Intervention de François Vauglin relative à la réorganisation de la gestion du service public de l’eau à Paris
Monsieur le Maire,
Cher(e)s collègues,
Le débat sur le mode de gestion de l’eau a déjà eu lieu sur ces bancs, je ne reviendrai donc pas sur les objectifs de rationalisation, de transparence, d’accès, de coûts, ou de stratégie dans un contexte de tensions sur la disponibilité et la qualité des ressources et d’exigences normatives toujours plus élevées.
L’objet de cette délibération, c’est la reprise par le nouvel établissement public que nous avons créé de l’activité de production de l’eau. Nous transférons donc l’ensemble des moyens et des personnels de la SEM Eau de Paris et du CRECEP à l’EPIC Eau de Paris, qui devient ainsi opérationnel à compter du 1er mai prochain.
Les agents d’Eau de Paris et les personnels transférés représentent plus de 1.000 personnes. Il est évident qu’une réforme de cette ampleur ne peut se faire sans eux. J’irai même plus loin en affirmant que son succès sera le leur.
C’est dire l’importance de la négociation sociale qui s’engage avec l’ensemble des personnels concernés, quand bien même les obligations légales pourraient nous conduire à nous limiter aux seuls représentants de l’EPIC en l’état au 1er mai 2009 et non au 1 janvier 2010. Les personnels de Véolia ou de la Parisienne des Eaux savent la différence, car ils connaissent les méthodes des grands groupes qui absorbent d’abord, et discutent ensuite.
C’est pourquoi je veux saluer la volonté politique de l’exécutif parisien et en particulier d’Anne Le Strat pour offrir à l’ensemble des personnels la possibilité de débattre de leur avenir. En témoigne le premier accord de méthode signé dès le 12 mars. Il ouvre à tous la table des négociations. Suivra dans les prochains jours la signature d’un deuxième accord de méthode pour fixer le calendrier, les moyens, les thèmes de négociation.
Cette démarche exemplaire est même assez inhabituelle. Là encore, les méthodes en vigueur dans les fusions-acquisitions dans le privé ne s’embarrassent pas de ce type de précautions. En procédant de la sorte, chacun pourra être rassuré sur le fait que, si le cadre de travail va changer pour de nombreux salariés, ceux-ci verront leurs intérêts pris en compte dès la genèse du nouveau cadre de travail. Cela concernera leurs rémunérations et leurs avantages divers. Il est donc clair que seuls les partisans du statut quo pourraient refuser le dialogue - mais en réalité notre Conseil a déjà tranché ce point.
Alors comment ne pas comprendre le recours que deux collègues de l’opposition ont déposé contre ce processus comme l’expression d’une volonté politique, celle du statut quo au service des groupes qui ont prospéré sur l’eau publique pendant 25 ans ?
En réalité, nous franchissons aujourd’hui une nouvelle étape pour permettre la reprise en gestion publique de l’eau à Paris, avec un objectif essentiel : refaire de l’intérêt général le seul objectif de cette gestion. C’est pourquoi nous voterons avec enthousiasme ces délibérations.

