Accueil » 8. Séance des 19 et 20 octobre 2009, Interventions 2009

Intervention de Gilles Alayrac relative au projet de Contrat particulier entre le département de Paris et la Région Ile-de-France

19 octobre 2009 Lu 641 fois Imprimer

Monsieur le Maire,

Chers collègues,

je vois dans cette délibération une démonstration forte de la divergence profonde qui existe entre l’orientation que l’État prend dans ses rapports avec les collectivités territoriales en Ile-de-France et l’action que mènent ces mêmes collectivités territoriales dans leurs rapports communs, fondée sur le dialogue, le partenariat et le respect.

Oui, il y a bien deux façons de concevoir l’avenir de notre région : une conception centralisatrice, imposée du sommet, une conception autoritaire même qui consiste pour l’Etat à dicter sa vision et sa manière d’aboutir et, de l’autre côté, il y a le choix de progresser vers des objectifs communs par la voie de la contractualisation.

Et c’est bien cette voie là que nous choisissons entre approuvant aujourd’hui ce contrat particulier entre Paris et la région Ile de France.

Avec cet acte, nous franchissons une étape nouvelle et importante dans le développement des relations entre Paris et le région en choisissant trois objectifs de coopération commun : le développement économique et l’innovation, la solidarité, l’environnement et l’aménagement durable.

De nombreux enjeux ne peuvent se concevoir et encore moins se résoudre à la seule échelle parisienne. C’est à partir de ce constat que la ville de Paris a entrepris de renforcer ses liens de coopération avec les communes limitrophes et les départements franciliens.

Nous vivons dans une métropole qui dépasse de loin nos frontières administratives.

Chaque jour 800 000 Franciliens travaillent à Paris et 300 000 Parisiens quittent la capitale pour aller travailler en banlieue.

Face à ces constats, notre municipalité a posé des actes forts.

Non, nous n’avons pas attendu l’Etat pour nous organiser et coopérer ensemble.

Le syndicat Paris métropole est une initiative qui émane des seuls élus et ses membres ont reconnu que le développement économique de la métropole nécessite un renforcement considérable des solidarités territoriales, notamment par le biais des outils financiers et fiscaux.

Et on ne voudrait pas laisser à Paris métropole la possibilité de passer aux actes, de mettre en place ses outils propres de péréquation et de mutualisation ?

On ne voudrait pas lui permettre de trouver en elle-même le meilleur moyen d’équilibrer son développement, de réduire ses inégalités sociales et territoriales, de renforcer son rayonnement et son attractivité ?

Mais Paris et les villes de la petite couronne n’ont pas eu besoin de l’Etat pour créer vélib.

Paris, la région et déjà 26 communes, n’ont pas attendu l’Etat pour créer le syndicat qui va mettre en place Autolib.

L’Etat aujourd’hui est-il au côté de Paris et de la région pour prolonger le tramway vers l’est et le nord de la capitale ?

Quel paradoxe de se voir faire la leçon quand, nous, élus, nous organisons pour apporter la meilleure réponse possible aux parisiens et aux franciliens dans leurs besoins quotidiens !

Quelle étrangeté de voir l’Etat adopter un projet de loi sur le Grand Paris sans vouloir en faire un projet partagé par tous.

Quelle régression même quand on constate que ce projet ignore les préconisations nouvelles en matière de développement durable, qu’il recycle avec le pouvoir d’expropriation, les outils étatiques des années 60.

Quel mépris des élus locaux quand l’Etat, depuis un an, ne transmet toujours pas au Conseil d’Etat le décret d’approbation du SDRIF, un document capital pour l’Ile de France, aboutissement de quatre années de travail partagé, alors même que la région avait su, pour la première fois qu’elle en avait la charge, assumer pleinement la responsabilité de sa compétence décentralisée.

Le lien de confiance avec l’Etat est donc rompu

En agissant de la sorte, l’Etat n’offre pas d’autre alternative aux collectivités territoriales que de renforcer leur coopération.

Il est donc plus que jamais nécessaire que Paris et la région s’organisent et contractualisent leur action en utilisant le levier décisif de l’investissement public pour soutenir le développement économique et la vitalité de la métropole parisienne.

340 millions d’euros seront mobilisés pour l’ensemble de l’opération, avec une participation de la Ville à hauteur de 231 millions d’euros, soit les 2/3 de l’enveloppe globale.

Ce projet s’articule autour de 3 axes majeurs : la solidarité, le développement durable et l’innovation.

On ne peut qu’approuver l’action qui sera menée en faveur de l’accueil d’urgence ; on ne peut que se réjouir de voir les engagements pris en faveur des transports collectifs, de la modernisation des RER B, C et D, de la création de le gare Evangile, de la réorganisation de pôle Châtelet les Halles.

Et que dire du programme prévu en faveur de l’innovation ?

Les actions multiples contenues dans ce contrat visent à préserver et à renforcer l’attractivité de la métropole dans l’économie mondiale et à créer les emplois de demain.

C’est le cas de Paris Innovation Amorçage, un dispositif qui financera de jeunes entreprises innovantes par le biais d’un fond commun crée avec OSEO, « l’entreprise des entrepreneurs ».

Sous des critères bien précis, les entreprises et créateurs innovants hébergés et incubés dans les pépinières du département, pourront bénéficier de subventions, de prêts ou d’avances remboursables.

L’immobilier d’entreprise est également soutenu avec l’aide au « parcours résidentiel » dans le Nord de Paris avec les secteurs Mac Donald et Poissonniers où sur chaque site sera crée un hôtel d’entreprises et une pépinière.

Je me réjouis de la nécessaire mise en cohérence de l’ensemble des dispositifs proposés au sein des deux collectivités et de l’objectif d’optimisation de l’utilisation des fonds publics et privés engagés dans les actions concertée avec les partenaires, les services de l’Etat, Pôle Emploi, les associations.

On retrouvera cette même ambition dans les aides proposées au secteur de la recherche.

- un accueil en résidence pour les chercheurs du monde entier via un institut d’études avancées (IEA).

- l’Institut des Métropole Durables (IMD) qui a pour objet de constituer un réseau scientifique de rayonnement international via des programmes pluridisciplinnaires.

- l’Institut de la Vision, un des plus grands centres de recherche sur les maladies oculaires, ouvert depuis mars 2008, qui sera également soutenu à hauteur de 5,5 millions d’euros.

Je pourrais également citer le soutien au jardin d’agronomie tropicale de Paris ou le projet Condorcet, ce nouveau pôle universitaire au Nord de Paris, le soutien à l’entreprenariat solidaire, ou encore la création d’une pépinières pour les nouvelles structures du secteur de l’économie sociale et solidaire.

Dans ce contrat particulier entre la région Ile de France et le département de Paris, je vois de l’initiative, de la volonté, des objectifs partagés, je vois un souffle et même une ambition pour notre métropole.

Pour toutes ces raisons, le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, apportera soutien enthousiaste à cette délibération.