Intervention de Marinette Bache relative au schéma départemental de prévention et de protection de l’enfance 2010-2014
Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
Le secteur de la prévention et de la protection de l’enfance, compétence départementale, n’est pas aussi connu qu’il le mériterait.
Les chiffres sont significatifs :
- 5000 salariés dont 2800 du département et 2200 au travers des quelques 200 associations partenaires, 58 équipes de prévention ;
- le 2ème budget du département : 310 millions d’euros ;
- 50 000 personnes accueillies dans 34 centres sociaux ;
- 26 000 enfants ou jeunes confrontés à des difficultés de tous ordres : sociales, économiques, éducatives ou familiales, 5000 enfants placés, 5000 suivis à domicile ou en insertion.
Voilà qui est révélateur, je crois, de l’ampleur du débat de ce matin.
Et je pense que, contrairement à ce qui a été dit par la droite lors du débat budgétaire, nous n’entendrons pas qu’il y a ici trop d’effectifs ! C’est la coutume des libéraux : il y a toujours trop de fonctionnaires sauf dans tous les secteurs dont on parle. J’en profite donc pour, au nom, bien sûr, des 4 élues républicaines-socialistes et, je me permets Jean-Pierre, au nom du groupe PSRGA auquel nous sommes désormais rattachées et – oserais-je ? – au nom de l’ensemble de la majorité, saluer le travail remarquable de ces fonctionnaires départementaux, pour l’investissement humain de chacun d’eux dans cette délicate et importante mission.
Le précédent schéma, 2003 /2008, a déjà permis la mise en place de moyens supplémentaires : 8 nouveaux centres sociaux, 6 nouvelles équipes de prévention, 2 services d’accueil de jour, un centre parental, un centre d’accueil familial, une cellule d’accueil des mineurs étrangers isolés entre autres.
Renforcer les actions de prévention, adapter et diversifier les modes de prise en charge restent les mots d’ordre fondamentaux du nouveau schéma.
Pourquoi ?
- D’abord parce que Paris a des spécificités : beaucoup de familles monoparentales, de familles en situation de précarité, dans des conditions de logement difficiles, souvent instables, une forte densité urbaine avec des quartiers défavorisés concentrés dans le nord-est et enfin un nombre important de mineurs étrangers isolés. Notons que la crise économique et sociale que nous traversons renforce ces difficultés et que les familles cumulent souvent les problèmes.
- Ensuite parce que notre Municipalité et son adjointe en charge, Myriam El Khomri, font montre de cette volonté d’évolution, d’adaptation, de proximité et également de « mise dans le coup » des familles et des jeunes.
L’Aide sociale à l’enfance intervient sur des milieux, des personnes, mineures ou adultes, qui sont fragilisées.
C’est ce que met en avant la démarche de Myriam El Khomri à travers sa volonté d’agir le plus en amont possible, avant que le problème n’ait atteint une trop grande ampleur, d’impliquer les familles dans la recherche d’une solution et d’obtenir ainsi leur adhésion.
Une prise en charge réussie est une prise en charge qui tient le mieux compte de la réalité vécue par le jeune et sa famille. Nous sommes donc particulièrement satisfaites de la volonté d’organiser des parcours éducatifs personnalisés ; ceci exige la diversification des services d’accueil, des modes d’intervention, des modes d’hébergement – y compris, je veux le noter, le maintien à domicile et l’accueil de jour.
La prise en charge globale exige le décloisonnement des dispositifs et nécessite une bonne coordination de l’ensemble des intervenants : il faut sortir du schéma « enfant en difficulté = délinquant ou délinquant potentiel ».
Je veux également saluer la mise en place des différentes formes de parrainages qui recréent du lien social et permettent d’amarrer l’enfant, quelquefois sa famille, à la société.
Quant aux vrais efforts de proximité ils sont symbolisés par l’ouverture, dans les jours qui viennent, d’un bureau déconcentré de l’ASE dans le 20ème arrondissement, arrondissement populaire s’il en est.
Un mot des personnels. Car notre politique repose grandement sur la qualité de ceux-ci. Plus de la moitié dépendent directement de nos services ; au moment où l’État se désengage de ce secteur comme d’autres, nous avons augmenté le nombre d’éducateurs de rues ou de travailleurs sociaux. Je salue tout particulièrement le fait de donner un véritable statut à nos 900 assistants familiaux car voici plus de 25 ans que cette profession attend une véritable reconnaissance ! Une remarque : la majeure partie de ceux-ci sont en province ou au mieux en Ile-de-France ; il me semblerait utile de travailler avec les services concernés pour que des logements suffisamment grands puissent être attribués à ces personnes à Paris. Nous en avons besoin.
Je ne terminerai pas sans dire à Madame El Khomri tout le soutien qui doit lui être apporté dans sa détermination à mener une politique humaine, juste et efficace auprès de ces jeunes Parisiens.
Je vous remercie.

