Accueil » 1. Séance des 8 et 9 février 2010, Interventions 2010

Intervention de Léa Filoche relative aux Antennes Jeunes parisiennes

9 février 2010 Lu 103 fois Imprimer

Je suis ce matin amenée à intervenir sur le lancement du nouveau marché de prestations de services relatif à la gestion des antennes jeunes parisiennes. Ces Antennes Jeunes ont une vocation d’être des lieux d’accueil, d’information généraliste et d’orientation mais aussi d’accompagnement des jeunes dans leurs démarches, leurs parcours d’insertion socioprofessionnelle et leurs projets, dans l’objectif de faciliter leur accès à l’autonomie. De plus, elles doivent être la porte d’entrée locale d’un réseau jeunesse impliquant l’ensemble des acteurs locaux : mairies d’arrondissement, conseils de la jeunesse, missions locales, centres d’animation, associations de prévention spécialisée, monde associatif ou encore équipes de développement local de la Politique de la Ville.

Le bilan des 20 Antennes Jeunes en 2008, a permis de recenser 83 500 visites (en augmentation de 7 % par rapport à 2007). Ce sont donc environ 4 400 jeunes (dont 1 700 pendant l’été) qui ont participé aux activités proposées par les Antennes Jeunes durant l’ensemble des vacances scolaires (ateliers éducatifs, découvertes de la ville et du patrimoine, activités culturelles et sportives, mini séjours…).

Dans la perspective du renouvellement du marché de gestion des Antennes Jeunes et dans l’objectif d’apporter un meilleur service à l’attention des jeunes, un travail de réflexion a été mené tant sur l’évolution de leurs missions que sur le maillage territorial de ces structures.
Une étude interne, réalisée par l’Inspection Générale de la Ville de Paris, a reconnu le caractère stratégique des Antennes Jeunes en tant que « lieux ressources » pour faciliter l’accès à l’autonomie des jeunes et préconise afin de renforcer le dispositif dans les secteurs prioritaires, un redéploiement de certains moyens. En effet, 70% des équipes des Antennes Jeunes ne sont composées que de deux postes équivalent temps plein (ETP), ce qui ne permet pas toujours de garantir l’accueil du public dans des conditions optimales.

Tout d’abord, nous proposons un recentrage des missions autour de l’accueil, l’information, l’orientation, et l’accompagnement des jeunes qui représentent le coeur de métier des Antennes Jeunes. Les Antennes Jeunes s’inscrivent aujourd’hui comme la porte d’entrée généraliste, au sein d’un réseau parisien de structures spécialisées dans le domaine de la formation professionnelle, de l’emploi, du logement, de la santé, des loisirs, de la culture…afin d’apporter des réponses adaptées aux besoins des jeunes. En complément de ces missions dans le nouveau marché, un volet « développement de projets collectifs » permettra d’adapter les actions de chaque antenne au contexte local et aux besoins des jeunes et de favoriser leur participation dans la mise en oeuvre de ces projets :
- un resserrement de la tranche d’âge visée : les Antennes Jeunes devront désormais s’adresser en priorité aux jeunes de 15 à 25 ans, en orientant les plus jeunes vers d’autres dispositifs (action collégiens, centres d’animation, centres sociaux, associations…) ;
- la création de nouveaux outils pour suivre et développer le dispositif: élaboration par le titulaire d’un projet pédagogique global décliné dans chaque Antenne Jeunes et adapté aux contextes et besoins locaux, en lien avec la mairie d’arrondissement ;
- la mise en place d’outils de suivi et d’évaluation plus performants de l’activité ;
- un plus fort ancrage des Antennes Jeunes, équipements de proximité, dans leurs territoires : organisation de comités de pilotage d’arrondissement, sous la tutelle des élus jeunesse d’arrondissement ;
- un accent à mettre sur la participation des jeunes aux projets et activités ;
- le renforcement du partenariat avec l’ensemble des acteurs locaux

Dans cet esprit, il est donc essentiel de s’interroger sur la pertinence de la localisation et du maintien, voire de la transformation, de certaines structures qui ne touchent plus un public suffisamment large.
Ainsi, au 1er septembre 2010, il est proposé : d’une part de fermer trois Antennes Jeunes, les AJ Campo Formio (13e), Bouchor (14e) et Brisson (18e), qui ne correspondent plus à des implantations pertinentes et de redéployer les personnels dans d’autres Antennes Jeunes, permettant de garantir une qualité accrue du service rendu et la sécurité des équipements et des personnes.
Concernant les moyens redéployés grâce à la fermeture de trois Antennes Jeunes, 2 permettront de renforcer certaines équipes et de répondre plus efficacement aux besoins des jeunes et de transformer, le cas échéant, certaines structures en espaces jeunes ou en « lieu d’accueil innovant », équipements qui permettront de mieux prendre en compte les besoins locaux. Les espaces jeunes et/ou « lieu d’accueil innovant » pourront proposer un accueil ouvert et plus informel aux jeunes ainsi que la mise en place d’activités de loisirs éducatifs, sportifs, culturels… dans un objectif de prévention, tandis que les Antennes Jeunes se concentreront sur l’information, l’orientation et l’accompagnement des jeunes afin de faciliter leur accès à l’autonomie.

Le montant annuel du marché est estimé à 3.039.000 euros. Dans l’hypothèse du non affermissement des tranches conditionnelles (transformation des 3 Antennes Jeunes en espaces jeunes ou « lieu d’accueil innovant »), le coût global de l’opération sur quatre ans est estimé à 10.541.000 euros. Cette délibération est donc une étape importante dans l’investissement de la ville dans la jeunesse parisienne. La visibilité donnée à la politique de la jeunesse à Paris passe aussi par des réajustements, en fonction des besoins, des remarques et des objectifs que nous portons. L’accès à l’autonomie, le suivi des projets individuels et collectifs, le soutien aux démarches et à l’insertion sont des objectifs que la ville défend depuis 2001 et continuera à valoriser.