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Intervention de Jean-Pierre Caffet relative au Programme Départemental d’Insertion pour 2010

29 mars 2010 Lu 183 fois Imprimer

Monsieur le Maire,
Mes cher(e)s collègues,

Le programme départemental d’insertion que nous examinons ce matin témoigne de l’importance des efforts que fait notre collectivité pour soutenir les Parisiens en cette période de crise et dans un contexte économique qui s’est aggravé au cours de l’année 2009. L’état des lieux est en effet inquiétant. Le taux de chômage parisien, même s’il reste inférieur au taux national, a fortement augmenté en un an pour atteindre 8,8 % à la fin 2009. Et les prévisions sont pessimistes, puisqu’une éventuelle amélioration de la situation de l’emploi ne devrait intervenir qu’à la fin 2011. Les chiffres du chômage sont d’ailleurs d’autant plus alarmants qu’ils ne prennent pas en compte tous les demandeurs d’emploi, ceux qui n’ont plus de droits à indemnisation n’étant pas comptabilisés. Alarmante aussi l’incapacité du gouvernement à faire aboutir les négociations pour trouver enfin une solution aux chômeurs qui arriveront en fin de droits cette année et notamment aux 360.000 de nos concitoyens, au plan national, qui se retrouveront sans aucun autre revenu que le RSA.
La dégradation de l’emploi intéresse donc directement la collectivité parisienne puisqu’elle aura pour effet mécanique d’accroître de manière significative le nombre d’allocataires du RSA dont le département a la charge. Depuis un an, le nombre d’allocataires parisiens a déjà augmenté de 10% et 73 000 personnes en bénéficient aujourd’hui à Paris. Nous pensons aussi aux jeunes qui arrivent aujourd’hui sur le marché du travail et auxquels sera fort justement dédié, au mois de juin, un nouveau forum de recrutement et d’accès à l’emploi pour les diplômés de l’enseignement supérieur.

De fait, ce PDI le démontre, Paris a fait de l’insertion professionnelle l’une de ses priorités, Paris a mobilisé tous ses partenaires et engagé des moyens budgétaires conséquents. Aux 300 M€ estimés pour le versement des allocations RSA en 2010 et pour lesquelles la dette de l’Etat auprès de notre département a atteint 134 millions d’euros à la fin de l’année dernière, s’ajoute l’augmentation du budget alloué à l’accompagnement dans l’emploi qui sera porté cette année à près de 60 M€ dont 13,8 M€ seront affectés directement à des mesures d’insertion professionnelle.

Mais au-delà de ces moyens budgétaires, je veux saluer, rapidement parce que d’autres orateurs de mon groupe y reviendront, je veux saluer disais-je les innovations contenues dans les délibérations qui nous sont soumises ce matin en précisant que nous ne partons pas de rien puisque les efforts accomplis en partenariat par notre collectivité font qu’un chômeur parisien sur cinq reprend une activité professionnelle par le biais d’une action d’insertion soutenue par la Ville.

Tout d’abord la nouvelle convention entre Paris et Pôle emploi dont nous connaissons les conditions de travail déplorables de ses agents en raison du manque criant de moyens alloués par le gouvernement. Cette nouvelle convention permettra la mise en place d’un véritable suivi mensuel professionnel grâce à de nouveaux moyens en personnel du département notamment dans les Espaces Insertion qui ont fait la preuve de leur efficacité. L’installation d’un comité de pilotage au niveau des élus est également une excellente initiative.

Ensuite, le programme départemental d’insertion proprement dit : nous ne pouvons que souscrire à la définition de son principal enjeu consistant à améliorer le suivi des allocataires du RSA tant au plan quantitatif que qualitatif :

Quantitativement, ce PDI fixe de nouvelles frontières à atteindre : tendre à une couverture exhaustive des publics allocataires qui, à l’heure actuelle, est légèrement inférieure à 90%, parvenir à l’objectif de 20 000 allocataires bénéficiant d’une mesure pour l’emploi. C’est très bien ainsi.

Sur le plan qualitatif, la cible privilégiée des actions d’insertion, à savoir les allocataires les plus éloignés de l’emploi, nous semble particulièrement judicieuse.
En outre, il est juste de redoubler d’efforts pour des publics prioritaires : les jeunes qui subissent la crise de plein fouet et que j’ai déjà évoqués ; les femmes, les parisiennes qui, avec l’entrée des anciens bénéficiaires de l’Allocation Parent Isolé dans le dispositif départemental d’insertion représentent désormais plus de 40% des allocataires du RSA ; enfin les artistes qui sont de plus en plus nombreux à travailler sous un statut précaire et dont seulement la moitié des intermittents du spectacle parisiens sont indemnisés par l’assurance chômage.

Ces nouvelles orientations, ces innovations passent par l’extension ou la mise en œuvre de nouveaux dispositifs. Les citer tous serait impossible. Qu’il me soit permis simplement de signaler l’élargissement du Plan Local d’Insertion par l’Emploi des 18 et 19ème arrondissement au 20ème et le renforcement du partenariat avec Emmaüs Défi.

Mes chers collègues, pour conclure, je dirai simplement que ces délibérations honorent notre collectivité qui, comme les autres, se trouve en première ligne face à la souffrance sociale. La confiance qui nous a été renouvelée il y a quelques jours seulement constitue un puissant encouragement à continuer à travailler encore et toujours à plus de solidarité dans notre société ou plus simplement pour la justice sociale. Mon groupe adoptera donc l’ensemble de ces délibérations avec enthousiasme et détermination mais aussi avec gravité.

Je vous remercie.