Intervention de Laurence Goldgrab relative à la discussion budgétaire 2009 – Culture
Monsieur le Maire,
Mmes chers collègues,
L’occasion nous est donnée aujourd’hui d’évoquer le budget qui sera consacré à la culture et les projets en cours ou à venir pour 2009.
Depuis 2001 la Mairie de Paris a fait le choix de la proximité avec une dotation d’animation culturelle gérée par les mairies d’arrondissement, des subventions à des associations de quartier, le soutien à des initiatives locales en rupture avec les politiques culturelles antérieures.
La création et la mise en chantier de grands équipements structurants tels que la maison des Métallos, les Trois Baudets, le Centre Barbara et le 104 essentiellement dans le Nord-Est parisien ont permis de corriger un déséquilibre géographique injuste pour la population et les artistes de ces quartiers jusqu’à présent purement et simplement oubliés.
En outre, pour compléter l’offre culturelle faite aux parisiens, la ville a mis en place de grandes manifestations accessibles à tous, comme la Nuit Blanche, Paris Quartier d’été, le Festival d’Automne, le festival Paris Cinéma, et le mois européen de la photographie, ce qui a permis de créer des rendez vous festifs et culturels pour tous les Parisiens.
Le budget culture de la ville de Paris
C’est avec la plus grande conviction que la Mairie maintiendra ces objectifs en 2009 avec la conscience d’une nécessité d’agir face à la précarisation des artistes qui n’est pas liée à la seule crise financière mais à une politique nationale désastreuse dont les derniers avatars sont :
- la suppression intempestive de la publicité sur la télévision publique qui faisait vivre nombre d’artistes et de techniciens et qui ne sera pas intégralement compensée
- ainsi que l’absurde projet de loi création Internet, vouée à l’échec puisqu’au lieu d’inventer l’économie de demain et obliger les FAI à financer la création, il laisse naître une économie de l’Internet assise sur des recettes publicitaires inexistantes dans une totale anarchie qui précipite à la faillite les artistes, les entreprises culturelles de la musique de la vidéo et peut être si rien n’est fait du cinéma et de l’édition littéraire.
Il est bon, dans ce contexte, de rappeler aujourd’hui que les efforts consentis par la ville de Paris pour répondre à son engagement vis-à-vis du développement culturel et de la création artistique, ont un impact favorable pour les emplois culturels.
C’est l’occasion pour moi de vous signaler une délibération qui sera soumise au vote mercredi en 2e commission concernant l’approbation d’une convention relative au cofinancement avec le Fond social européen d’une action d’aide aux artistes Rmistes à titre expérimental.
Il est bon également de rappeler que les frais de personnels de la Ville liés à la culture atteindront plus de 134 338 800 € soit 3 401 emplois. (Budget tenant compte de 27 créations d’emplois en 2009).
Cela signifie que la collectivité est l’un des premiers employeurs parisiens dans le secteur de la culture (personnel des bibliothèques, des centres culturels, conservatoires, théâtres municipaux…), auxquels il convient d’ajouter les emplois culturels créés grâce aux subventions de la ville accordées aux associations porteuses de projets culturels.
A cet égard, le budget 2009 va consacrer 97 880 600 € de crédits de fonctionnement aux actions culturelles (subventions + Mission Cinéma) soit un hausse de 2,3% par rapport au budget primitif 2008.
Culture de proximité :
Ce budget comprend la dotation d’animation culturelle gérée par les mairies d’arrondissement soit 2 125 000 € en 2009.
En outre, depuis 2005, et à nouveau en 2009, une enveloppe supplémentaire de 250 000 € est attribuée par le Conseil de Paris à des manifestations locales après consultation des maires d’arrondissement.
Par ailleurs les subventions destinées à des projets d’animation culturelle n’ont cessé d’augmenter depuis 2001. Elles bénéficient entre autre à des festivals comme Rififis aux Batignolles, Onze bouge, Le Temps des rues…
Pour compléter cet engagement en faveur d’une culture de proximité, la Politique de la Ville a mis en place une convention annuelle avec des institutions culturelles ayant pour objectif de faciliter l’accès à la culture des populations souvent défavorisées
La ville élabore également une charte de développement culturel dont les principaux objectifs sont de permettre aux habitants des QPDV de se rapprocher de l’offre culturelle, d’organiser des événements hors les murs des institutions culturelles et de mettre en valeur le patrimoine culturel des Parisiens immigrés.
Pour que tous les Parisiens aient accès à la culture, le budget 2009 reconduit le dispositif de gratuité de l’accès aux collections permanentes des musées municipaux.
De même, Paris a fait le choix d’être source d’inspiration en matière de culture, cette année, la ville propose de réfléchir à un nouvel événement qui célébrerait le Paris littéraire dans une « Fêtes des mots »
La culture dans les écoles, le développement des pratiques amateurs, l’accroissement du nombre de places dans les conservatoires municipaux dont les tarifs sont désormais indexés sur le quotient familial seront à l’honneur en 2009.
Au titre de l’éducation artistique, un plan de jumelage entre les écoles et les centres culturels est en cours de préparation, l’idée étant d’introduire plus de pédagogie en milieu scolaire en emmenant les enfants à la rencontre de la culture.
Envisager la création d’un théâtre européen jeune public à Paris afin d’afficher notre volonté de créer des liens concrets entre les élèves et la culture par le biais du spectacle vivant et de l’écriture contemporaine compléterait utilement notre engagement et nous avons d’ailleurs voté un vœu en ce sens au dernier Conseil de Paris.
Des efforts significatifs seront accomplis en faveur des bibliothèques et médiathèques, ainsi trois nouvelles bibliothèques vont voir le jour ou rouvrir en 2009 : Marguerite Duras (rue de Bagnolet dernier trimestre 2009), bibliothèque Réunion, et réouverture de la bibliothèque Flandres courant 2009
Partout, les mairies d’arrondissement, les conservatoires, les bibliothèques, les théâtres, les associations organisent des rencontres artistiques, des débats des concerts, des expositions… Cette mandature sera celle du foisonnement artistique, de l’acceptation de soi à travers la culture.
Le patrimoine :
S’agissant du patrimoine et des musées outre l’effort d’investissement programmé à 17, 4 millions d’euros pour 2009 (rénovation église saint Sulpice, Tour Saint Jacques…), 1,5 millions d’euros vont être consacrés à l’acquisition d’œuvres pour les musées municipaux.
Des actions vont être menées entre les musées et des centres de loisir afin de permettre au jeune public de visiter ces lieux d’art et de participer à des œuvres collectives.
Ces études et ces chantiers engagés montrent l’importance que la ville accorde à son riche patrimoine historique.
Les grands équipements et les chantiers à venir :
Au Forum des Images, ré ouvert le 5 décembre dernier, une académie donnera des cours gratuits et des cinéastes donneront des masters classes autour de la sortie de leurs films.
Les intéressés pourront compléter le décryptage de l’image en consultant des documents à la bibliothèque François Truffaut dédiée au 7e art.
Au centre musical Barbara, inauguré le 25 janvier 2008, les groupes ayant un projet recevront une aide personnalisée.
L’espace 3 Baudets qui sera inauguré le 5 février prochain recevra les nouveaux talents de la chanson francophone.
Paris à la volonté d’être une terre d’accueil pour les artistes comme en témoigne la cité internationale des arts.
La réalisation du 104 qui s’étend sur près de 35 000m2 a pour vocation d’accueillir des artistes venus de toutes parts afin qu’ils réalisent un projet. Cet équipement répond avant tout à un besoin, une demande des artistes.
Nous veillerons à ce que le 104 soit à la fois un établissement de proximité, tout en assurant le rayonnement de Paris. Peut être faut il rappeler que la proximité n’a rien de contradictoire avec l’ambition et l’envergure des projets culturels.
De plus le 5, équipement installé au sein du 104 est un lieu exclusivement dédié aux associations et à la population du quartier. Il propose des espaces à louer pour des sommes modiques (2€ de l’heure) dans lesquelles les artistes locaux, les habitants pourront exercer leurs arts, répéter leur projets artistiques…
A l’avenir, avec les équipements futurs que sont le Louxor, la Gaîté lyrique, ou l’ICI nous veillerons à ce qu’ils remplissent les mêmes objectifs de culture de proximité.
Sous la précédente mandature, le nombre d’atelier d’artistes à Paris a progressé de 30%. On compte aujourd’hui 1100 ateliers répartis sur tout le territoire parisien. Ce rythme de progression sera maintenu, et afin de répondre à une demande toujours accrue, d’autres formes d’espace à l’image de l’Atelier commun du Cent rue de Charenton sont à l’étude. (Cet espace situé dans le 12e arrondissement permet aux artistes professionnels ou non de bénéficier d’une place en open space pour s’adonner à leur art contre une somme modique (0,45 € de l’heure pour un artiste au RMI)
D’autres exemples comme l’ouverture prochaine du 59 rue de Rivoli (ancien squat d’artistes racheté par la ville en 2001 et qui après les travaux pourra accueillir courant 2009 plus de 30 artistes simultanément) répondent à cette demande d’espace de création.
L’économie de la culture :
Paris consacrera dans cette mandature une attention particulière aux jeunes entreprises culturelles indépendantes dans le secteur de la musique, du cinéma, de l’édition, des arts numériques et des nouveaux médias.
A ce titre, soulignons que « politique économique » et « politique culturelle » sont intimement liées lorsqu’il s’agit de ne pas livrer les œuvres aux seules lois du marché avec pour résultat un formatage et une uniformisation croissante.
D’ores et déjà, la Ville de Paris a créé le MILA qui aide au développement économique des petites entreprises culturelles dans le domaine musical en offrant les services d’une pépinière d’entreprise. (26 indépendants ses sont regroupés pour mutualiser les biens et services, soit création d’une soixantaine d’emplois à temps plein et permet à une centaine d’artistes de vivre de leur art)
Elle soutient également un projet de Système Productif Local – musiques du monde, « ParisMix », regroupant une multitude d’entreprises de la filière musicale avec pour objectif d’aider les producteurs à numériser leurs œuvres. Elle soutient un incubateur d’entreprises « Advancia » qui promeut l’entreprenariat culturel, notamment dans le secteur du multimédia.
Dans le même esprit, le projet de pépinière culturelle au 104 accueillera de jeunes entreprises de moins de 3 ans d’existence, situées au carrefour de l’innovation technologique et de la création et qui développent des applications innovantes à la fois pour le secteur culturel et pour l’industrie.
Ces entreprises culturelles pourront mettre leurs contenus artistiques en réseau, se mutualiser, partager leurs compétences, donner de la visibilité à leurs projets, et favoriser le développement durable de leurs projets et elles créeront des emplois.
Chers collègues ce budget 2009 qui nous est soumis dans son volet culture, poursuit indéniablement les efforts engagés depuis 2001 et laisse présager de nombreuses autres avancées pour cette nouvelle mandature.

