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Intervention de Claude Dargent relative à Autolib’

6 février 2009 Lu 449 fois Imprimer

M. le Maire, chers collègues

La délibération que nous examinons maintenant, relative au projet Autolib’, revêt une importance évidente.
Il s’agit en effet là d’un projet novateur - et même pourrait-on dire pionner dans le domaine des déplacements, tellement les exemples analogues existants aujourd’hui sont rares, d’une échelle sans comparaison et pour tout dire d’une autre nature.

Que s’agit-il de faire ? On le sait, plus de la moitié des Parisiens n’a pas d’automobile - et le taux dit de « motorisation » a d’ailleurs tendance à baisser. Mais une part notable de cette minorité de nos concitoyens qui reste détentrice de ce mode de déplacement l’utilise de façon très épisodique.

Chacun le constate en effet : se déplacer en automobile dans Paris, outre que c’est producteur de pollutions diverses et de gaz à effet de serre, n’est guère commode. Le développement par notre municipalité des modes de déplacement aux heures creuses a encore diminué l’intérêt d’une automobile personnelle : extension d’une heure les vendredis et samedis soir du métro, les dimanches et fêtes de nombreuses lignes de bus, etc. Beaucoup de nos concitoyens réservent donc l’usage de leur auto à des circonstances exceptionnelles : transport d’objet lourd, déplacement dans des parties de la banlieue moins bien couvertes par les transports collectifs. Mais, pour un tel usage épisodique, la possession d’une voiture coûte inutilement cher. On ne le sait pas assez : être propriétaire d’une voiture particulière à Paris coûte environ 250€ par mois. En cette période de baisse du pouvoir d’achat, une telle économie est très loin d’être négligeable et doit être portée au crédit de la municipalité parisienne et de celles qui participeront à ce nouveau dispositif.

L’encouragement accordé depuis 2001 aux sociétés d’autopartage est une première réponse à la recherche d’une alternative à la possession d’une voiture particulière. Comme président de la 3ème commission dite des déplacements, je peux témoigner que nous avons étudié de nombreux dispositifs de cet ordre sous la précédente mandature, par l’intermédiaire de délibérations rapportées par l’adjoint d’alors à ces questions, Denis Baupin.

Ce qui nous est proposé ici, chers collègues, c’est en quelque sorte d’instituer un dispositif d’autopartage multiplié par 20 ou davantage encore. Car ce n’est pas un peu plus de 200 voitures qu’il s’agit de proposer aux Franciliens comme le font aujourd’hui les sociétés de locations, mais bien quelques 4000 véhicules.
Et ces 4000 véhicules serviront bien davantage car, à la différence d’autopartage, il ne sera pas demandé de ramener le véhicule à sa station de départ. C’est ce qu’on appelle la trace directe. Comme dans le système vélib dont il s’inspire, le véhicule peut donc servir bien davantage. Il est d’ailleurs envisagé la possibilité pour l’usager de réserver sa place de stationnement à l’arrivée.
Autolib’ constitue donc un vrai projet urbain, qui optimise l’espace si rare dans nos villes. On en attend une diminution du parc privé de 22.500 véhicules, et la libération corrélative de 18.000 places de stationnement.

D’autre part, autre avantage majeur sur le système dit d’autopartage, il n’est pas demandé à l’usager de payer pendant que le véhicule est immobilisé, une fois arrivé à destination, en attendant le voyage retour - ce qui en diminue considérablement le coût : double avantage, social et économique, dont on peut attendre qu’il en développe considérablement l’usage. Or, les études établissent qu’une voiture supplémentaire en usage partagé comme celui prévu dans Autolib’ entraîne la revente de 5 à 7 véhicules de particuliers

Surtout, l’échelle de ce nouveau dispositif Autolib’ met notre collectivité et celles qui veulent l’accompagner en situation de lancer un marché susceptible d’aider les constructeurs à mettre en place une technologie nouvelle, faisant de la future flotte autolib’ un ensemble de véhicules propres. On attend de ce dispositif une réduction des émissions de CO2 de 22000 tonnes par an - un objectif auquel tous ceux qui sont sensibles à la préoccupation environnementale - et je sais qu’ils sont nombreux dans cette assemblée, - ne peuvent qu’être sensibles.

Progrès urbain, progrès économique et social, progrès environnemental, le système autolib” envisagé marque enfin une avancée dans un quatrième domaine : celui de la solidarité territoriale. Ce registre de l’action publique municipale et départementale est une constante de l’action de notre collectivité depuis 2001. Contrastant avec le « splendide isolement » pratiqué par ses prédécesseurs, Jjacques Chirac et Jean Tiberi, Bertrand Delanoë a voulu instaurer une coopération confiante avec les collectivités territoriales voisines. Confiée à Pierre Mansat, cette mission s’est tout particulièrement traduite dans le domaine des déplacements : le financement par Paris de la prolongation du Tramway T2 jusqu’à la Porte de Versailles sur lequel va intervenir tout à l’heure notamment Léa Filoche en témoigne. Il en est allé de même de l’extension aux communes riveraines du dispositif vélib.

Dès le début, notre municipalité a donc fait un choix : celui en quelque sorte, pourrait-on dire de « penser métropolitain ». Et c’étaient alors certaines collectivités territoriales concernées qui étaient réticentes - à commencer par le département des hauts de Seine, présidée alors par le prédécesseur de M. Devedjan…

D’emblée, le dispositif autolib’ que nous examinons aujourd’hui a été étudié dans cette perspective métropolitaine. S’il prévoit 2000 voitures basées dans 700 stations à Paris, il en prévoit en effet autant en proche couronne.
Avec des solutions modulées selon l’emplacement : des stations de 4 places sur la voirie et de 10 places en souterrain à Paris, et de 6 places environ en banlieue.

La Ville de Paris propose donc aujourd’hui aux communes et intercommunalités désireuses d’implanter des stations Autolib’ sur leur territoire ainsi qu’aux départements concernés, à la Région et au STIF, de s’associer au sein d’un syndicat mixte ouvert.

On le sait, la formule du syndicat mixte, structure juridique appropriée, offre l’avantage de la souplesse dans la gestion intercommunale. En effet, après s’être mises d’accord sur les statuts et le mode de financement du syndicat, les communes disposeront d’un outil juridique adapté pour la passation de la délégation de service public Autolib’ sur le périmètre des collectivités locales adhérentes. Les possibilités d’extension ultérieure du périmètre seront préservées.

L’objectif est de créer le syndicat mixte au premier trimestre 2009 afin de permettre une mise en service en 2010

Chers collègues, vous l’aurez compris : la groupe socialiste, radical de gauche et apparenté, ne peut que voter avec la plus grande satisfaction un projet dont j’ai-je crois montré combien dans de nombreux domaines, il se révèle fondamentalement progressiste.

Je vous remercie.