Intervention de Dominique Bertinotti relative à la communication du Maire de Paris “Pour un meilleur service de proximité aux Parisiens”
Chers collègues,
Nous voici aujourd’hui au seuil d’une seconde étape de ce mouvement de décentralisation et de déconcentration. Je tiens à remercier tout particulièrement la détermination, la conviction et la qualité d’écoute de Maïté Errecart et de souligner le travail accompli avec l’ensemble des maires d’arrondissements et leurs services.
Travail d’autant plus méritoire que la situation dont nous avons hérité en 2001 était la résultante d’une histoire particulière de notre capitale fondée sur une culture administrative et politique très centralisatrice et jacobine, lié au statut préfectoral qu’avait Paris et que la pratique gestionnaire des premiers maires de Paris ensuite n’a pas vraiment transformé.
Mars 2001 a marqué une véritable évolution par rapport à cet état de fait existant, grâce à la volonté de Bertrand Delanoë d’impulser une première étape de la déconcentration, tout en ayant l’exigence de maintenir l’unité parisienne, puis ce fut la loi de février 2002 qui est venue conforter cette démarche parisienne et qui a renforcé le rôle des arrondissements. La déconcentration a eu pour but à Paris de consulter des Parisiens qui ne l’étaient jamais auparavant (créations des conseils de quartiers), de confier la gestion des équipements de proximité aux maires d’arrondissement et ainsi faire que, pour la première fois à partir de 2001, proximité et efficacité pouvaient aller de pair et faire également que l’habitant se sente à la fois parisien et habitant de son arrondissement.
Cette nouvelle étape doit être considérée par tous comme une véritable chance, car elle doit être l’occasion de bien définir ce qui relève de l’unité parisienne, à savoir les dossiers tels les déplacements urbains, le logement social, la solidarité, l’architecture de la Ville, … (des éléments sur lesquels, je me permets de le rappeler, au travers des élections municipales, les parisiens se sont prononcés), et dans le même temps, cette nouvelle étape doit tenir également compte de la forte demande des habitants d’avoir des réponses plus rapides et plus efficaces et de notre demande comme maire d’arrondissement d’être en capacité d’avoir une réactivité et une créativité plus grande. Aussi, je considère que cette seconde étape de la décentralisation va permettre de créer une véritable synergie entre le dynamisme central et la capacité d’impulsion, d’innovation, d’expérimentation des maires d’arrondissement et de rendre plus performants à la fois les services centraux et nos échelons locaux.
Nous nous félicitons de l’approfondissement de la gestion de nos équipements de proximité, de la capacité déléguée aux arrondissements d’attribuer plus rapidement des subventions à nos associations locales, et, pour que cela poursuive bien le mouvement de transparence que l’équipe municipale a imprimé à Paris à partir de 2001, je suggère que cela se déroule dans le cadre de commission d’attribution de ces subventions où l’opposition aura sa place. Nous nous réjouissons que la notion de gestion de l’espace public qui devient une vraie exigence des habitants, et une exigence légitime, soit désormais prise en compte par la création d’un coordinateur local de l’espace public. C’est l’exemple même de transversalité où voirie, espaces verts et propreté se mêlent étroitement et où tous doivent conjuguer leurs efforts sous l’autorité de l’arrondissement. Cela me permet de souligner l’importance de l’administration locale au travers du maintien de l’unicité du statut des fonctionnaires de la Ville. Je pense qu’il serait nécessaire de mener une réflexion sur les nouvelles missions et compétences du directeur général des services des mairies d’arrondissement, car sa tâche a profondément évolué suite aux inflexions données par la municipalité depuis 2001, que cette fonction mérite une requalification, que le travail en mairie d’arrondissement du point de vue administratif soit revalorisé et que dans un futur proche, les aller-retour entre l’administration centrale et l’administration locale pour un fonctionnaire devienne chose ordinaire et valorisante. Cela nous incitera alors, sans tabou, à repenser les rôles des services intermédiaires existants car lorsque les circuits sont complexes, ils ne sont pas forcément gage d’efficacité.
Dans un opuscule consacré à Paris, Victor Hugo écrivait que « Paris est foyer, vie, travail, incubation, transformation, creuset, reconnaissance… Il faut rendre un service au genre humain, prouver le mouvement. Paris le prouve. Comment ? En étant Paris. », il poursuivait « Être Paris, c’est marcher »
Alors, chers collègues, je vous invite à cette marche en avant.
Le peuple parisien s’est toujours distingué par les belles aspirations qu’il a eues pour sa ville. Son dynamisme, sa créativité ont imprimé des changements majeurs dans notre ville et notre pays tout entier…
Cette étape supplémentaire de la déconcentration permettra sans nul doute de donner un nouveau souffle aux projets parisiens en donnant davantage de responsabilités aux mairies d’arrondissement, d’associer plus amplement nos concitoyens pour que Paris continue, comme l’a magnifiquement bien exprimé Victor Hugo, de marquer notre histoire nationale.

