Intervention de Sandrine Charnoz relative à la mission d’information et d’évaluation sur l’Accès des jeunes Parisiens à un emploi pérenne
Moi aussi, je tenais à dire que je me réjouis de la mise en place de cette mission et donc de l’utilisation de ce nouvel outil comme vient de l’expliquer François Dagnaud.
Je voulais juste préciser que cette mission s’inscrivait dans un contexte particulier et particulièrement difficile pour les jeunes Parisiens, avec un chômage plus important que les autres catégories d’âge.
On a noté lors de la dernière communication sur l’emploi des jeunes, au Conseil dernier, qu’en 2008, le chômage avait augmenté de plus de 39 % pour cette catégorie âgée de moins de 25 ans, alors qu’elle n’augmentait que de 21 % pour les autres. Nous avions, tous groupes confondus, noté le fait que cette hausse n’était absolument pas représentative du nombre de chômeurs de cet âge existant, car beaucoup ne s’inscrivent pas au Pôle Emploi et sortent ainsi des statistiques car il ne sont pas concernés par les indemnisations.
Il faut aussi rappeler que pour ceux qui travaillent, la situation est loin d’être florissante ; beaucoup sont en C.D.D., en intérim, en emploi contrat aidé.
Pour clore ce tableau assez sombre, il faut quand même, ici, dire que près de 23 % des jeunes Parisiens, de moins de 20 ans, vivent sous le seuil de pauvreté.
Si la crise vient frapper de plein fouet les jeunes et amplifie leur chômage et s’ils servent trop souvent de variable d’ajustement aux entreprises, je tenais aussi à rappeler que dans son rapport de mai dernier, l’O.C.D.E. écrit que la performance des jeunes sur le marché du travail est moindre en France que chez ses voisins européens.
Si notre conjoncture économique est particulièrement délicate, elle ne fait qu’amplifier ce chômage que tous les spécialistes qualifient de structurel, d’où l’importance de cette évaluation et de cette réflexion que nous allons mener.
Je pense que, quelles que soient nos sensibilités politiques, nous ne pouvons qu’adhérer à ce constat et nous ne pouvons pas laisser s’installer chez les jeunes ce sentiment de désespérance et cette impression que quel que soit leur niveau d’étude, quelle que soit leur volonté, l’emploi ne sera pas au rendez- vous.
Je voudrais juste profiter de cette mission pour rappeler que la nouvelle édition du Conseil des étudiants de Paris qui s’est réunie la semaine dernière, lancée en présence de Didier Guillot, Christian Sautter et Hamou Bouakkaz, a choisi comme thème unique de débat jusqu’en 2010 l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. On voit bien que leur préoccupation porte sur la précarité du premier emploi, l’accompagnement nécessaire à la transition du premier emploi, la valorisation des compétences, mais aussi la lutte contre le décrochage.
C’est bien la preuve que les jeunes eux-mêmes sont obsédés par ce sujet et que les remontées que nous avons des missions locales qui s’occupent, elles aussi, des jeunes, mais des jeunes peut-être plus éloignés encore du marché du travail, nous conduisent aussi à réfléchir à l’obtention d’un emploi pérenne.
Notre Ville a fait beaucoup, et on se rend bien compte que de nombreux dispositifs sont en place.
Je ne reviendrai pas sur la communication du Conseil dernier qui a mentionné de nombreux dispositifs, que ce soit pour les jeunes diplômés ou pour les jeunes éloignés du travail, mais on a tous signalé que la Ville n’était pas le seul acteur.
C’est pour y voir peut-être plus clair que le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés a proposé, par l’intermédiaire de Jean-Pierre Caffet lors de la dernière communication, cette évaluation pour l’accès de l’emploi aux jeunes.
L’objectif est, bien sûr, d’étudier l’efficacité des dispositifs, des dispositifs existants en faveur de l’insertion, mais également de pouvoir évaluer l’information dont les jeunes disposent et, pour finir, de regarder l’implication des entreprises pour s’ouvrir aux jeunes en recherche du premier emploi.
Je vous donne rendez-vous en juin pour les retours de cette mission d’évaluation dont la seule ambition est d’être constructive pour que les jeunes puissent trouver demain un emploi pérenne.
Je vous remercie.

