Accueil » 3. Séance des 10 et 11 mai 2010, Interventions 2010

Intervention de Pascal Cherki relative à la tarification de la restauration scolaire

11 mai 2010 Lu 663 fois Imprimer

Monsieur le Maire,
Cher(e)s collègues,

Nous voici à une étape importante de l’évolution de la tarification scolaire sur Paris.

Une étape marquée par le renforcement de la justice sociale et par l’égalité de traitement des parisiens.

La délibération qui nous est aujourd’hui présentée est à l’honneur de notre municipalité de gauche.

Cette réforme vient de loin.

Dés 2001, la municipalité parisienne avait décidé d’engager un processus avec les arrondissements pour parvenir à une grille tarifaire fondée sur la progressivité.

Entre 2001 et 2008 beaucoup d’arrondissements avaient adopté une grille comportant 8 tarifs.

Lors des élections municipales de 2008, vous aviez Monsieur le Maire repris à votre compte la revendication des fédérations de parents d’élèves de pouvoir disposer d’une grille tarifaire unique sur Paris de manière à assurer l’égalité de traitement des usagers de la restauration scolaire à Paris.

C’est aujourd’hui chose faite.

Pour avoir été entre 2008 et 2009 l’initiateur de la réforme qu’a magnifiquement conduite à bon port avec l’écoute et la détermination nécessaire votre adjointe Colombe Brossel appuyée par la DASCO, je voudrais remercier la collectivité pour la concertation réalisée et le résultat obtenu.

A chaque grande étape de l’élaboration de la réforme vous avez associé les maires d’arrondissement qui sont aussi présidents des caisses des écoles.

La parole que vous avez donnée a été tenue.

Cette réforme se traduit par une meilleure justice sociale puisque vous avez assuré, aussi loin que vous le permet le cadre réglementaire en vigueur, le lissage du taux d’effort.

Ainsi, les classes moyennes, les plus exposées dans les anciennes grilles tarifaires verront leur taux d’effort se rapprocher très substantiellement des celui des classes populaires et des couches supérieures.

Enfin, vous avez étendu cette réforme aux collèges autonomes ce qui permettra d’alléger substantiellement pour des milliers de familles parisiennes le coût de la restauration scolaire de leurs enfants et de lutter ainsi contre le risque d’évitement pour raison pécuniaires de l’accès à la restauration scolaire.

C’est pourquoi je ne peux que m’étonner, voire m’indigner de ce que nos collègues de l’opposition municipale refusent de voter cette réforme.

Ils prétendent que cette réforme enlèverait de l’autonomie de gestion aux caisses des écoles.

C’est faux et ils le savent.

La gestion des caisses des écoles est déjà fortement encadrée par une batterie des lois et règlements visant à protéger la qualité et la sécurité sanitaire des cantines scolaires.

Cela n’empêche pas les caisses de demeurer un lieu vivant de discussion et d’élaboration d’une politique de restauration scolaire qui contribue à faire de ce moment si particulier pour nos enfants, un temps de plaisir et un moment pédagogique.

Pour avoir été un écolier parisien dans ma jeunesse et pour manger chaque semaine dans une cantine scolaire, je peux constater les progrès immenses réalisés par la restauration scolaire à Paris et le plaisir que nos enfants prennent à fréquenter en masse nos cantines, même si comme de bien entendu, comme tous les enfants, ils aimeraient avoir plus souvent des frites, des nuggets, des pizzas et autres aliments que pour leur équilibre nutritionnel nous restreignons heureusement à la portion la plus congrue.

L’autonomie des caisses ne sera pas mise à mal par la nouvelle réforme tarifaire au motif qu’elle ne fait que confirmer l’engagement budgétaire important et indispensable de la ville au soutien du budget des caisses mais en le redéployant pour plus de justice sociale.

Enfin, et c’est peut-être ce qui explique le refus de la droite parisienne à cette réforme.

Cette réforme a à leurs yeux sûrement le principal défaut d’être de gauche.

Et bien tant mieux, si cela permet à tous les parents qui le souhaitent de pouvoir inscrire leurs enfants à la cantine scolaire et d’éviter qu’un enfant ne puisse y avoir accès en raison du coût de celle-ci.

J’en prends pour exemple le tarif 1 qui est de 0,13 euros.

Il faut mesurer le signe politique adressé par la ville de Paris et le comparer aux autres tarifs 1 pratiquées dans d’autres villes gérées par la droite.

A Bordeaux, ce tarif est de 0,40 euros mais surtout l’inscription n’est pas garantie à tous les enfants, seuls les enfants domiciliés à Bordeaux et dont les deux parents travaillent et seulement lorsque ces derniers n’ont pas la possibilité de les prendre en charge pour le repas de la demi-journée disposent d’une priorité d’inscription.

A Marseille il n’existe que deux tarifs, un plein tarif de 3,12 euros et un demi tarif de 1,54 euros, cette injustice tarifaire étant à peine compensée par quelques rares cas d’exonération.

A Nice, il n’existe que deux tarifs. En maternelle un plein tarif à 2,61 euros et un demi tarif à 1,50 euros. En élémentaire, un plein tarif à 2,89 euros et un demi tarif à 2,05 euros.

A Nancy, un tarif unique à 1,22 euros.

Plus prés de nous.

A Issy les Moulineaux, le premier tarif est à 0,75 euros.

A Neuilly sur Seine, le premier tarif varie selon les situations entre 0,69 euros et 1,07 euros.

Tous ces chiffres mes chers collègues proviennent des sites Internet des municipalités concernées.

Voilà sûrement pourquoi, au fond, la droite parisienne est opposée à notre réforme de justice sociale.

Mon dernier mot sera pour vous demander d’entendre l’avis du Président de caisse des écoles que je suis et je pense en disant cela refléter la pensée commune de mes collègues, au moins de la majorité municipale.

Nous avons un objectif commun, Ville de Paris et Mairies d’arrondissement, l’augmentation de la part du bio et des produits labellisés dans la composition des menus.

Malheureusement, en raison de la situation actuelle de la filière bio, cet objectif ne pourra être atteint à budget constant et il appartiendra donc à la municipalité parisienne d’accompagner budgétairement les caisses des écoles si nous souhaitons pouvoir atteindre cet objectif.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, je vous remercie.