Intervention de Pauline Véron relative à la communication du Maire de Paris sur les politiques de solidarité face à la crise
Monsieur le Maire,
Mes cher(e)s collègues,
Contrairement à ce qu’écrivait Arthur Rimbaud, aujourd’hui difficile de ne pas être sérieux quand on a 17 ans! Sérieux voir même inquiet !
En cette période de grave crise économique, les jeunes sont déjà, et vont être encore particulièrement touchés.
Le chômage des moins de 25 ans a d’ores et déjà augmenté de 32% en un an.
Pour plus de 70 % d’entre eux le premier contrat de travail est un CDD ou un contrat précaire.
La recherche de travail pour les jeunes sans diplôme va être de plus en plus difficile et les jeunes diplômés vont être obligés d’accepter des emplois sous qualifiés.
C’est pourquoi il est absolument urgent et impératif de mettre en place des dispositifs spécifiques pour soutenir les jeunes parisiens.
On ne peut donc que se féliciter, Monsieur le Maire, des mesures en faveur des jeunes que vous avez annoncées ce matin, notamment en direction des plus vulnérables, ceux qui sont sans qualification :
- soutien financier aux plus fragiles via le Fonds d’Aide aux Jeunes, doté de 600 000 €
- dispositifs d’accompagnement pour l’insertion des jeunes les plus éloignés de l’emploi et qui n’ont pas accès au RSA,
- soutien aux missions locales pour l’emploi qui assurent l’accueil, la formation, l’orientation et l’insertion de jeunes dans toutes les situations,
- ouverture d’une seconde école de la 2ème chance pour des jeunes sans qualification,
- nombreux forums pour l’emploi,
- du côté du logement, création de 3 000 nouvelles places en foyer de jeunes travailleurs et création de logements étudiants,
- création d’un centre d’hébergement pour les jeunes en errance dans le 15ème
Ces mesures, essentielles, témoignent de l’implication forte de la Ville et du Département pour l’insertion des jeunes.
Mais plus encore, notre objectif est de favoriser l’autonomie des jeunes.
Car en cette période difficile pour la jeunesse, se préoccuper de son avenir c’est encore plus que d’habitude proposer un projet global pour elle, lui permettant d’accéder à son autonomie.
Pour cela, non seulement l’accès à l’éducation, à la formation, à l’emploi, au logement, à la santé est fondamental, mais l’accès à la culture et aux loisirs est aussi essentiel.
La politique menée par la Ville porte cette vision globale pour la jeunesse, en faveur de l’accès à l’autonomie : en plus des nombreux dispositifs en faveur de l’emploi et de l’insertion professionnelle il existe Paris Jeunes talents, Paris Jeunes vacances, Paris Jeunes solidaires, ou bien encore le Festival artistique étudiant qui permettent à des centaines de jeunes de construire eux-mêmes leur propre avenir. Il s’agit d’accompagner sans assister et de valoriser le parcours de chacun.
Mais on ne peut être qu’inquiets pour la jeunesse lorsque l’on constate que le Gouvernement actuel :
- supprime 13 500 postes dans l’Education nationale et aussi dans les Universités,
- ferme l’accès à la fonction publique pour les jeunes en supprimant des milliers de postes et en limitant les places aux concours,
- et n’a pour seule réponse à la situation que la relance de la formation en alternance et les stages, qui ne va qu’aggraver l’absence de recrutement sur des emplois stables et durables !
On ne peut pas dire d’un côté qu’on se préoccupe de la jeunesse et d’un autre côté affaiblir ce qui lui permet de se construire un avenir !
Raison de plus, alors que l’État est aux abonnés absents pour que la Ville soit exemplaire !
Plus encore en période de crise nous ne pouvons relâcher nos efforts pour la jeunesse.

