Accueil » Interventions 2009, Séance du 14 au 16 décembre 2009

Intervention de Jacques Bravo relative au budget spécial de la Préfecture de Police

18 décembre 2009 Lu 385 fois Imprimer

Je ne prendrai pas tout. A ce stade de notre débat et étant le dernier inscrit, j’interviendrai en complément de mes collègues Sylvie WIEVIORKA, puis Gilles ALAYRAC, et surtout comme maire d’arrondissement qui exprime sa satisfaction du contrat local de sécurité que j’ai signé le 9 juillet, qui est un remarquable document par le travail qu’il faut faire pour l’élaborer, mais surtout quand on le fait vivre et que l’on associe au vécu quotidien de ce contrat toute la réalité de nos quartiers.
Je me félicite de la collaboration établie entre les services de la Ville et ceux de la Préfecture pour l’élaboration de ce budget spécial.
Nous avons tout à gagner d’une relation de confiance et d’écoute réciproque.
Comme on parle budget, et même si j’ai l’impression que notre ami GOUJON regrette presque de ne pas être le seul, chaque fois, pour voter favorablement ce budget de la Préfecture de police, mais il fait tout pour, chers collègues, je reviens à une considération budgétaire.
Comme le disait Gilles ALAYRAC à l’instant, ce budget s’inscrit dans un contexte financier extrêmement difficile et s’il marque une augmentation de 1,11 %, c’est par rapport à tous les budgets qui ne progressent pas et tout à l’heure, comme toujours, vous avez du mal à faire des listes d’économies, vous ne voyez jamais les choses positives. En voilà une qui est financée par la Ville et je remarque que la participation de Paris à ce budget de la Préfecture pour la section de fonctionnement va s’établir à 273,5 millions ; elle était de 187 millions d’euros en l’an 2000, dernier budget voté par l’ancienne majorité municipale.
Comme le disait le Maire tout à l’heure, elle marque donc une augmentation de plus de 46 % en 10 ans, à mettre au crédit de notre majorité. C’est comme cela, ce sont les chiffres, il ne faut pas jouer avec.
C’est dire la métamorphose qu’a connue l’action de la Ville dans ce domaine. Certes, aux 273,5 millions de la Ville viendront s’ajouter 116 millions du budget de l’Etat et dans mes ratios, puisqu’on a tous des ratios - je pense à Jean-François LEGARET -, c’est, dans le rapport, 70 % pour la Ville et 30 % pour l’Etat. Naturellement, il y a d’autres contributions sur les retraites, sur les investissements, mais il importe de connaître ces ordres de grandeur quand on parle de coproduction de la sécurité publique à Paris.
Je voudrais juste mettre l’accent rapidement sur quatre points.
Premièrement, ce budget prévoit le financement du plan de modernisation de la brigade des sapeurs-pompiers. Je m’en réjouis clairement, parce qu’il est important que nos services de protection contre l’incendie soient performants et suivent les évolutions techniques qui sont très pointues dans ce secteur.
Au fil des commissions des marchés, puis des jurys de la brigade auxquels je participe assidûment, je peux constater des engagements concrets de ce plan. Cette dynamique est positive et nous y sommes très attentifs.
Deuxième point, l’avancée vers la transparence et l’efficacité. Nous sommes tous dans un monde où, depuis 10 ans, on évolue dans le sens de la L.O.L.F., de cette Loi Organique sur les Lois de Finances. La Ville de Paris avait montré l’exemple dès l’année 2005. Je pense qu’il faut aller plus avant C’est un vœu que je formule qui n’est pas soumis au vote, c’est un vœu très simple qui consiste à dire qu’il faut continuer à progresser dans cette démarche de la performance, de la clarification, de l’efficacité, de la transparence. Je crois que c’est bien pour la dépense publique. C’est bien naturellement que je ne me prononce pas dans les rapports entre la Préfecture de police et son ministère de rattachement, le ministre de l’Intérieur, mais, parfois, je pourrais craindre, et je poursuis la discussion que j’avais en commission des finances mercredi dernier avec votre représentant, Monsieur le Préfet, que la détermination des enveloppes budgétaires soit très largement déconnectée des finalités des activités de la programmation que l’on peut mettre en place.
Je souhaite, pour ma part, que l’on intensifie ce travail de programmation. J’en veux pour preuve que, maintenant, le tiers des Directions de la Ville s’est déjà inscrit dans la démarche L.O.L.F. et je ne verrais qu’avantages à ce que dans cette progression vers la transparence et l’efficacité, nos rapports directs entre la Préfecture et la Ville de Paris s’en inspirent. Travailler davantage ensemble, c’est toujours une bonne chose.
Dans le même esprit, Mme WIEVIORKA disait tout à l’heure qu’il serait certainement bon de disposer d’informations supplémentaires sur l’action des A.S.P. Je ne rajoute rien ; je crois que c’est un point signalé.
Plus globalement, je pense que ce serait un progrès de permettre au Maire de Paris de disposer régulièrement des statistiques d’effectifs d’A.S.P. Un état annuel lui est déjà transmis, donc le renforcement de ces pratiques ne devrait pas poser de difficulté particulière. J’insiste avec force, il s’agit, plus largement, de mieux connaître l’évolution réelle des effectifs de police déployés dans la capitale et d’avoir la garantie, et nous en avons parlé sur une autre affaire, que l’état des effectifs opérationnels ne diminuera pas.
Pour conclure, je suis convaincu qu’il est possible de renforcer la collaboration entre la Ville et la Préfecture pour une meilleure efficacité au service des Parisiennes et des Parisiens.
Mon groupe, vous le savez, et je m’en félicite, votera résolument ce budget spécial pour 2010.
Merci.