Accueil » 1. Séance des 8 et 9 février 2010, Interventions 2010

Intervention de Pauline Véron relative à la création de l’Assemblée des Citoyens Parisiens Extracommunautaires

9 février 2010 Lu 449 fois Imprimer

Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,

Paris, Capitale cosmopolite, compte 215 000 parisiens non communautaires, ce qui représente tout de même 10 % des parisiens.

Afin de favoriser leur expression et d’affirmer une citoyenneté de résidence, le Conseil de Paris a, par une délibération de novembre 2001, créé le Conseil de la Citoyenneté des Etrangers non communautaires.

Ce conseil de la citoyenneté, qui s’était fixé pour objectifs :

- d’une part de permettre à ces parisiens étrangers de se saisir de sujets les concernant ou ayant une portée plus générale,
- et d’autre part de sensibiliser les parisiens à la citoyenneté de résidence et à la question du droit de vote des étrangers aux élections locales,

a répondu à ses objectifs et a constitué une première étape importante.

Aujourd’hui il nous est proposé de créer l’Assemblée des Citoyens Parisiens extracommunautaires afin de rénover et d’amplifier la réalisation de ces objectifs.

Pour cela, les arrondissements sont incités à créer des Assemblées locales qui désigneront des représentants pour siéger à l’Assemblée centrale. Cela permettra à la fois aux membres de ces instances d’être associés à la concertation sur les projets locaux des arrondissements, mais aussi de créer un lien entre les assemblées locales et l’assemblée centrale qui travaillera essentiellement sur des thèmes parisiens transversaux.

8 arrondissements sur 20 sont en train de mettre en place ces instances, et 6 en ont déjà créé une.

C’est notamment le cas du 9ème arrondissement, dont l’Assemblée des Citoyens parisiens extracommunautaires s’est réunie pour la première fois le 9 décembre dernier.

Elle est composée de 15 citoyens non communautaires dont 8 membres ont été tirés au sort et 7 ont été désignés par le Maire parmi les candidats, afin d’assurer la représentation la plus large possible des différents continents, quartiers et activités représentés au sein du 9ème et également d’assurer le respect du principe de parité hommes-femmes.

Ces parisiens de nationalité marocaine, russe, algérienne, suisse, ivoirienne, tunisienne, libanaise, brésilienne, gabonaise, sénégalaise et ukrainienne, sont incités ainsi à participer encore plus à la vie locale de l’arrondissement.

En effet, ces citoyens peuvent déjà participer aux réunions des conseils de quartier mais force est de constater qu’il est encore moins facile d’y prendre une part active lorsque l’on est de nationalité étrangère.

L’assemblée des citoyens parisiens extracommunautaires est donc envisagée comme un lieu de démocratie participative spécifique mais qui a pour objectif d’inciter ses membres à prendre une part active dans les autres instances de démocratie participative que sont par exemple les conseils de quartier.

Lors de cette première réunion de l’assemblée du 9ème, plusieurs thèmes ont été abordés.

Certes, certains sujets ont concerné des questions spécifiques aux résidents étrangers, comme l’accueil et l’accompagnement des nouveaux arrivants étrangers ou la lutte contre les discriminations, mais beaucoup d’autres ont concerné la vie de notre Cité en général : l’enfance, la vie associative ou l’aménagement et le partage de l’espace public.

L’autre objectif essentiel de cette Assemblée est d’affirmer la légitimité de la participation des parisiens non communautaires au processus de décision politique alors que le droit de vote aux élections locales ne leur est toujours pas accordé.

Les citoyens de nationalité étrangère non communautaire ont au cours de son histoire enrichi l’identité de Paris sur le plan démographique, culturel, économique et social. Ils ont permis un enrichissement mutuel.

Bien sûr je pense aux nombreux artistes étrangers qui ont construit et construisent encore le Paris artistique : depuis des siècles, peintres, musiciens, chorégraphes, comédiens contribuent au rayonnement artistique de Paris et au-delà de la France.

Bien sûr je pense aussi avec admiration aux parisiens étrangers qui ont combattu pour la liberté de Paris, pour les valeurs universelles de notre devise : républicains espagnols, réfugiés d’Europe de l’Est, italiens, arméniens et tous les autres à l’image par exemple des combattants de « l’Affiche Rouge ».

Mais je voudrais aussi penser à la majorité d’entre eux, qui au quotidien, travaillent, dans le bâtiment, dans les travaux publics, de voirie par exemple, mais aussi dans les cuisines des restaurants, ou dans les services à la personne, qui gardent les petits parisiens ou accompagnent les personnes âgées ; ils et elles contribuent à la prospérité de Paris et à son équilibre social.

La création de l’Assemblée des Citoyens Parisiens extracommunautaires va permettre à tous ces parisiens de s’exprimer sur le quotidien de Paris dans un cadre officiel.

Elle va donner la parole à 10% de parisiens qui n’ont pas, à ce jour, le droit de vote aux élections locales.

Dans l’attente d’une réforme constitutionnelle indispensable accordant le droit de vote aux élections locales des résidents étrangers, et ainsi de permettre leur association pleine et entière à la vie de notre Cité, cette Assemblée des Citoyens Parisiens extracommunautaires va permettre aux résidents étrangers de participer concrètement à la vie locale.

Aujourd’hui, même s’ils n’ont pas encore tous les droits correspondant aux devoirs qui leur sont demandés en tant que résidents, la création de cette Assemblée est une étape importante vers l’égalité des droits locaux, dont il faut se féliciter.

L’identité de Paris c’est sa diversité, cette Assemblée favorisera l’expression de cette diversité.