Intervention de Julien Bargeton relative à l’installation d’oeuvres d’art sur le tramway T3
L’installation d’œuvres d’art le long du tramway est une obligation mais, pour nous, cela ne peut se résumer à une obligation, c’est aussi l’occasion de valoriser le projet du tramway.
C’est une occasion d’embellissement de la Ville. De même que le tramway requalifie l’espace, les œuvres y participent en donnant une vision nouvelle à ces espaces.
C’est une occasion de découverte d’artistes, parfois jeunes, parfois moins jeunes, parfois connus et parfois moins, mais en tout cas qui sont intéressants.
Je prends un seul exemple : l’intervention prévue de Pascale-Marthine TAYOU, un artiste camerounais qui a représenté son pays à la biennale de Venise et qui fait en ce moment une belle installation à la gare Saint-Sauveur à Lille.
C’est aussi une occasion de redécouvrir ce qu’est l’espace public, qui est un espace de démocratie, de délibération, de création et de diffusion.
Qu’est-ce que l’art dans la ville ? C’est une grande question qui nous emmènerait loin. A la statuaire romaine qui visait à montrer la puissance de l’Empire, à la statuaire équestre qui montrait la puissance des Rois, à la commande publique républicaine qui valorisait les grandes œuvres de la République au XIXe siècle succède maintenant une phase un peu nouvelle de la commande publique.
Cette commande publique n’est pas là pour domestiquer un espace, pour le marquer d’une puissance, pour délimiter d’une frontière ou pour se célébrer soi-même mais se doit être interrogeante, interrogeante du regard sur l’espace public, un peu ironique et aussi poétique.
Ce n’est pas facile, le résultat n’est jamais acquis mais en tout cas cette démarche est passionnante. C’est ce que nous attendons de ces interventions, de ce regard aussi qui apporte de la beauté à la Ville.
Cela passe par des interventions un peu différentes, tournées aussi vers le temporaire, vers l’ouverture, vers l’évolutif, vers les habitants, cela a été dit, notamment l’intervention qui devrait avoir lieu à Saint-Blaise, le musée de Laurent JEANPIERRE qui est tourné vers la question : que collectionnez-vous ?
Il faut bien sûr expliquer ces démarches. Il n’y a pas d’art officiel, il faut le présenter et créer avec les habitants, en même temps. Cela dépend des cas, des œuvres s’y prêteront moins et d’autres s’y prêteront plus.
Encore une fois, le musée Saint-Blaise devrait en être, je l’espère, une belle illustration.
Il faut également les moyens pour le mettre en œuvre ainsi que pour les financer.
La mission est venue voir les arrondissements, en tout cas dans le 20e, pour présenter la démarche. C’est toujours le risque d’une politique culturelle, on fait confiance à un programmateur. C’est un élément clé de réussite, c’est un élément toujours de risque, en tout cas cette mission s’est inscrite dans le travail avec les arrondissements.
Une fois que nous aurons voté cette délibération, il reste cette deuxième phase qui est cette fois tournée vers les habitants et qui passera notamment par une exposition au pavillon Carré de Baudouin sur l’accompagnement artistique du tramway qui permettra de montrer la cohérence de cette programmation.
Oui, c’est un risque, c’est un beau risque, j’espère qu’il apportera ce que nous souhaitons, c’est-à-dire aussi une transformation par le tramway, par un mode de transport différent de la Ville mais aussi par une transformation du regard sur l’espace public.

