Accueil » Interventions 2009, Séance du 14 au 16 décembre 2009

Intervention de Hermano Shanches-Ruivo relative à la discussion budgétaire 2010

15 décembre 2009 Lu 165 fois Imprimer

Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,

Dans la continuité de la mandature 2001-2008, et dans le cadre de notre contrat de mandature pour 2008-2014, le projet de budget primitif de la ville et du département de Paris pour 2010 que vous nous avez présenté ce matin, répond avec volontarisme aux légitimes attentes des Parisiens dans la diversité de leurs besoins. Les difficultés auxquelles bon nombre d’entre eux ont à faire face ont été aggravées, cela a été dit, par la crise et par une politique gouvernementale si peu inspirée. C’est pourquoi, au groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, nous approuvons le fait que ce budget renforce la qualité et les moyens des services publics municipaux et départementaux les plus sollicités.

C’est dans ce cadre que vous avez décidé, Monsieur le Maire, de maintenir l’effectif des emplois municipaux et départementaux parisiens. A l’aune des contraintes financières que connaissent les collectivités territoriales et la nôtre en particulier, et au regard de ce qu’opère le gouvernement en matière d’emplois publics, votre choix est une performance, que nous saluons et soutenons sans réserve. En effet, loin d’une politique gouvernementale qui renonce à remplacer les départs en retraite, la collectivité parisienne, elle, fait de la sauvegarde des effectifs de l’administration parisienne une priorité, un pilier de sa politique, car il s’agit, en clair, de préserver la colonne vertébrale du service public parisien. Rien à voir donc avec le choix du gouvernement de ne pas remplacer, qui plus est, de manière aveugle et brutale, 50% des agents de l’Etat partant en retraite. Imaginez un instant ce que donnerait une telle posture aussi idéologique que technocratique à l’échelle de la collectivité parisienne : ce serait pas moins de 600 emplois supprimés annuellement sur 1.200 départs en retraite. Eh bien, non ! Paris préserve l’emploi, et redéploie lorsque c’est nécessaire, notamment pour mettre des agents à la disposition des nouveaux équipements et services. Il est ainsi remarquable que 115 nouveaux postes soient crées au bénéfice notamment de la petite enfance, de l’aide sociale à l’enfance, des bibliothèques et des centres de santé.

Au total, quand l’Etat supprime 34.000 emplois en 2010 dans la fonction publique, et plus de 1.000 postes chaque année à l’APHP, la Ville, elle, maintient globalement ses emplois car nous défendons le service public et nous pensons que le service public, qu’il soit local ou national, ne peut souffrir ni d’une perte de la qualité du service rendu aux Parisiens et aux citoyens en général, ni d’une baisse de ses performances, y compris sociales. En 2010, la collectivité parisienne dépensera au total 2 milliards € en charges de personnel, soit 2,3% de plus qu’en 2009. Pour un total de 49.232 effectifs budgétaires.

Nous approuvons qu’il n’y ait aucune baisse de l’effectif global de la collectivité parisienne et saluons le travail de Maïthé ERRECART. Nous savons que l’effort effectué en faveur des plus bas salaires et pour la résorption de l’emploi précaire est une de vos priorités, de même que l’amélioration des conditions de travail. C’est dans ce cadre qu’il nous est apparu opportun de vous faire des propositions nouvelles, inspirées par le dialogue qu’en tant que Groupe, nous entretenons avec les représentants des personnels. Ces propositions font l’objet de 3 amendements budgétaires, qu’au nom de Jean-Pierre CAFFET et des élus du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, je vais rapidement vous présenter. Tous les 3 visent à amender les projets de délibérations 2009 DF 84 et 25G.

Le 1er propose d’abonder de 150.000 € l’article 64 du chapitre 12 du budget, dans le but de renforcer l’attractivité de notre politique de recrutement de médecins du travail, en vue d’améliorer le suivi médical des personnels de la Ville, dont les 2/3 occupent des postes de catégorie C et doivent bénéficier d’un suivi médical annuel. Cet amendement est une réponse à la pénurie nationale de médecins du travail à laquelle Paris, comme la plupart des employeurs publics, est confronté.

Le 2e propose d’abonder de 100.000 € la rubrique 20 de l’article 61-32 du chapitre 11 du budget, en vue de la mise à disposition des agents de nettoiement embauchant à 5h30 d’une centaine de places de stationnement supplémentaires, leur évitant le paiement d’amendes. Une expérience est déjà en cours dans le 11e arrondissement. De même, le plan de déplacement de l’administration parisienne prévoit la mise en œuvre du co-voiturage. Il reste que pour les agents éloignés de Paris et commençant trop tôt pour les transports en commun, les solutions alternatives à la voiture ne répondent pas à l’ensemble des situations.

Notre 3e amendement budgétaire en faveur des personnels, notamment ouvriers, propose d’abonder de 50.000 € le chapitre 11 du budget pour améliorer la qualité des vêtements « haute visibilité » ainsi que les équipements de sécurité des personnels travaillant sur l’espace public. Il faut en effet savoir que le risque routier est une des toutes premières causes d’accidents graves du travail. Il importe de renforcer les moyens propres à réduire la fréquence des accidents du travail dans les directions intervenant sur l’espace public, notamment pour la collecte des ordures ménagères.

Le projet de budget pour 2010 a la passion de la solidarité. Cette solidarité implique d’accompagner aussi bien les parisiens les plus modestes que les familles à revenus moyens. Au-delà, la politique de solidarité de la collectivité parisienne doit aussi concerner les personnels. C’est ce que propose le projet de budget pour 2010.

Et c’est ce que proposent nos 3 amendements, participant ainsi de la politique d’amélioration des conditions de travail des personnels que nous remercions vivement pour leur dévouement et la qualité de leurs contributions au service de tous les Parisiens.