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Intervention de Jean-Pierre Caffet en réponse à la communication du Maire de Paris relative à l’innovation, à la recherche et à l’enseignement supérieur

24 septembre 2008 Lu 123 fois Imprimer

Monsieur Caffet souligne que depuis 2001, la ville a placé la recherche et l’enseignement supérieur parmi les axes prioritaires de la politique municipale.

La Municipalité a pleinement fait son travail en finançant les infrastructures universitaires et scientifiques, les réseaux dans les technologies de la communication, et en facilitant les transferts entre la recherche publique et le secteur privé.

Il est vrai que ce secteur relève en bonne partie du domaine des compétences de l’Etat, mais étant donné le manque de vision stratégique des gouvernements successifs depuis 2002, la Ville a été obligé de prendre ce dossier à bras le corps.

Cette politique volontariste de la Municipalité ne doit pas être comprise comme l’acceptation du désengagement de l’Etat comme d’une fatalité.

L’Etat doit continuer à assumer ses responsabilités et faire face aux difficultés rencontrées dans les universités et dans le monde de la recherche scientifique.

L’orateur salue un engagement financier sans précédent, un milliard d’euros à investir dans les six années avenir.

La mise en place des trois grands pôles universitaires est une démarche indispensable car universités et organismes de recherche ont besoin de meilleures conditions de travail et de plus de cohérence, car la grande dispersion actuelle rend difficile les liens nécessaires à la démarche de l’innovation.

Les aides directes et indirectes prévues pour la communauté universitaire et scientifique sont aussi fondamentales, ainsi que la place faite à la vie étudiante avec 4.000 logements en perspective.

Entre 2001 et 2008, la Municipalité a consacré 400 millions d’euros au développement universitaire de Paris, soit plus que l’Etat.

L’Etat doit prendre ses responsabilités en s’engageant sur des projets concrets et avec des financements effectivement dégagés, notamment pour le grand pôle universitaire de Paris Nord-Est et l’extension de l’université de Paris I. Pour le moment, les financements réunis sont des financements de la Ville et de la Région.

Faire de Paris une ville pionnière de l’économie numérique, avec le développement des réseaux sans fils et de fibres optiques, c’est permettre l’accès rapide à l’information, la source indispensable à l’avènement d’une société de connaissance. Equiper les écoles, les services, les équipements municipaux, les espaces publics d’accès au numérique, inciter les bailleurs sociaux à offrir à leurs locataires un accès à des tarifs avantageux sont autant de mesures qui pourront singulariser notre ville en ce qui concerne le développement des infrastructures informationnelles et leur démocratisation.

L’orateur salue l’objectif consistant à mettre en place un programme de formation, pour inciter les jeunes en difficulté aux métiers des nouvelles technologies de la communication.

L’objectif consistant à faire accéder 80 % des habitants au très haut débit d’ici 2010 est ambitieux, mais absolument crucial.

Le troisième volet de la communication concerne, d’une part, les transferts de connaissance de la recherche vers les entreprises et, d’autre part, la diffusion des résultats dans le monde économique et dans la société tout entière. Il s’agit donc de l’accroissement de la capacité d’innovation, de la création de richesse, du progrès social et écologique.

Paris et sa région créent encore trop peu d’entreprises innovantes et c’est pourquoi il faut oeuvrer à la création d’un système d’innovation localisé, associant universités, laboratoires publics et entreprises privées.

La recherche joue un rôle fondamental, car si le processus d’innovation a vocation à se diffuser dans l’ensemble de la société, c’est évidemment dans les résultats de la recherche qu’il puise sa source. Il faut ainsi poursuivre nos aides ciblées à la recherche fondamentale et sortir d’une polémique stérile, entre recherche fondamentale et recherche appliquée.

Paris soutient depuis 2005 quatre pôles de compétitivité et souhaite s’associer à la création de deux nouveaux pôles de dimension mondiale, consacrés au design, aux métiers de la création et aux innovations urbaines, à la mobilité et au développement durable.

Une autre mesure consiste à soutenir les structures de valorisation à l’interface entre la recherche et l’entreprise : incubateurs, qui aident les jeunes entreprises à démarrer, mais aussi pépinières et hôtels d’entreprises qui leur permettent de se confronter progressivement au marché et de se développer.

Dans six ans, Paris disposera de 50.000 mètres carrés supplémentaires dans divers domaines, dont les éco-activités, qui favoriseront, au-delà de la création d’emplois, l’écologie urbaine mais aussi la dynamisation des quartiers.

L’orateur salue la création de l’Agence parisienne de l’innovation qui, en lien avec l’Agence de développement économique de Paris, rendra plus lisible et efficace la dynamique proposée. Cette agence pourra veiller à l’inclusion de clauses spécifiques dans les cahiers des charges afin de mobiliser la commande publique parisienne et devrait mener à bien une évaluation de la politique conduite.

Paris aborde une seconde phase de sa politique sur ce secteur avec une véritable stratégie qui lui donne les moyens physiques, financiers et juridiques qui lui faisaient défaut jusqu’à présent.

L’augmentation massive de l’effort budgétaire renforcera le potentiel parisien et francilien dans les années à venir et il est à espérer que les crédits européens, régionaux, nationaux et de la sphère privée se conjugueront afin de favoriser cette démarche. Tous les partenaires impliqués doivent jouer le jeu.

Il n’est pas question de se substituer à l’Etat et aux investisseurs privés mais de lancer un mouvement en atténuant une partie des risques pris et en favorisant les partenariats croisés.

La Ville est dans son rôle en instaurant un cadre propice à la création d’entreprises de haute technologie et d’emplois qualifiés. Elle ne peut pas gérer les activités de valorisation et de commercialisation à la place des chercheurs et des entrepreneurs. Elle peut et elle doit, en revanche, les aider en termes de financement, de locaux, de compétences juridiques et techniques.

Un dispositif global est proposé aujourd’hui visant à encourager l’innovation dans toutes ses dimensions.