Accueil » 8. Séance du 15 au 17 décembre 2008

Intervention de Gilles Alayrac relative au budget spécial primitif de la Préfecture de Police

15 décembre 2008 Lu 248 fois Imprimer

Monsieur le Maire,
Monsieur le Préfet,
Mes chers collègues,

Le budget qu’il nous est aujourd’hui proposé de voter s’inscrit dans la continuité de ce qui avait été initié sous la précédente mandature et dont nous devons nous réjouir : le soutien de notre municipalité envers la Préfecture se pérennise de façon conséquente, pragmatique, incontestable.

Conséquente d’abord, parce que nous contribuons deux fois et demi fois plus que l’Etat au fonctionnement du budget de la Préfecture de Police. Mais aussi, car la part du budget de fonctionnement augmente encore: +1,38% pour 2009 quand la part de financement de l’Etat, elle, n’augmente que de 0,62% : c’est donc une progression dans le prolongement du travail mené sous l’ancienne mandature qui avait vu la contribution de la Ville faire un bond de 47%.

Il est important de souligner qu’en dépit du contexte budgétaire que nous connaissons tous, amplifié par le désengagement financier de l’Etat, notre majorité, maintient le cap et assume pleinement ses responsabilités comme partenaire de la Préfecture.

Un budget pragmatique, car la Ville a pensé son financement sur la base de ce qui apparaît aujourd’hui comme prioritaire et colle ainsi au plus près des besoins des Parisiens : l’administration générale de la Préfecture, le dispositif ASP ainsi que la brigade des sapeurs pompiers qu’évoquera tout à l’heure Monsieur Peninou

Je note avec intérêt que notre contribution à la section d’investissement va permettre d’importantes opérations immobilières de nature à améliorer le cadre de vie des fonctionnaires puisque vont être réaménagés ou restructurés, un certain nombre de sites : Cité, Massillon, Quai de Gèvres, Cabanis, Dantzig, etc….

C’est une relation de partenariat et d’échanges qui doit nous permettre de continuer à mener à bien l’unique mission qui nous lie, à savoir la sécurité des habitants de Paris et de ses visiteurs.

L’effort financier de la Ville demeure déterminant et je veux croire qu’il permet aux fonctionnaires de la Préfecture de Police de travailler dans de meilleures conditions. N’oublions pas notre contribution essentielle en ce qui concerne les ASP dont parlera ma collègue Sylvie Wievorka.

Oui, nous nous félicitions que les infractions constatées à Paris aient diminué, entre 2001 et 2008, de 46%.

Depuis Mars 2008 et notre reconduction aux responsabilités, notre majorité à pris des initiatives fortes et visibles dans l’effort engagé en matière de sécurité.

Comment la Ville peut-elle encore contribuer au quotidien à la sécurité des Parisiens aux côtés de l’Etat ?

Je voudrais citer d’abord l’exemple de la sécurité routière.

La sécurité routière est un sujet majeur sur lequel il existe des marges de progression.

Comment ne pas évoquer la question des cyclistes qui en particulier, grâce à l’arrivée de Vélib, ont vu leur nombre de pratiquants réaliser un bond exponentiel.
Rouler dans Paris n’est pas aisé et toujours sûr, surtout quand il n’existe pas ou peu de pistes cyclables, comme dans le XVème par exemple.

Les accidents de la route sont encore trop nombreux. Sur les 10 premiers mois de l’année, 556 cyclistes ont été victimes d’accidents, et sur ces accidents, 5 ont étés mortels.
5 morts c’est un drame. Mais c’est aussi un chiffre relativement faible en comparaison du nombre de cyclistes.

La ville de Paris a mis en place des actions de préventions très ciblées et je dois dire que le travail de nos collègues adjoints aux transports et à la sécurité, est continu et prometteur.

Il faut améliorer aussi la sécurité des piétons et pour cela travailler sur les périmètres des écoles, mais aussi sur des points sensibles comme les abords de résidences de personnes âgées. Je crois qu’il sera nécessaire de réaliser un plan global piétons qui se consacre à une meilleure lisibilité de l’espace public.

Je sais que Monsieur Georges Sarre y travaille actuellement et il peut compter sur le soutien de notre groupe pour avancer sur ce dossier.

Mes chers collègues, vous avez tous vu la récente campagne d’affichage lancée par la Mairie de Paris qui s’intitule « changeons de conduite, partageons Paris ».C’est une campagne choc, avec des images dures, celles de piétons et de cyclistes couchés sur la chaussée, avec des slogans qui font réagir.

Cette initiative de la Ville destinée à tous les usagers de la voie publique doit permettre de maintenir la pression face à l’insécurité routière qui demeure un fléau dans la Capitale.

Les chiffres des 10 premiers mois de l’année 2008 sont préoccupants : 1660 piétons victimes d’accidents, ils sont les plus touchés, 556 cyclistes, 4272 deux roues et 1416 accidents automobiles.

Des sites accidentogènes font l’objet de travaux de voirie dans l’optique de les sécuriser alors d’avantage. De la même manière des mairies d’arrondissements organisent des cours de remise en selle pour les cyclistes afin de sensibiliser au maximum et permettre de former des citoyens et cyclistes responsables et aptes à une bonne pratique des deux roues.

Il faut aussi évoquer la sécurité dans les transports.

Paris, et plus particulièrement son centre, comme l’indique l’étude réalisée par l’Observatoire National de la délinquance paru ces jours-ci, regroupent la majorité des agressions à finalités crapuleuses du réseau d’Ile-de-France, tandis que les violences dites « gratuites » augmentent à mesure que l’on s’éloigne du centre.

Certes, la délinquance dans les transports ferrés a baissé dans Paris mais il demeure des lignes de métro plus exposées que d’autres.

La ligne 4 se distingue par des taux élevés dans toutes les catégories d’infractions. Elle concentre, à elle seule, près d’1/5 du total des vols connus dans le métro. Elle est aussi la championne en matière de violence et de menaces.

La ligne 1 la suit de près pour les vols. La ligne 13 s’illustre en matière de violences.

Il faut aussi prendre en compte que 2/3 des faits de violence ne sont généralement pas signalés à la Police.

La création du service régional de Police des transports en 2003 a incontestablement contribuée à mieux sécuriser les transports en commun ferrés d’Île-de-France mais, je pose la question : ces fonctionnaires de police sont-ils assez nombreux ?

On les voit peu dans le métro et dans le RER dans Paris intra-muros : 6 plaintes sur 10 font pourtant état d’infractions dans notre Ville.

De façon générale, la présence humaine des personnels dans le métro et sur les quais des RER devient une rareté qui est préoccupante en terme de sécurité.

La vidéo-protection ne peut et ne pourra pas tout. Les caméras, oui mais les agents de la RATP, de la SNCF et de la Police Nationale, oui, aussi.

Il faudrait, enfin, qu’en matière de pouvoirs attribués au Préfet de Police pour assurer la sécurité sur l’ensemble du réseau ferré francilien, on dépasse le simple stade de la déclaration d’intention de Mme Alliot-Marie.
Il est nécessaire, Monsieur le Préfet, que l’on vous attribue, de façon claire, une compétence, une autorité en la matière.

Je souhaite rappeler qu’au mois de Juillet notre Conseil avait adopté un vœu que j’avais présenté au nom de mon groupe qui demandait qu’à l’avenir, à l’occasion des visites de chefs d’Etats, le dispositif de sécurité soit proportionné à l’impératif d’assurer la protection de la personnalité et celle du public.

Nous gardons tous en mémoire le gigantesque dispositif mis en place pendant deux jours à l’occasion de la visite du Pape.

Nous gardons tous en mémoire les stations de métro et de RER fermées au public.

Les automobilistes se souviennent des restrictions à la circulation qu’ils ont dû subir pendant 2 jours et une nuit.

Nous n’avons pas été entendus et je veux donc réitérer ma demande, que l’on fasse en sorte que les habitants ne subissent pas des désagréments disproportionnés.

L’année dernière, au cours de la même discussion budgétaire, je déplorais que l’on bloque rues et accès pour la venue du Colonel Khadafi. Je ne peux que réitérer mon indignation quand à ce scénario qui s’est reproduit en septembre dernier.

Enfin, un mot sur le projet de fermeture des antennes de police administratives le samedi matin.
Pour nous, ces antennes rendent un service aux Parisiens qui ne peuvent se libérer en semaine aux heures de bureau, tout simplement parce qu’ils travaillent. J’ajoute que demander un passeport par Internet n’est pas forcement à la portée de tout le monde.
Aussi , Monsieur le Préfet , comme nos collègues communistes le font à travers un vœu, les élus Socialistes et Radicaux de Gauche vous demandent-ils de surseoir- à la fermeture de ces antennes afin que le service public demeure accessible à tous.

Merci.