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Intervention de Jean-Pierre Caffet relative à l’aménagement du site des Halles

6 avril 2009 Lu 291 fois Imprimer

Monsieur le Maire,
Mes cher(e)s collègues,

C’est peu de dire que mon groupe se réjouit du débat organisé autour de l’ensemble de ces délibérations portant sur le réaménagement du quartier des Halles. Ce débat marque en effet l’entrée en phase opérationnelle d’un projet initié en décembre 2002 à l’initiative de la Ville qui a fait l’objet d’une concertation particulièrement intense pendant plus de cinq ans et de discussions souvent passionnées qui ont franchi les frontières de l’hexagone comme cela avait d’ailleurs été le cas dans les années 70. Certains pourront estimer que ce temps de maturation, d’élaboration collective aura été long. Je dirai simplement qu’il a été à la dimension de la complexité de ce site du centre de la capitale fréquenté par près d’un million de personnes au quotidien. Je dirai aussi que, dans ce type de projet visant à réaménager en profondeur un endroit aussi emblématique et connu dans le monde entier, mieux vaut prendre le temps de la réflexion, du travail de conviction que d’agir dans la précipitation au risque de commettre l’irréparable. C’est la méthode que nous avons retenue et nous avons eu raison.

Réaménager les Halles, cela impliquait, dès le début, de relever trois défis :

- Le premier consistait à concevoir un projet déclinant différentes échelles : une échelle de quartier, une échelle parisienne, une échelle métropolitaine.

- Le deuxième avait trait à la nécessite de conjuguer souci de proximité et ambition architecturale renforçant le rayonnement de Paris.

- Le troisième défi, c’était d’intégrer, dans toutes les composantes du projet, la dimension du développement durable.

Je crois, très sincèrement que ces trois défis ont été relevés.

1) Les différentes échelles tout d’abord :

A l’évidence, le parti urbain retenu va valoriser la vie des habitants des quartiers centraux et des riverains du site grâce au rétablissement des liaisons piétonnes, la reconstruction et l’extension de certains équipements publics vieillissants et à l’étroit, grâce aussi à l’élargissement de la zone piétonne des Halles et la création d’une promenade centrale mettant en relation la Bourse de commerce et la canopée. Quant au jardin des Halles, sa conception novatrice permettra sa ré-appropriation en faveur des activités de loisirs et je veux dire ici que l’engagement qui avait été pris de ne pas diminuer la superficie des espaces dédiés aux jeunes et aux enfants a été tenu. Je tiens d’ailleurs à remercier mes collègues Yves Contassot et Fabienne Giboudeaux pour leur engagement et leur détermination en faveur de la refonte de ce jardin de plus de quatre hectares.

A l’échelle de notre ville, le projet définitif que nous arrêtons aujourd’hui va inscrire le quartier des Halles dans les espaces publics parisiens majeurs comme la place des Vosges ou la cour carrée du Louvre. Mais il va aussi accroître la vitalité commerciale de Paris plus d’ailleurs par le renforcement de l’attractivité du site que par l’augmentation des surfaces commerciales qui reste modérée. C’était un acquis de la concertation et je me réjouis qu’il soit confirmé.

Dimension métropolitaine enfin. Celle ci tient à l’importance du réseau de transport souterrain (Les Halles sont la première porte d’entrée dans Paris et 800 000 voyageurs y transitent chaque jour) mais aussi au centre commercial et aux quartiers historiques avoisinant qui génèrent des flux de population aussi nombreux que divers. Reconnaissons que cette dimension a été traitée en profondeur. Non seulement par la restructuration totale et la mise en sécurité de la salle d’échanges, la création de nouveaux accès au système de transport à l’intérieur du forum et place Marguerite de Navarre ou encore par l’accessibilité du site aux personnes à mobilité réduite. Mais aussi, et je crois qu’est là la principale novation, par la conception et la création d’un espace public dégagé où tout le monde pourra circuler, se retrouver, être accueilli et profiter pleinement des multiples opportunités qu’offre le site : commerciales bien sûr mais aussi de détente, de loisirs, de visites ou encore de pratiques d’activités dans les nouveaux équipements publics ouverts. Car on ne dira jamais assez que même si son image reste étroitement liée à son centre commercial, les Halles ne sont pas réductibles à cette activité et que c’est une dynamique nouvelle pour le centre de Paris qu’il fallait inventer. C’est ce qui a été fait.

2) Concilier le souci de proximité et l’ambition architecturale pour la capitale, tel était le deuxième défi de cet aménagement. Il n’était pas gagné d’avance. Mais finalement la canopée est la meilleure réponse à cette apparente contradiction et d’ailleurs le jury tenu en juin 2007 ne s’y est pas trompé. Ce bâtiment dont le gabarit se limite à la hauteur de la frondaison des arbres et d’une grande qualité d’usage pour les espaces intérieurs inaugure une nouvelle forme d’urbanité : il offre une bien meilleure visibilité au pôle de transports collectifs le plus grand d’Europe ; il facilite une nouvelle distribution des flux à partir de la gare souterraine ; il établit une continuité avec le jardin. C’est donc plus qu’une œuvre architecturale majeure qui s’ajoutera à celles que Paris abrite déjà, c’est une nouvelle manière de faire la ville d’aujourd’hui en fusionnant, si je peux m’exprimer ainsi, les équipements publics et commerciaux, les infrastructures de transports c’est à dire la mobilité et la nature.

3) Ce projet aurait enfin été incomplet s’il n’intégrait pleinement les exigences du développement durable. Cela passe bien entendu par la réduction de la circulation automobile, notamment la circulation de transit, et le développement des circulations douces en restructurant les voiries souterraines, en supprimant certaines trémies d’accès tout en maintenant les fonctions de desserte et de sécurité. Cela passe aussi par la conception du jardin qui fera beaucoup plus appel au végétal que dans sa forme actuelle et sera particulièrement économe en eau. Cela passe enfin par la recherche systématique des meilleures performances possibles de la Canopée en matière environnementale : choix des matériaux, économies d’énergie, récupération de l’eau, traitement acoustique et j’en passe. Et puisque le réaménagement des halles est un projet impliquant de multiples partenaires (STIF, Unibail, RATP, Conseil régional,…), le choix qui a été fait est de ne pas s’arrêter en chemin mais bien d’intégrer le développement durable dans chacune des déclinaisons du projet. C’est pourquoi, il faut saluer l’initiative consistant à élaborer une charte spécifique portant sur l’ensemble des différentes composantes du projet concernant nos partenaires y compris au stade de la réalisation des travaux.

Chers collègues, en arrivant au terme de ce propos, je crois pouvoir exprimer, au nom de mon groupe, de nombreux motifs de satisfaction :

Celui de l’engagement tenu malgré l’extraordinaire complexité du sujet, les aspirations contradictoires qui se sont manifesté tout au long de ces dernières années de travail, malgré les difficultés et parfois les doutes.

Celui de l’innovation urbaine, d’une certaine manière de fabriquer la ville, qui irriguent ce projet

Celui aussi, de voir un investissement de cette ampleur contribuer au soutien de l’activité et de l’emploi. Et ce n’est pas le moindre des motifs de satisfaction compte tenu du désengagement de l’Etat vis à vis de région capitale et singulièrement de Paris.

Alors monsieur le maire, je veux vous le dire, nous ne bouderons pas notre plaisir et c’est avec enthousiasme que nous adopterons cet ensemble de délibérations.