Accueil » 5. Séance des 8 et 9 juin 2009, Interventions 2009

Intervention de Gilles Alayrac relative à la création de trois aires d’accueil pour les gens du voyage

11 juin 2009 Lu 415 fois Imprimer

Par cette délibération, monsieur le Maire, vous nous proposez d’approuver le principe de création de 3 aires d’accueil pour les gens du voyage.

Par la même, vous souhaitez que la Ville de Paris se mette en conformité avec la loi du 5 juillet 2000 qui rend obligatoire l’accueil des gens du voyage par les communes.

Monsieur le Maire, je vous demanderai de préciser à notre Conseil, si, comme notre groupe l’a compris, vous agissez bien, d’abord dans le cadre d’une prescription légale, ensuite, à la demande du préfet de Paris chargé de faire appliquer la loi dans notre Ville.

J’ai cru comprendre, et là aussi la réponse de l’exécutif nous éclairera sans doute, que ces aires d’accueil ont été choisies avec la Préfecture, qui porte donc ce dossier et qui a validé le projet.

Ces précisions nous serons utiles car l’opposition à ces aires des Mairies des 15 et 16ème arrondissements, poserait donc un véritable problème juridique.

Comment ces mairies pensent elles contourner la loi et, s’il ne s’agit pas de la contourner, quelle est alors leur proposition pour que l’obligation légale de construire des aires d’accueil soit respectée à Paris ?
La Ville, si elle se conformait à la position des Mairies de l’ouest parisien, ne prendrait-elle pas le risque que le Préfet lui fasse injonction de construire ces aires ou, ne prendrait-elle pas le risque que le Préfet se substitue à elle ?
Pour les élus du groupe socialiste et radical de gauche, il convient d’appliquer la loi, rien que la loi, ni plus ni moins.

Il faut je crois être pédagogue et répéter les choses car l’opposition ne semble pas l’avoir compris: cette délibération est une application de la Loi qui conclut un processus de concertation entre la préfecture de Paris et la Ville. A partir de là, il ne devrait pas y avoir à polémiquer.

Nous avons eu un débat animé et même un peu surréaliste sur cette question au conseil du 15ème arrondissement.

L’argumentation de cette mairie m’a semblé à la fois, faible sur le plan juridique, tortueuse et torturée sur le plan des arguments pragmatiques avancés.
La délibération nous a été décrite comme étant floue : il me semble au contraire qu’elle est très claire.

La délibération nous a été décrite comme étant imprécise : il me semble au contraire que les spécifications des aires quant à la surface, à l’aménagement, au nombre de caravanes apparaissent, au contraire, de façon limpide.

La délibération serait coûteuse : 16 millions d’euros, c’est certes un chiffre, mais nous proposera-t-on des aires au rabais, peut être sans eau, sans électricité, et sans sanitaire ?

Est-ce là la position de l’UMP ?

Au-delà encore, les arguments de nature « humaniste » mis en avant par la droite du 15ème , nous font sourire.

En voici un florilège :

Non, vraiment, la rue Lucien Boussotrot ne convient pas, nous a expliqué l’UMP, parce qu’il n’y a pas de commerce à proximité, parce que les groupes scolaires sont déjà surchargés, parce que la proximité de France Télévision et du futur ministère de la Défense poserait problème …

Je voudrais bien que l’on nous développe cet argument de proximité , pour pouvoir, au moins, le comprendre.

Enfin, la sollicitude de l’UMP est vraiment merveilleuse, quand on sait, elle nous l’a dit, que cette aire est inappropriée en raison du bruit occasionné par le périphérique et par l’héliport !

De ce débat, un sommet de mauvaise foi, j’ai acquis au moins une certitude : c’est qu’aucun projet sur cette question, quelque soit sa rédaction, ne trouvera grâce aux yeux de l’UMP.

Il y a là incontestablement un débat entre le parti de la majorité gouvernementale et la préfecture. Je propose que le Conseil de Paris n’interfère pas dans cette distension interne.
Mais je pensais surtout que ce sujet justifiait un peu plus de dignité et de hauteur de vue, ne serait-ce que parce qu’il s’agit de recevoir décemment 200 familles du voyage à Paris.