Intervention de Gilles Alayrac relative à la convention d’occupation pour l’immeuble communal 72 avenue Félix Faure par l’association Patronage Laïque-Maison pour tous
Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
Le patronage laïque se situe dans le XVème mais c’est une institution parisienne unique et singulière. Crée à l’initiative de militants de la cause laïque, surtout des enseignants et des ouvriers, il visait à offrir aux enfants des classes populaires des loisirs éducatifs.
L’esprit qui a présidé à sa création à la fin du XIXe siècle, dans un arrondissement qui était alors ouvrier, doit être préservé.
Il s’agit d’une institution conviviale, ouverte, d’accès facile par des tarifs abordables, qui offre toute une panoplie d’activités culturelles, sociales et d’animations.
La « patro» comme on dit aussi, est le lieu où un grand nombre d’organisations, associatives mais aussi politiques et syndicales, apprécient d’y tenir leurs réunions.
Bref, c’est un lieu populaire, militant, incontournable.
Cette délibération propose de soutenir financièrement l’association du patronage laïque. La raison est simple : le patronage laïque est en proie à de sérieuses difficultés financières depuis plusieurs années. L’urgence est telle qu’il faut mettre à disposition, à titre gratuit, le local que l’association occupe depuis un siècle et ce, jusqu’à sa rénovation.
L’association a été crée en 1892. Le bâtiment qui date de 1908 est maintenant devenu vétuste, et de moins en moins adapté aux besoins de ceux qui le fréquentent.
« L’opération sauvetage » du Patronage Laïque a été initiée dès l’arrivée aux responsabilités, en 2001, de notre majorité.
Il était temps car le pacte « sacré » si on me permet l’expression, était rompu. Les responsables du « patro » l’ont en effet cédé en 1927 à la ville de Paris qui, en contre partie, n’exigerait de ses occupants qu’un loyer symbolique.
A la fin des années 90, les augmentations de loyers étaient devenues telles, que le « Patro », étranglé financièrement, allait mettre la clé sous la porte.
Les subventions, votées par le conseil de Paris à partir de 2001 ont préservé l’institution et sont encore nécessaire pour assurer sa viabilité.
Nous avons besoin d’un patronage laïque à Paris, lieu de débats, de vitalité démocratique.
Nous avançons aujourd’hui, sous la conduite d’Anne Hidalgo, en charge de l’urbanisme et de l’architecture, vers la nécessaire transformation du lieu.
Je vois déjà poindre les critiques. Les conservateurs de droite et surtout de gauche, qui voudraient que rien ne change.
Peu importe. Ils sont dans leur rôle de conservateurs du patrimoine…. et après tout, le lieu peut bien rester celui de la contestation. Il l’a toujours été !
Par contre, il est de notre responsabilité d’agir.
Nous voulons un site plus accueillant, plus moderne, plus vaste.
Que je sache, la laïcité n’est pas condamnée à être consignée dans un espace vieillot, triste, sombre et inconfortable comme il l’est aujourd’hui.
Je suis certain que les élus impliqués, les associations résidentes, les personnalités extérieures, je pense ici à Marc Blondel qui préside le comité de pilotage de l’opération en sa qualité de président de la Libre Pensée, tous ces acteurs aboutiront à des propositions innovantes et ambitieuses pour cette institution afin de la faire entrer le Patronage Laïque dans le XXI e siècle.
Et puis, comme nous évoquons la laïcité, je veux rappeler son actualité. Elle n’est pas un vague concept, flou autour duquel on se rassemblerait sans s’accorder sur ses contours.
Elle est exigeante, elle questionne, elle est concrète. Elle m’amène à m’interroger sur les raisons qui ont amené le conseil de Paris à ne pas siéger hier. La laïcité n’a pas à s’aligner sur les rythmes religieux aussi sincères et généreux soient-ils.
Il fallait ici quelqu’un qui le dise !

