Intervention de Sandrine Charnoz relative au Programme Départemental d’Insertion pour 2010
Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
Le Plan Départemental de l’insertion est un plan ambitieux. Notre collectivité, plus que jamais, poursuit ses efforts.
Alors que certains osent nous parler de reprise, ou nous faire le panégyrique des actions du gouvernement, ce que nous vivons au quotidien démontrent au contraire que celle-ci ne cesse de faire basculer toujours plus de parisiennes et de parisiens dans la précarité dans le désespoir.
Et malgré le long catalogue de mesures avec mode d’emploi vanté par M. Giannesini, en un an le chômage a augmenté de 16%.1 million de français au chômage arrivent en fin de droits et 600 000 n’auront plus aucune indemnité. Plus de 3000 parisiens sont concernés ! Interpellé pour prolonger à titre exceptionnel les indemnités des personnes en fin de droit en raison de la crise, interpellé pour surseoir aux expulsions, l’Etat reste sourd.
Nous ne pouvons que dénoncer ces refus cet immobilisme et l’incapacité du gouvernement et de son président à sortir le pays de la crise. Les emplois diminuent, moins 30% d’offre confiées à pole emploi sur le troisième trimestre 2009 par rapport à 2008. Les plans sociaux se multiplient : plus de 20 000 destructions de postes selon pole emploi sur le dernier trimestre 2009 en Ile-de-France. Les conditions de vie de nos concitoyens se dégradent.
Notre collectivité essaie dans son champ de compétences et au-delà d’aider les parisiens et son budget solidarité est au rendez-vous.
Cette dégradation de l’emploi a un impact direct sur la progression du RSA : 61 000 allocataires soit plus de 10% en un an.
Pour ces allocataires, le département au travers de son PDI doté de 59,7 millions d’euros et en progression d’1 million.
En parallèle Paris se bat pour l’emploi pour éviter que le nombre de chômeurs n’augmente, pour assurer le retour à l’emploi des allocataires du RSA.
En 2008 un chômeur parisien sur 5 soit 21 000 parisiens ont retrouvé un emploi grâce aux mesures de réinsertion professionnelle portées par Paris.
Paris soutient l’emploi en étant le premier employeur de personnes en insertion en Ile-de-France et en 2010 ce sont 1 700 CUI au sein de nos services qui seront signés. Ces contrats sont nécessaires et permettent à des personnes en insertion de revenir à l’emploi. Mais nous savons que ces contrats aidés ne sont pas une fin en soi, que la qualité de la réinsertion dépend de l’encadrement et des formations
C’est pourquoi il est important que le CUI ce nouveau contrat qui cherche à simplifier le droit du travail assure les mêmes droits à formation que les précédents et que l’ensemble des acteurs de la formation soit reconnu et épaulé. Le PDI soutient la formation. En 2009, 30% des parisiens ayant effectué une formation ont retrouvé un emploi. Pour cette année, ce sont 681 places de stages intitulés « passerelles linguistiques vers l’emploi » qui proposent 500 heures de perfectionnement à notre langue ainsi qu’une formation pré qualifiante dans le secteurs de l’aide à domicile, de la restauration, du nettoyage, de la sécurité car même dans ces secteurs là une bonne connaissance du français est exigé pour avoir un emploi.
Par ailleurs, 1217 places de stages qualifiants en informatique, hôtellerie-restauration, nettoyage, bâtiment, tous les secteurs en tension sont proposés.
Je souhaiterai également souligner une opération expérimentale pour offrir à 300 allocataires du RSA « de bas niveau » un parcours complet d’accompagnement vers l’emploi.
Et en 2010 nous passerons un contrat exceptionnel avec la Région pour proposer aux 3000 parisiens en fin de droits une formation.
Les contrats aidés n’étant qu’un filet, filet d’autant plus vital que nous vivons une crise dure et longue, Paris cherche à soutenir l’emploi et les secteurs pourvoyeurs d’emplois pérennes.
Nous avons inventé et mis en œuvre de nombreux dispositifs spécifiques pour soutenir la croissance et l’emploi. Soutien aux PME alors que les banques ne font plus leur travail par divers leviers financiers : fonds de garantie (Paris finances plus), prêt d’honneur mais aussi du soutien capital risque (Paris Business Angel). Rappelons que ce sont les PME qui drainent 80% de l’emploi salarié à paris. Notre collectivité leur permet de se créer, de se développer, de se loger, favorise leur accès à nos marchés publics par le pacte PME, ou encore en leur réglant 20% lors du passage de la commande pour les aide dans leur trésorerie.
Paris appuie également le secteur de l’économie solidaire et les services à la personne. En 2009 ce sont 2800 allocataires du RSA qui ont retrouvé un emploi grâce par exemple aux clauses sociales des marchés publics. Autres éléments à souligner les régies de quartiers, dont 2 nouvelles dans le 10eme et le 12eme cette année, le développement de l’insertion dans l’événementiel parisien, les aides apportées par l’ADIE aux femmes et jeunes issus des quartiers relevant de la politique de la ville, etc.
Au-delà du soutien à l’emploi, Paris multiplient les formes d’accompagnement car « comme le dit nos formidables adjoints Olga Trostiansky et Christian Sautter un chômeur accompagné est à moitié sauvé » en effet un demandeur d’emploi accompagné augmente considérablement ses chances de retrouver un poste. Paris multiplie les formes et dispositif d’accompagnement avec plusieurs principes à relever :
• La proximité
• Un maillage diversifié qui permet à chacun de trouver un dispositif dans le quel il peut se retrouver
• Un suivi personnalisé alors que nous ne pouvons que nous alarmer du manque de moyens du pôle emploi dont les conseillers suivent plus de 217 chômeurs alors que nous savons que pour être efficace un conseiller ne peut suivre plus de 60 demandeurs d’emploi.
On peut citer comme exemple de dispositifs spécifiques parisiens les forums pour l’emploi. Ces forums doivent favoriser les contacts directs entre les entreprises et les demandeurs d’emploi. 7000 personnes ont pu ainsi être embauchées. Au-delà des rendez-vous annuel du Paris pour l’emploi sur le champ de mars, en 2010 paris innove encore et propose le 3 juin prochain un forum pour les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur au 104 et des forums dans les arrondissements pour favoriser l’emploi de proximité. Pour chacun de ces forums les structures qui accompagnent les allocataires les préparent et leur permettent déposer leur candidature.
Autre formule innovante parisienne à signaler les maisons des entreprises et de l’emploi (MdEE). EN 2008 les 5 MdEE ont permis au travers de leur accompagnement, formation, sessions de pré recrutement, l’aide à la création d’entreprise à 1900 Parisiens de retrouver un emploi durable et parmi eux 480 allocataires du RSA. Fort de ces succès, un sixième sera crée dans le 10ème arrondissement de Paris
Je voudrai pour finir revenir sur les 3 publics cibles que le PDI a ciblé.
• Quelques 4 800 ex Allocataires Parent Isolé (API) jusqu’alors non soumis à une démarche d’insertion. Il ne s’agit pas de les faire passer d’un dispositif à un autre sans tenir compte de la spécificité d’un tel public. Demander du jour au lendemain à des familles mono-parentales de se lancer dans une démarche d’insertion sans tenir compte de leur difficulté est encore une fois de l’affichage avant d’être efficace. Paris a mis en place un protocole sur l’accueil des jeunes enfants dans les équipements parisiens, pour lever un des obstacles majeurs à la reprise d’emploi.
• Les artistes
Les différentes statistiques mettent en avant un nombre important dans les demandeurs d’emploi d’artistes. Certains se moquent de cette spécificité parisienne. Nous sommes fiers de cette richesse et nous avons au travers d’une plateforme d’appui suivi plus de 1000 allocataires en 2009 et 200 ont été orientés vers une prestation de suivi individualisé.
• Les jeunes
Entre janvier 2009 et janvier 2010, le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans a augmenté de 20,5%. Or nous savons que les chiffres dissimilent une réalité encore plus dure car peu de jeunes s’inscrivent au pôle emploi car ils n’ont droit à aucun indemnité. Nous savons que le marché français intègre très mal les jeunes et qu’en temps de crise ce sont les premières victimes. Paris investit 2,9 millions d’euros dans les missions locales cette année pour assurer le suivi social et professionnel des jeunes de moins de 26 ans. En 2009, elles ont suivi 18 615 jeunes et ont permis 6 690 signatures de contrats de travail dont 2 193 en CDI, 885 ont signé un contrat d’apprentissage, et 3 701 ont suivi une formation. Au côté de ce budget conséquent pour les missions locales, Paris organise un forum pour les jeunes diplômés pour favoriser leur entrée directe et le contact direct avec des employeurs.
Certains vous diront que les jeunes ne sont pas la population la plus importante dans les demandeurs d’emploi ! Ce ne serait donc pas une priorité. Au contraire ne pas permettre le sacrifice d’une génération, lutter contre le bizutage social qui constitue à considérer l’emploi aidé comme seule porte d’entrée pour les nouvelles générations est un choix de société. Nous pensons que la jeunesse est notre avenir et le PDI en fasse une cible prioritaire est l’illustration des valeurs que nous portons.
Je voterai ce PDI en espérant que l’année prochaine, moins de parisiennes et de parisiens aient besoin de notre solidarité.

