Intervention de Pauline Véron relative à la discussion budgétaire 2010
Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
Je souhaite saluer l’effort budgétaire du Département dans un domaine particulièrement important, celui de l’aide sociale à l’enfance alors que notre collectivité connaît, nous le savons, une baisse importante de ses recettes.
En effet, le budget de l’aide sociale à l’enfance va augmenter de 1,5%, pour tenir compte d’une part de la dégradation du contexte social et d’autre part de l’arrivée très importante de mineurs étrangers isolés à Paris et alors qu’il y a un fort désengagement de l’Etat dans ce domaine.
Cette augmentation budgétaire va permettre en premier lieu, de maintenir une forte implication du Département pour la prévention spécialisée dans les quartiers prioritaires, par un soutien aux équipes de prévention spécialisée, aux centres sociaux et aux dispositifs de prévention, du type Ville Vie Vacances, ou accompagnement à la scolarité.
Elle va permettre en deuxième lieu, une augmentation du soutien apporté aux jeunes en difficulté, dont la situation sociale se détériore, par des aides financières notamment pour l’élaboration de projets professionnels.
En troisième lieu, cet effort budgétaire va permettre la consolidation du bureau de l’aide sociale à l’enfance, par la création de 10 postes en 2010, après 10 nouveaux postes déjà créés en 2009.
Celui-ci doit en effet faire face à l’augmentation des difficultés familiales, aux difficultés accrues des jeunes, notamment chez les garçons adolescents, ainsi qu’à la création dans chaque arrondissement d’un comité « prévention, protection, enfance, familles » afin d’agir le plus en amont possible sur les situations de mineurs signalés comme étant en danger ou maltraités.
Enfin, cet effort budgétaire va permettre d’augmenter le nombre de places d’hébergement pour les mineurs étrangers isolés puisque 30 places pour l’hiver vont être ouvertes dans le 15ème arrondissement, et que début 2010 une structure d’accueil dédiée à ce public et gérée par l’association France Terre d’Asile va ouvrir dans le 10ème comprenant 25 places pour l’hébergement et 45 places d’activités de jour.
Cela permettra de mettre à l’abri en urgence 155 mineurs étrangers isolés, en plus des prises en charge effectuées par l’aide sociale à l’enfance.
En effet, près de 900 mineurs étrangers isolés sont pris en charge actuellement au titre de l’ASE ce qui constitue un effort considérable de notre collectivité.
Toutefois, malgré ces efforts importants du Département, du fait de la carence de l’Etat, il y a malgré tout un risque que certains d’entre eux ne trouvent pas d’hébergement cet hiver compte tenu de l’arrivée de très nombreux mineurs étrangers isolés à Paris du fait notamment de la destruction totale et systématique de tous les abris de fortune des migrants dans le Calaisis.
Nous n’attendons pas du Gouvernement qu’il se préoccupe de la situation de ces jeunes, nous savons bien que cela fait longtemps qu’il a clairement décidé que la dignité humaine pouvait être mise de côté concernant les migrants.
Nous voulons simplement qu’il respecte le droit.
En effet, l’Etat n’a toujours pas créé le fonds national de financement de la protection de l’enfance prévu par la loi du 5 mars 2007 portant réforme de la protection de l’enfance et qui devait compenser les charges résultant du transfert de la prise en charge des mineurs étrangers isolés aux Départements, absence de création qui pénalise les finances des Départements les plus impliqués dans ce domaine comme c’est le cas de Paris.
C’est pourquoi les élus du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés proposent un vœu, afin que :
- le Gouvernement crée dans les meilleurs délais le fonds national permettant de compenser les dépenses nouvelles des Conseils Généraux au titre de la mise en œuvre de la loi du 5 mars 2007
- et qu’en cas de refus, le Maire de Paris engage un recours contentieux afin d’obtenir une juste compensation des dépenses nouvelles d’aide sociale à l’enfance.
Je voudrais maintenant, mes chers collègues, appeler votre attention sur la santé des parisiens.
En effet, de nombreux parisiens aux revenus modestes ou qui sont en situation de précarité connaissent des difficultés d’accès aux soins.
Ceci s’explique, malgré une offre de soins abondante, par la surreprésentation des médecins spécialistes par rapport aux soins de santé primaires, ainsi que par des pratiques tarifaires souvent dissuasives, beaucoup de médecins pratiquant en secteur 2 à Paris.
D’ailleurs 40% des parisiens déclarent retarder leurs soins et même parfois y renoncer pour des raisons financières et une part importante de patients couverts par la CMU doit faire face à des refus de soins.
Dans ce contexte, les centres de santé associatifs, mutualistes ou municipaux constituent un maillon important de l’offre de premier recours à Paris. En effet, ils représentent plus de 15 % des actes de consultations médicales, 30% des consultations dentaires et 21% des soins et prothèses dentaires.
La Ville soutient l’activité des 8 centres municipaux en créant notamment 5 nouveaux postes en 2010, mais beaucoup des centres associatifs ou mutualistes sont en difficulté financière.
Dans ce contexte, les élus du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés propose un amendement au Budget Primitif, afin que 150 000 euros supplémentaires soient consacrés au soutien financier des centres de santé parisiens en difficulté ainsi qu’à une démarche de coordination et de réorganisation de leur activité.
Enfin, mes chers collègues, toujours dans le domaine de la santé, les derniers chiffres publiés par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, permettent de dresser un constat préoccupant concernant l’usage de produits psychotropes chez les jeunes de 17 ans à Paris.
En effet, il en ressort, entre 2005 et 2008, une hausse de 25% de l’usage quotidien de tabac, des ivresses répétées en hausse de 86%, et une expérimentation de la cocaïne en hausse de 300%.
Cette situation est préoccupante pour la santé des adolescents parisiens mais aussi pour l’ensemble des jeunes car les comportements parisiens préfigurent souvent une tendance nationale.
Face à cette situation le Gouvernement ne propose que des mesures répressives passant à côté des véritables enjeux qui sont de mettre tous les moyens sur une politique de prévention innovante et efficace, dans une optique de santé publique.
La Ville de Paris doit donc se mobiliser encore plus fortement et de manière innovante afin de lutter contre ces tendances inquiétantes. La ville a d’ores et déjà souhaité affiner le diagnostic grâce à une enquête départementale ESCAPAD en 2010.
C’est pourquoi face à ce constat, les élus du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, propose un vœu afin que soit intensifiée de façon significative la prévention des conduites à risques et addictives auprès des jeunes parisiens et pour soutenir l’action innovante des associations sur le terrain.

