Accueil » 3. Séance des 6 et 7 avril 2009, Interventions 2009

Intervention de Daniel Marcovitch relative à la réorganisation de la gestion du service public de l’eau à Paris

7 avril 2009 Lu 262 fois Imprimer

Monsieur le Maire,
Mes cher(e)s collègues,

Lors de mon intervention sur la création de l’EPIC lors du Conseil de Paris du mois de novembre der nier, j’avais marqué ma satisfaction de voir enfin la collectivité parisienne reprendre en main la gestion de son service d’eau depuis la production jusqu’au consommateur final. J’avais cependant relevé que la véritable réussite passait par l’intégration réussie des salariés de différentes origines et de statuts différents, Eau de Paris, Crecep et distributeurs, dans le nouvel établissement public local.
Je pensais en particulier aux salariés des sociétés privées qui avaient de plus marqué leur inquiétude face aux changements qui se dessinaient.

Je dois dire que de ce point de vue je suis grandement rassuré car les négociations exceptionnelles qui se sont ouvertes augurent bien d’une évolution favorable vers un accord de substitution qui permettrait d’aboutir à un statut unique des salariés de l’EPIC quelle que soit leur origine professionnelle.

J’ai utilisé à dessein le terme d’exceptionnelles car le droit du travail ne prévoit en aucun cas d’associer par anticipation les salariés des sociétés extérieures avant leur intégration dans la nouvelle structure tant que le transfert des fonctions n’est pas effectué. La volonté de faire participer, de dialoguer, de négocier, définit bien la politique des responsables de la régie sur le plan des relations sociales.

Je veux ici remercier et féliciter Anne Le Strat et Thierry Wahl respectivement présidente et directeur de l’EPIC pour le travail remarquable qu’ils effectuent dans ces négociations délicates. J’y associe évidemment la direction des ressources humaines et la direction du laboratoire d’Eau de Paris pour l’écoute et l’attention dont ils ont fait preuve pour les nouveaux arrivants, notamment du Crecep.

Je veux également exprimer toute ma reconnaissance aux agents du Crecep qui ont connu depuis la création de la régie en 2003, bien des interrogations et tout autant d’angoisses sur leur situation et leur avenir sans jamais que le service public de contrôle de la qualité des eaux des parisiens et des franciliens en soit affecté. Ils ont donné une image remarquable du service public. Qu’ils en soient ici remerciés.

Ainsi que je l’ai déclaré lors de l’ultime conseil d’administration du laboratoire sous sa forme de régie, le Crecep tourne une nouvelle page de son histoire plus que centenaire.

Les activités indispensables au service des parisiens sont transférées et vont se poursuivre à la régie Eau de Paris avec les 55 salariés qui les replissaient. Les autres agents ont soit rejoint les services de la Ville lorsqu’ils étaient détachés soit pour la plupart ont retrouvé un travail dans des structures extérieures soit bénéficié de mesures de formations longues durées ou enclenché un processus de création d’entreprise.

Néanmoins, le point présenté par le directeur du Crecep fait apparaître qu’à la fin du mois de février, 24 salariés au maximum sont susceptibles d’être sans emplois au 1er mai et pris en charge par l’antenne emplois. Face à ces chiffres les administrateurs du Crecep ont marqué leur inquiétude en votant à l’unanimité le vœu suivant :

« Ayant pris connaissance du bilan intermédiaire du Plan de Sauvegarde de l’Emploi mis en place par la direction du Crecep,

Compte tenu du contexte de l’emploi et du nombre de salarié n’ayant pas encore trouvé un nouvel emploi exprime son inquiétude et :

Demande que les agents municipaux qui devront réintégrer la Ville de Paris avant le 1er mai 2009 fassent l’objet d’un accompagnement actif de la DRH visant à permettre à chacun et chacune d’occuper un emploi correspondant à leur qualification et au service rendu au sein du Crecep.

Demande que les salariés non détachés soient informés de manière prioritaire des opportunités de recrutements sur des emplois ouverts aux non titulaires et accompagnés par la DRH au cas où ils manifesteraient la volonté d’intégrer les services de la Ville.

Au cas ou à la fin de la période de prise en charge par l’Antenne emploi, des salariés non détachés n’auraient pas trouvé une solution d’emplois durable, le Conseil d’Administration demande instamment que la Ville offre une solution d’embauche dans le respect des règles relatives à la fonction publique et, le cas échéant par voie contractuelle, aux salariés concernés. »

J’ajoute qu’à leur demande je continuerai à les tenir informés de la situation des derniers salariés en siégeant au comité de suivi de l’Antenne Emploi.

Je veux avant de conclure évoquer le recours surprenant déposé par les élus UMPPA. La remise en cause de la création de la régie pour un supposé respect de règles de transparence ou de règlements européens témoignerait d’un désir tout à fait louable s’il n’était déposé par des élus qui ne témoignaient pas de tels scrupules lorsque les marchés d’affermage furent attribués sans appel d’offre et en pleine opacité aux deux distributeurs où que les mêmes accumulaient de la trésorerie et engrangeaient des profits avec l’argent des parisiens sans que cela réveille le moindre de leurs scrupules. Mais peut être ne s’agit il que d’un combat d’arrière garde au service des distributeurs, qui d’ailleurs n’en demandent pas tant, et les parisiens jugeront vers qui vont les préoccupation de ces élus.

Un dernier mot Monsieur le Maire, mes chers collègues, à propos du Crecep pour évoquer ici le cas du directeur qui a fourni un travail remarquable dans la période écoulée en remplissant parfaitement la mission qui lui avait été confiée et qui, à quelques jours du passage définitif à l’EPIC Eau de Paris ne sait toujours pas quel poste il occupera à partir du 1er mai. Je ne doute pas que dans les jours à venir une solution correspondant à ses capacités lui soit offerte.