Intervention de Jean-Yves Mano relative au projet de reconstruction du stade Jean Bouin
Le stade Jean Bouin avance dans son processus.
C’est un projet qui, objectivement, déchaîne des passions et pourtant, quand on parle de passion, en général, on peut parler d’amour mais là, les choses sont un peu plus complexes, pourquoi ?
Pour la bonne raison que l’on a systématiquement de la désinformation propagée sur le plan local, désinformation sur le coût, désinformation sur les compensations que met à disposition la Ville, notamment vis-à-vis des scolaires, et une ambiance relativement anarchique sur le plan local qui fait que tout projet présenté par la mairie de Paris dans le 16e arrondissement rencontre une forte opposition.
Pourtant, de quoi s’agit-il aujourd’hui ? Car contre vents et marées, ce projet avance.
En effet, nous avons donc analysé le résultat de l’enquête publique et les réserves ou les réponses de la Ville de Paris aux réserves du commissaire enquêteur.
Si nous en sommes là aujourd’hui, c’est que le commissaire enquêteur a rendu un avis favorable au projet, et je crois que c’est là d’ailleurs l’essentiel. Tout le reste de nos débats n’aurait pas lieu si nous n’avions pas un avis favorable du commissaire enquêteur. Alors, le commissaire enquêteur considère que la Ville est dans sa responsabilité d’élaborer un projet, de construire un projet d’équipement sportif au service des Parisiens.
C’est bien de cela dont il s’agit. Quand on regarde les réponses de la Ville de Paris aux réserves du commissaire enquêteur, nous voyons avec objectivité que les réponses claires sont apportées.
Prenons par exemple quelque chose qui fait débat sur le plan local : les équipements fournis aux scolaires en substitution des équipements de Jean Bouin.
Bien évidemment, la réponse se trouve dans l’aménagement des pelouses d’Auteuil qui a fait l’objet d’une présentation à la Commission des sites de Paris, au cours de laquelle les rapporteurs se sont montrées favorables à l’aménagement, que la Commission a pris acte de l’avis favorable de l’architecte des Bâtiments de France, et que la Commission a donc rendu un avis favorable dans sa globalité au projet proposé, avec un positionnement particulier des représentants de l’Etat qui se sont abstenus malgré l’avis favorable de l’ensemble des membres de la Commission.
Je note une prudence sans doute liée à l’indépendance des membres de l’Etat présents à cette Commission.
Je ne doute pas d’ailleurs, que M. BORLOO, dont il est logique qu’il ait à se prononcer sur ce sujet, puisque ce sont les textes, je ne doute pas un seul instant que M. BORLOO répondra favorablement compte tenu de l’avis des membres de la Commission, et si jamais ce n’était pas le cas, sans doute, serait-ce lié à une certaine partialité qui verrait qu’un ministre serait contre potentiellement la mise à disposition des Parisiens et des scolaires des aménagements extrêmement positifs pour eux-mêmes.
Mais sans doute, je pense que nous n’aurons pas à avoir un tel jugement car M. BORLOO se rendra à l’évidence du bienfait de l’aménagement des pelouses d’Auteuil.
Parlons également de la situation transitoire des scolaires. Effectivement, le Maire a su répondre positivement dans un premier temps à un décalage dans le temps de l’aménagement de la démolition du stade Jean Bouin en prolongeant jusqu’à la fin de l’année l’équipement pour les scolaires pour les heures d’éducation physique. Pendant le temps des travaux d’aménagement, bien évidemment, il y a là quelques difficultés que personne ne nie, et une réponse adaptée, fournie par la Ville de Paris, par la mise à disposition de terrains et des transports qui vont avec. Oui, pendant un certain nombre de mois, il y aura 10 à 20 minutes de transports organisés pour que les jeunes, les lycéens et les collégiens puissent avoir leurs heures d’éducation physique et sportive qui leur sont proposées. Dieu sait si ces questions ont, sur le plan local, motivé la communauté scolaire. Les réponses sont assez claires de la part de la Ville et je pense que nous ne pouvons qu’y être favorables.
Deuxièmement, je rajoute que les clubs résidents qui sont aujourd’hui sur le stade Jean Bouin se verront proposer systématiquement des équipements, soit dans le 16e arrondissement, soit dans le 17e arrondissement. Pas un club résident ne sera exclu de la pratique sportive. Cela aussi, cela fait partie des réserves émises par le commissaire enquêteur et les réponses adaptées de notre municipalité.
Une autre réserve était le coût de la réalisation – je ne passerai pas en revue la totalité des réserves mais cette question est importante. Rapidement, j’entends dire ici et là, et encore M. GOASGUEN tout à l’heure devant France 3, répéter que ce projet était un coût de 200 millions et que c’était un cadeau fait…, un cadeau fait à un particulier. Non, Monsieur GOASGUEN, le projet qui nous est proposé coûte 135 millions d’euros avec un équipement public fourni à la collectivité parisienne : voilà la réalité des faits.
Alors, nous nous trouvons une fois de plus devant un débat où, a priori, rien de nouveau ne sera proposé.
Pour autant, vous l’aurez compris, pour ma part, je soutiens haut et fort le projet qui nous est proposée car oui, Paris se doit de s’équiper d’équipements à la hauteur des enjeux de la pratique sportive moderne du XXIe siècle.

