Intervention de Marinette Bache relative à l’aménagement des Berges de Seine
Au nom des élues républicaines-socialistes je veux tout d’abord remercier Anne Hidalgo et l’ensemble de son cabinet pour cette délibération qui expose clairement l’enjeu historique que représente aujourd’hui la reconquête des quais de Seine.
Je salue également l’esprit troubadour de l’UMP qui, décidément, ne cessera pas de nous faire rire. Non contents de s’être opposés au tramway, à Vélib’, à Paris-plage bref à tous les projets qui permettent de faire de Paris une ville moderne et agréable à vivre, voici qu’ils ne s’opposent pas… non ! … qu’ils nous livrent un contre-projet de derrière les fagots, insipide et vaseux, émanent d’un excellent bureau autonome d’anticipation urbaine, dont le coming-out est fort récent comme l’a démmontré JP Caffet. Pas étonnant qu’aucune estimation de coût ne soit livrée et que les Parisiens et Franciliens non motorisés y constituent la variable d’ajustement.
Il est alors du plus grand comique que M. LAMOUR dise dans Le Parisien du mercredi 30 juin, je cite : « le projet du maire se borne à un énorme Paris-Plage qui se tiendrait tout au long de l’année » et plus loin « Bertrand Delanoë ne se soucie que des privilégiés qui habitent le centre de Paris ».
« Ne se soucie que des privilégiés » ! C’est connu : ce sont le Parti communiste, le Parti socialiste, le Parti de Gauche, les Verts, le PRG, nous, républicains de gauche, … qui se soucient des intérêts des privilégiés. Pas l’UMP ! Non ! L’UMP, elle, se contente de soutenir le bouclier fiscal, de laminer les retraites, de détruire le code du travail, de mettre l’AP-HP à l’encan… Ce serait drôle si le projet proposé n’était pas de cette envergure, de cette qualité, de cette importance pour les Parisiennes et les Parisiens, pour les Franciliennes et les Franciliens.
Soyons sérieux ! Ce dont il s’agit c’est de permettre à l’ensemble des Parisiens et Franciliens de se réapproprier la Seine, de la retrouver au coeur des activités de la ville.
Et ce, en y incluant des lieux pour le sport et la culture afin d’en faire un lieu de mixité sociale. En faire un lieu de vie avec un large secteur d’activités non-marchand et un secteur d’activités économiques et commerciales à échelle humaine. Notre projet ne prévoit pas de donner la Seine aux promoteurs immobiliers et à la « jet set » alors que le vôtre, mes collègues de l’UMP, souhaite concentrer, je cite, « des activités économiques haut de gamme ».
Cela ferait plaisir, je pense, aux Parisiens de savoir quelles activités économiques de notre projet vous étiquetez comme « bas de gamme ». Est-ce que ce sont les bars, les restaurants, les salles de concerts ? Qu’est-ce qui vous gène dans ce projet : le Skate park, l’espace de travail, de lecture, les terrains de sports, les activités économiques ?
La volonté de notre municipalité est claire. Il s’agit de refaire de la Seine le cœur de notre Cité. Pour cela il faut garantir les continuités cyclables, développer et intensifier les transports collectifs le long de Seine (plusieurs vœux y insistent), permettre les connections Voguéo et Batobus, bref rendre la Seine à sa vocation première : celle d’un fleuve c’est-à-dire un lieu d’échange et de vie, pas une frontière autoroutière entre deux quais mais un lien unissant deux rives, et au-delà l’ensemble des Franciliens.
Sa dimension à échelle humaine permettra sa réalisation d’ici 2012.
D’aucuns nous reprochent de souhaiter réaliser ce projet en pleine crise sociale. Pourtant il est bien utile en la période de se projeter dans l’avenir en alliant loisirs et culture à activés économiques ! Qui en l’absence des projets de la Ville ferait une politique de grands travaux ? Certainement pas le gouvernement ! Lui, il assèche les finances locales, mène une politique d’austérité la plus drastique possible pour le peuple, la plus légère possible pour ces amis.
Je terminerai en insistant sur la dimension métropolitaine de cet aménagement. Je me félicite que l’exécutif ait pris la décision d’associer la Préfecture de Police, Voies navigables de France et le port de Paris à cette concertation. Mais cela allait de soi. Ce qui est beaucoup plus remarquable c’est la volonté d’associer des communes de banlieue à la concertation. Je note d’ailleurs que cette délibération a aussi pour but de nous proposer de faire de ce projet l’initiative parisienne répondant à « l’appel à 110 initiatives pour une métropole » lancé par Paris-Métropole. L’aménagement des berges de Seine correspond parfaitement à l’ambition de cet appel qui veut promouvoir des initiatives à dominante économique, sociale, culturelle ou spatiale, qui contribuent au développement durable de la métropole.
Et c’est ainsi l’ensemble des Franciliens qui vont devenir les propriétaires de ce projet. Paris n’est plus repliée sur elle-même et la ville-lumière, la plus belle ville du monde et son fleuve, appartiennent désormais à tous : ceux qui habitent Paris comme ceux qui y travaillent.

