Accueil » 9. Séance des 23 et 24 novembre 2009, Interventions 2009

Intervention de François Dagnaud relative au plan de vidéoprotection pour Paris

24 novembre 2009 Lu 442 fois Imprimer

Monsieur le Préfet,

Je souhaite profiter de ce débat, et de ce moment où vous nous demandez de vous aider à assurer la mission de service public de sécurité qui est de votre responsabilité, pour vous saisir d’une inquiétude que je crois très largement partagée sur tous les bancs de cette assemblée par des élus issus de tous les arrondissements de Paris.

Si nous pensons que le recours à l’image, dès lors qu’il est maîtrisé, mesuré, encadré comme c’est le cas dans ce dispositif, peut apporter une valeur ajoutée dans l’accomplissement de cette mission de service public, nous mesurons surtout, et vous le savez, que de nombreux Parisiens sont aujourd’hui exposés à des situations d’occupation abusive de l’espace public qui justifient une réelle pris en charge, adaptée, de la part de vos services. Je veux le dire clairement : cette prise en charge est aujourd’hui très insuffisante.

En effet, l’évolution de la criminalité et des faits avérés de délinquance à Paris, pas plus que les outils statistiques sensés en témoigner, ne rendent pas compte du développement de toutes sortes de situations d’occupation abusive de l’espace public, dont les plus pénalisantes prennent la forme de rassemblements nocturnes et bruyants, accompagnés de dégradations diverses (épanchements d’urine, jets de détritus, agressions verbales, circulation de deux roues motorisés sur des zones interdites à la circulation…) sans qu’il soit toujours aisé de savoir s’ils abritent ou pas des infractions au code pénal. Les outils d’intervention ou de surveillance mis en place par la PP pour traiter la délinquance ne prennent pas en compte ces formes de violences au moins psychiques faites aux personnes (perturbation du sommeil…) qui constituent de véritables troubles à l’ordre public. Ces situations productrices de souffrance psychologique et/ou sociale restent ainsi sans réponse des pouvoirs publics. Ces situations sont autant d’atteintes au droit à la tranquillité, à laquelle les habitants des quartiers populaires sont particulièrement exposés.

Il s’agit là d’une carence que les élus locaux que nous sommes ne peuvent accepter de voir perdurer. Je vous remercie Monsieur le Préfet, de nous informer des réponses que vous comptez apporter.