Intervention de Jacques Bravo relative au projet de loi sur le Grand Paris
Nous arrivons près du terme de notre débat et je trouve les positions des élus U.M.P. ce matin vraiment surréalistes.
Je le dis très simplement, brièvement, mais avec gravité. Avez-vous conscience de l’exaspération de tous les élus locaux d’Ile-de-France, de leur exaspération devant l’accumulation des réformes qui se préparent sur le plan fiscal, sur le plan du Grand Paris et de tout le reste.
Je trouve que, ce matin, vous avez dérapé en allant trop loin dans la défense d’un projet partisan, en oubliant les Parisiens, les Parisiennes et notre Ville.
Nous avons eu, il y a huit jours exactement, le même débat au conseil d’administration de l’Association des maires d’Ile-de-France qui regroupe 95 % des 1.300 maires d’Ile-de-France.
Je voudrais, en mon nom propre et au nom des élus de mon groupe, vous faire part des quatre remarques qu’ils ont faites à l’adresse du Premier ministre.
Premièrement, nous demandons que les maires – soyons très clairs y compris le Maire de Paris- soient considérés comme des partenaires codécisionnaires pleinement associés au projet. On a eu quelques éclairages ce matin.
Deuxièmement, nous réaffirmons notre confiance dans les élus locaux et les collectivités qu’ils dirigent, qui assurent l’essentiel des services publics de proximité et réalisent 75 % de l’investissement public. Les projets en cours ou déjà actés ne devront pas être remis en cause.
Troisièmement, nous considérons que l’Etat doit rouvrir le dialogue avec les Villes, les Départements, la Région, Paris Métropole, les associations d’élus et, in fine, avec les Français.
Enfin, nous considérons qu’il est possible d’avancer au-delà des champs partisans pour faire confiance à l’intelligence territoriale.
Je tenais à le dire simplement, parce qu’il y a une manière, une méthode, un contenu pour avancer sur ce terrain. Nous savons bien, nous l’avons vu ce matin, que les sujets d’inquiétude sont nombreux. Pour parvenir à un projet partagé par tous, il faut donner du temps et du contenu à la concertation.
Les élus, tous les élus, ont besoin et doivent légitimement recevoir des informations complémentaires.
Voilà, chers collègues, je veux conclure sur une note positive : une grande réforme est possible. J’ose espérer que tous les élus locaux y sont prêts, mais j’ai confiance que les Parisiennes et les Parisiens sauront bien distinguer parmi nous ceux qui les défendent.
Merci de votre attention.

