Intervention de Marie-Pierre de la Gontrie relative au débat organisé sur la création du syndicat Paris-Métropole
Merci, Monsieur le Maire.
J’étais un peu triste lorsque j’écoutais Mme Kuster et Mme Douvin et j’ai envie de leur dire : la critique est aisée, mais l’art est difficile. Peut-être que la tristesse que je ressens est aussi la leur, parce qu’au fond, elles voient se dérouler aujourd’hui une histoire qui n’est pas la leur, parce qu’elles n’ont pas su, à l’époque, participer à ce mouvement, parce que l’adoption de la délibération qui nous est proposée aujourd’hui est une étape décisive, incontestablement, dans la constitution de cette structure très originale et très audacieuse qui est proposée pour la métropole aux Parisiens.
On nous propose une prise en main collective et concertée de notre destinée par les collectivités locales elles-mêmes, ce qui n’allait pas – et d’ailleurs, cela ne s’est pas fait – et ce qui ne va toujours pas de soi.
Nous, Ville de Paris, avons des relations complexes avec nos collectivités voisines, proches ou lointaines, et ces relations ont longtemps compromis les tentatives des meilleures volontés en vue du rapprochement et d’un travail partenarial.
Jean-Pierre Caffet avait raison, avec un peu de lyrisme, je dois dire, lyrisme qui, parfois, nous surprend de la part de Jean-Pierre, mais il faut, par conséquent, tous ici, puisque nous sommes tous élus de cette Ville, nous réjouir, nous féliciter qu’un consensus qui a été issu d’un processus long et constructif de dialogue et de rapprochement mené à travers la conférence métropolitaine ait permis la constitution de ce syndicat.
Ce temps de rapprochement était à l’évidence nécessaire pour construire la confiance, cette confiance qui a longtemps manqué, et doit désormais nous inspirer dans la mise en œuvre concrète du travail de ce syndicat.
Mais si nous vivons une étape décisive, le succès du syndicat d’étude n’est pas assuré par sa seule création, mais nous devrons, et Jean-Pierre Caffet l’a fait aussi, décidément, je me réfère beaucoup à mon président de groupe…
C’est normal, mais néanmoins toujours nécessaire.
C’est une étape nécessaire, mais qui doit s’accompagner d’un certain nombre d’actions garantissant le succès de cette entreprise.
Ces statuts consacrent un certain nombre de principes – nous en avons parfois peu parlé – qui sont de nature à garantir le fonctionnement pluraliste de ce syndicat : la répartition des pouvoirs – une commune, une collectivité, une voix – qui assure un travail nécessairement consensuel dans la poursuite des objectifs, le principe de libre adhésion des collectivités qui montre que nous allons devoir inlassablement convaincre autour de nous, les collectivités, d’y adhérer.
Mais par-delà les statuts, c’est bien l’esprit de dialogue et de respect qui va devoir continuer de traverser le travail de ce syndicat, qui n’a pas vocation, et ce sera toute la subtilité de sa mission, à se substituer à tel ou tel échelon territorial. Il doit, au contraire, s’appuyer sur les structures existantes et leur permettre un travail plus efficace.
Dans cet objectif, nous devrons évidemment répondre à un certain nombre de conditions dont dépendra le succès de ce syndicat.
D’abord, l’identification des objectifs ; j’en ai retenu six : l’aménagement, l’environnement, le développement économique et l’emploi, le logement, la mobilité et l’enseignement supérieur et la recherche.
Mais surtout, le syndicat mixte doit afficher une priorité, et j’entendais certains, y compris représentants de l’opposition, la partager, dans la recherche de propositions visant à créer une solidarité financière et fiscale dans ce territoire et nous savons bien que sans cette solidarité, nous ne trouverons pas de solution.
Toutes les collectivités y sont-elles prêtes ? Je n’en suis pas totalement certaine. Je sais que la Ville de Paris l’est et c’est bien cela qui est important aujourd’hui.
Nous devons aussi nous fixer des objectifs concrets. Nous avons des grands défis sociaux devant nous : la réponse au vieillissement de la population d’une part, qui concerne tous les départements de cette région, la réponse, d’autre part, et c’est une deuxième illustration, à la question des sans-abri, qui concerne tous les départements mais qui impacte particulièrement la vie de la collectivité parisienne.
Sur ces deux enjeux majeurs, si nous ne savons pas répondre à l’échelle de l’ensemble du territoire de 1′Ile-de-France et de Paris Métropole, nous échouerons.
Donc une étape décisive, je le disais en introduction et je le redis en conclusion ; décisive ne veut pas dire définitive. Nous ne pouvons pas ignorer les menaces qui s’amoncellent à l’extérieur, la volonté absolument inexpugnable du chef de l’Etat qui nomme un secrétaire d’Etat à vocation territoriale – c’est une première dans notre histoire – et la brutalité de Christian Blanc pour mener ces travaux et l’absence de concertation.
(Réactions sur les bancs de l’opposition).
J’adore Mme Kuster lorsqu’elle dit qu’il n’y a pas eu de concertation avec telle ou telle collectivité ; j’adorerais qu’elle nous raconte la concertation qui a été menée par Christian Blanc avant l’élaboration du projet qu’il a préféré directement présenter en Conseil des ministres.
Nous devons évidemment défendre notre liberté de représentants de collectivités. Vous l’avez compris, mes chers collègues, nous avions le choix entre l’inertie que nous connaissions auparavant, la brutalité que nous propose le chef de 1′Etat ; nous avons choisi le mouvement.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et « Les Verts »)

