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Intervention de Léa Filoche relative à la réalisation d’une résidence étudiante par la RIVP sur une emprise du stade Jules Ladoumègue (19ème)

7 juillet 2009 Imprimer

Un projet de résidence étudiante qui s’inscrit dans une opération de reconfiguration urbaine et dans un contexte ou l’État choisi de ne pas rénover la Cité U d’Antony.

Le parc du logement étudiant connaît une situation particulièrement critique et doit faire l’objet de mesures spécifiques nationales. La mobilité géographique des étudiants comme leur volonté d’accéder à plus d’autonomie fait du logement étudiant un enjeu au cœur des problématiques étudiantes. D’autant plus que l’accès ou non à un logement est bien souvent déterminant dans le choix et la réussite des études des étudiants. Une politique du logement étudiant doit s’appuyer en premier lieu sur le renforcement du parc de logements publics des CROUS en respectant les engagements pris en 2004 dans le cadre du Plan Anciaux. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : aujourd’hui seuls 7% des étudiants peuvent être logés en résidence universitaire en France, et ce chiffre tombe à 3% en Ile de France.

La volonté affichée de la Mairie de Paris de permettre aux étudiants de bénéficier des meilleures conditions possibles pour mener et réussir leurs études se confronte dans le même temps à un choix de l’actuelle ministre de l’Enseignement Supérieur de ne pas réhabiliter, ni même conserver dans le giron de l’État, la cité universitaire Jean Zay située à Antony dans les hauts de Seine. Pourtant, la Résidence universitaire Jean Zay joue un rôle majeur dans le logement en Ile de France. Avec 2 100 chambres, elle représente la première résidence universitaire d’Europe et près de 16% du logement étudiant en Ile de France. Un peu plus d’une centaine d’étudiants parisiens sont d’ailleurs concernés par la fermeture d’un des bâtiments en question. Les résidents parisiens et franciliens attendent également un plan de rénovation urgent que seul l’Etat peut assumer. Son absence serait d’autant plus choquante que l’État, par le biais du plan Anciaux, s’est engagé à rénover 70 000 logements en résidence universitaire et à récemment réengagé de l’argent pour le logement étudiant dans le cadre du Plan de Relance. Pour autant la résidence universitaire d’Antony n’a jamais été fixée comme une priorité.

A l’occasion du prolongement du tramway T3 à la Porte de la Chapelle, le stade Jules Ladoumègue, situé dans le 19ème arrondissement, à la limite de Pantin fait l’objet d’un projet d’aménagement qui s’inscrit dans le développement de l’agglomération parisienne. La Ville de Paris prévoit donc de construire une nouvelle résidence étudiante d’environ 185 logements sociaux par la RIVP, de type PLUS. 19 logements seront accessibles aux personnes à mobilité réduite. Cette résidence bénéficiera ainsi tout à la fois du tramway au pied des logements, du métro situé à la Porte de Pantin, du développement des mobilités douces. La proximité d’équipements culturels et sportifs, ainsi que du Parc de la Villette lui confèrera un atout supplémentaire. Le projet s’inscrira dans une démarche de développement durable, notamment par l’utilisation d’énergies renouvelables, la maîtrise de la consommation d’énergie, le confort thermique, l’utilisation de matériaux renouvelables, l’éclairage naturel des circulations…
Encore une fois, la ville prend ses responsabilités, en palliant au désengagement de plus en plus impressionnant de l’Etat. Mais c’est une urgence que l’Etat et Valérie Pécresse, assument leur rôle dans la sécurisation des parcours universitaires, notamment en respectant ses engagements, au moins au niveau des logements étudiants. Si vous trouvez, Madame Pécresse, que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance, comme disait Abraham Lincoln, mais c’est au devant de déconvenues importantes que Madame Pécresse risque de se trouver si elle choisissait cette voie !