Accueil » 4. Séance des 7 et 8 juin 2010, Interventions 2010

Intervention de Pauline Véron relative au schéma d’orientations pour le développement du vélo

8 juin 2010 Imprimer

Ce nouveau schéma d’orientations pour le développement du vélo participe pleinement de la politique ambitieuse de diversification de l’offre de déplacements que la municipalité parisienne mène depuis 2001, en offrant à ses habitants un véritable « bouquet de mobilité ».

Cette politique crée tout d’abord de la liberté, celle de pouvoir choisir le mode de déplacement qui correspond le mieux au trajet que l’on souhaite faire, qui peut être différent au cours d’une même journée, ou suivant que c’est un trajet professionnel ou de loisirs.

Mais elle crée aussi et c’est ici le véritable enjeu, une autre façon de vivre ensemble dans l’espace public et donc crée une autre ville.

Il s’agit, par ce projet de délibération, d’accélérer cette ambition.

Ce coup de pédale pour le vélo est l’illustration d’une politique volontariste qui entend anticiper les changements profonds dans les modes de déplacements que vont connaître les villes françaises ces 10 prochaines années :

- Passage de 60% de ménages motorisés à 40%, et même plus certainement dans les cœurs denses des villes comme les arrondissements centraux de Paris
- 2 à 3% de voitures en moins chaque année
- une baisse de 20% du nombre de voitures entre 2000 et 2020

Par une observation précise des évolutions des mentalités et des pratiques urbaines, la Ville de Paris accompagne ce mouvement profond.

Loin de « l’environnement, ça commence à bien faire » cher à notre Président de la République, reflet d’une politique qui troque ses ambitions environnementales contre des intérêts particuliers, pour aboutir au sous Grenelle 2, la municipalité parisienne aide et accompagne les transformations en profondeur nécessaires, et souhaitées par les Français, alors même que la Ville se trouve dans un contexte de crise et de fortes contraintes budgétaires.

Le nouveau partage de l’espace public au profit des mobilités douces met à l’ordre du jour la question de comment chacun parisien en tant qu’individu, partage avec les autres parisiens, l’espace public, ce que l’on pourrait appeler les parties communes publiques.

C’est concrètement la question du vivre ensemble qui se pose.

En effet, avant c’était simple, c’était binaire : en surface il y avait les voitures et un peu les piétons autour…

Par la création d’espaces propres pour les bus, le tramway, les piétons et les vélos c’est à d’autres usages que l’on a fait de la place et avec qui il devient nécessaire de cohabiter. Derrière les séparateurs, les murets, les oreilles et les lincolns c’est une question éminemment politique qui apparaît, à la hauteur des réactions polémiques qu’elle déclenche parfois…

Ainsi accélérer le développement du vélo, ce n’est pas seulement rompre avec une politique synonyme de dégradation environnementale et de congestion de la cité, c’est également un nouvel art de vivre la Ville. Un nouvel art de vivre ensemble au cœur duquel on retrouve la notion de partage.

Ce meilleur partage de l’espace public c’est concrètement :

- une part importante des couloirs de bus ouverts aux cyclistes dès 2009 (près de 30km).

-une meilleure adaptation des conditions de circulation pour les cyclistes avec la quasi-totalité des sens interdits autorisés aux vélos dans les zones 30, soit 1600 voies aménagées en application du décret du 30 juillet 2008.
Je voudrais rappeler que la Ville de Paris n’a pas attendu ce décret pour mettre en place, dès la précédente mandature plus de 30km d’aménagements de double sens cyclables.
Et à propos de certaines interventions sur la sécurité je souhaite préciser que les conditions de la mise en œuvre de ces double sens cyclables relève du décret lui-même.

- l’expérimentation de l’autorisation de tourner à droite au feu rouge pour les cyclistes, afin de ne pas leur imposer une contrainte de circulation destinée aux automobilistes, tant que ça ne pose pas de problème de sécurité.

- la généralisation du sas vélo permettant aux cyclistes d’attendre le feu vert devant les voitures.

- le renforcement de l’offre de stationnement sur voirie et en ouvrage, et des services associés comme les réparations : par la création de nombreuses places de stationnement sur voirie par an, la réalisation de locaux à vélos dans les immeubles neufs en application du PLU, l’aide à la création de stationnement privé dans les immeubles anciens, le développement du stationnement surveillé dans les parkings ouverts au public

- l’accompagnement du développement de la pratique du vélo afin de la rendre plus accessible avec pour objectif premier la sécurité, principal motif d’inquiétude qui freine l’usage du vélo : avec notamment la poursuite de l’action de prévention et de sensibilisation aux risques de circulation afin de permettre une cohabitation harmonieuse entre les différents usagers; la mise en place d’un programme d’apprentissage de la conduite à vélo en ville dans le cadre scolaire ; la mise à disposition des associations des différents moyens de communication de la Ville ; l’incitation à l’achat de vélos à assistance électrique (déjà près de 800 dossiers de subventions depuis novembre 2009)

- un meilleur service Vélib’ par le biais de nouvelles formules d’abonnement et d’une incitation pour que les entreprises remboursent l’abonnement à leurs salariés.

Compte tenu de cet enjeu, qui est celui de construire un nouvel espace pour vivre ensemble différemment, espérons que cet hémicycle saura dépasser les clivages partisans pour faire de Paris la Capitale du vélo.