Intervention de Sandrine Charnoz relative à la communication du Maire de Paris sur l’emploi des jeunes
Monsieur le Maire,
Mes chers collègues
Paris comme l’ensemble de la France est touchée par la crise économique et sociale avec une augmentation du chômage de 18 % entre juin 2008 et juin 2009. Et les jeunes sont encore plus durement touchés car le taux de chômage a augmenté de 30%. A cette dégradation de l’accès à l emploi quantifiable s’ajoute une réalité plus forte car peu s’inscrive au pôle emploi car ils ont rarement droit à une allocation chômage. D’autres s’ils ne sont pas chômeurs galèrent de stages non rémunérés en CDD sans cesse renouvelés, emploi partiel, etc. Cette offre qui ne mérite pas le nom d’emploi s’est de plus raréfiée avec la crise : depuis juillet 2008 on note une diminution des emplois occasionnels c’est-à-dire de moins d’un mois de plus de 62%
Leur accès à l’emploi se dégrade donc de jour en jour et ce ne sont pas les annonces du gouvernement dont c’est pourtant la compétence qui vont calmer leurs inquiétudes et leur redonner espoir.
La politique du gouvernement est insuffisante comme par exemple la mise ne œuvre du contrat d’autonomie par le gouvernement qui n’a concerné que 230 jeunes parisiens.
Politique insuffisante, et politique toujours axée sur la communication plutôt que sur l’action.
Un plan Hirch dont le tintamarre médiatique dissimule des propositions fortement décevantes. La principale mesure dont l’intention d’étendre au 18-25 ans le RSA est louable car les jeunes sont totalement exclus de la solidarité nationale et leur taux de pauvreté frôle les 20% mais cette mesure ne concernera que peu de jeunes car les conditions d’éligibilité sont restrictives. Les jeunes devront avoir 2 ans d’activité. Au-delà du caractère inégalitaire du dispositif car au-delà de 25 ans aucune condition ne conditionne l’obtention du RSA, cette mesure ne favorisera donc pas l’accès à l’emploi des jeunes et comme pour tous les autres bénéficiaires se substituent à un salaire décent.
Paris comme toujours va au-delà de son champ de compétences quand il s’agit de solidarité envers les parisiens et surtout les plus jeunes.
Cette communication démontre encore une fois que notre politique est volontaire qu’elle met en œuvre de nombreux dispositifs calés sur les besoins et les attentes différentes de cette classe d’age qui est loin d‘être homogène et dont les inégalités qui les frappent nous apparaissent d’autant plus injustes.
Notre politique s’appuie sur le prolongement, l’extension, l’amplification de dispositifs existants mais comme toujours cherchent à développer de dispositifs innovants seuls à même de pouvoir répondre à des situations diverses, atypiques et aussi vitale que l’avenir de notre jeunesse.
Solidarité tout débord avec les jeunes éloignés de l’emploi et menacés par la spirale de l’exclusion.
Nous ne pouvons ici cités les nombreuses mesures pour les jeunes éloignés de l’emploi dont le département porte des programmes de formation. Notre collectivité est engagée dans un vaste projet de partenariat avec les associations pour l’accompagnement vers le premier emploi.
Je souhaiterai mettre l’accent sur le Plan Local pour l’Insertion et l’Emploi crée en 2005 avec l’énergie de Christian Sautter dans le 18 et 19eme. Ce dispositif mobilise les acteurs institutionnels, des acteurs économiques et des associations pour aider les habitants (allocataires du RMI ou RSA, chefs de famille monoparentale…) en demande d’emploi durable et mobilise des fonds européens (FSE). Il a bénéficié à de nombreux jeunes. En 2008, il a accompagné 360 jeunes, dont 52% habitaient les quartiers Politique de la Ville. Cette même année, 51 jeunes ont trouvé un emploi durable (CDI ou CDD de plus de 6mois) et 8 sont en formation.
Forte de ce premier succès, la collectivité parisienne souhaite impulser un second PLIE Est dès 2010, et mettra l’accent sur l’accompagnement des jeunes. Ce deuxième plan couvrira les 10, 11, 12 et 20e arrondissements. C’est pourquoi le budget 2009 prévoit un doublement des crédits consacrés à ce dispositif, soit environ 400 000 €.
Solidarité également avec les jeunes diplômes qui, malgré leur formation, peinent à entrer dans la société active.
La cheville ouvrière ce sont les MDEE, les 5 Maisons des Entreprises et de l’Emploi existantes qui assurent un appui à la recherche d’emploi et à la création d’activité en partenariat avec les entreprises et divers acteurs économiques, elles proposent également des sessions de pré-recrutement collectif afin de faciliter le rapprochement de l’offre et de la demande. Cette année, les Maisons du développement économique et de l’emploi sont devenues les Maisons des entreprises et de l’emploi, ce qui signifie que leur mission a été recentrée sur la prospection des offres d’emploi de proximité pour passer des conventions de recrutement avec les entreprises.
Leur bilan est lui aussi très parlant ! Les Maisons des entreprises et de l’emploi soutiennent environ 2000 jeunes de moins de 26 ans, qui ont accès aux prestations des associations spécialisées dans l’accompagnement vers l’emploi. La MDEE du 14e a ainsi mis en place un accueil spécifique aux jeunes diplômés parisiens.
Dans le 19e arrondissement, la MDEE a travaillé à une convention de recrutement avec une grande enseigne qui s’est récemment implantée avenue de Flandre qui a permis à 59 habitants du quartier, dont 23 de moins de 26 ans, d’accéder à un emploi durable.
Les MDDE poursuivront leur soutien demain mais innoveront aussi avec par exemple des nouvelles actions de coaching de jeunes diplômés.
Les MDEE soutiennent les forums pour l’emploi des arrondissements qui n’ont plus à démontrer leur succès. Ces forums regroupent lieux de ressources et de services, associations spécialisées dans le suivi des demandeurs d’emploi mais aussi des responsables d’entreprises ou de fédérations professionnelles dans les métiers porteurs L’année prochaine nous mettrons en place un forum de l’emploi s’adressant spécifiquement aux jeunes diplômés.
Fin novembre 2009 la Ville de Paris organisera également un événement d’information pour les étudiants, regroupant les structures auxquelles ils peuvent faire appel dans le cadre de leur recherche d’emploi qui connaissent souvent mal les multiples portes d’entrée vers le marché du travail.
Je terminerai en soulignant notre engagement dans l’accompagnement des jeunes qui va au-delà du simple accès à l’emploi car pour nous si l’emploi est une des conditions de la liberté, l’autonomie passe aussi par une aide au logement avec l’allocation « Paris Logement » ou des aides aux 2 fédérations qui assurent l’accompagnement social et la pris en charge locative des jeunes , des investissements dans les travaux des foyers de jeunes travailleurs avec un engagement pour 3000 nouvelles places dans la mandature.
Nous ne pouvons que saluer cette politique qui encore une fois au-delà des compétences de notre collectivité prend la mesure de la détresse sociale, relève le défi d’être au côté des jeunes parisiennes et parisiens pour leur donner les moyens d’une réelle autonomie, leur permettre d’être libres - jeunesse qui nous ne dirons jamais assez est notre avenir.

