jeunes a toujours rendu impossible, du moins laborieuse, toute consolidation de données et de chiffres.
S’il fallait encore confirmer la volonté de la collectivité parisienne d’aider les jeunes parisiens dans leur insertion professionnelle, la mise en place d’un tel outil de recueil mais aussi d’analyse des données et des parcours le fait .
Il faut aussi noter qu’une telle structuration va permettre à la direction générale, aidée de ces cinq directeurs du développement de mettre en œuvre plus facilement et sur une échelle parisienne des partenariats avec les grandes entreprises et partenaires, au bénéfice des jeunes parisiens en recherche d’emploi.
La deuxième direction, dite « des fonctions supports » est née du constat d’une nécessaire mutualisation et recentralisation de trois compétences que je qualifierai d’extra-territoriales, à savoir les ressources humaines et la formation des agents, la gestion des finances et enfin les services généraux. Tout cela devra permettre aux Comités Locaux de se concentrer sur les actions sur leur territoire et leur population, leurs spécificités et leurs besoins.
La présente délibération porte sur une avance d’1,7 millions d’euros sur la subvention de fonctionnement 2012 du Département de Paris à la Mission Locale de Paris, dans l’attente de la finalisation de la convention pluriannuelle d’objectifs 2011-2013 entre la Mission Locale de Paris et ces trois financeurs, qu’il convient désormais d’établir depuis la fusion des 5 missions locales parisiennes.
Pour information, en 2012, la subvention de la Ville sera de 2,9 millions d’euros, soit l’équivalent à quelques euros près de l’aide de l’Etat. C’est dire si l’insertion professionnelle et sociale des jeunes est une priorité de la collectivité parisienne depuis 2001.
Je vous remercie.


