Accueil » 8. Séance du 15 au 17 décembre 2008

Intervention de Sylvie Wieviorka relative au budget spécial primitif de la Préfecture de Police

15 décembre 2008 Lu 494 fois Imprimer

Monsieur le Maire,
Monsieur le Préfet,
Mes chers collègues,

Comme l’ont souligné avant moi Gilles Alayrac et Mao Péninou, le budget qu’il nous est proposé de voter s’inscrit dans la continuité d’une volonté résolue de la municipalité de coproduire de la manière la plus déterminée et efficace possible la sécurité des parisiennes et des parisiens à laquelle nous sommes tous attachés.

La coproduction d’une sécurité toujours améliorée requiert que chacun des partenaires concernés, la Ville d’une part et la Préfecture de Police de l’autre assume pleinement ses responsabilités.

2216 Agents de Surveillance de Paris (connus sous le sigle ASP) sont rémunérés par la ville et mis à disposition de la préfecture de police. Initialement dédiées à la surveillance du stationnement payant, leur mission ont été élargies dans le domaine de la circulation mais aussi à la lutte contre les nuisances et aux atteintes à l’environnement et à la tranquillité publique. Dans de nombreux arrondissements, la présence des ASP sur le terrain est jugée insuffisante, et la préfecture de police reconnaît bien volontiers que plusieurs centaines de postes (200 à 300, nous dit on) ne sont pas pourvus. Tout doit évidemment être mis en oeuvre pour pourvoir ces postes dans les meilleurs délais. Je pense également qu’il serait souhaitable que les élus d’arrondissement aient une vision claire des effectifs et des missions qu’effectuent les ASP sur leur territoire. Les commissaires principaux des arrondissement, qui ont les ASP sous leur responsabilité directe, ne pourraient -ils pas être incités à plus de transparence à ce sujet ? Ainsi, les élus que nous sommes pourraient participer activement, non seulement en votant le budget des ASP mais aussi en échangeant avec les responsables au niveau local, à une meilleure prise en compte des problèmes de sécurité dans nos arrondissements.

Coproduction de sécurité, disais-je. Le Maire de Paris a exprimé clairement son intérêt pour le programme de mise en place de 1000 caméras de vidéosurveillance sur le territoire de la capitale. Ce dispositif est en cours d’élaboration, et les maires d’arrondissement ont, ou vont commencer la concertation pour préciser les implantations de ces caméras. La charte d’éthique qui vient accompagner ce dispositif est bienvenue, afin de garantir le strict respect des libertés individuelles. Dans cet état d’esprit, je souhaite rappeler notre opposition à ce que des caméras soient implantées dans les lieux fréquentés par des enfants ou des mineurs (tels que sorties d’écoles de collèges ou de lycées…). Si, dans ces lieux, la surveillance doit être renforcée, la solution doit être une présence humaine accrue et non des caméras. De même, nous ne souhaitons pas que des caméras soient installées autour des centres de soins pour toxicomanes, car elles risquent de dissuader les usagers de ces centres de se soigner. Conformément à la loi du 23/1/2006, nous rappelons que les halls d’immeubles ne doivent pas être surveillés par ce dispositif. Là encore, si des problèmes d’insécurité se posent, c’est aux bailleurs ou aux copropriétés de prendre les mesures qui conviennent.

Enfin, et pour que chacun mesure l’engagement de la municipalité pour l’amélioration de la sécurité et de la convivialité dans la capitale, je veux rappeler que la ville finance à ce jour, en plus du budget de la Préfecture de Police, 100 correspondants de nuit chargés, de 16 heures à minuit, de médiation et d’accompagnement dans des quartiers où la vie en commun est difficile. 28 postes supplémentaires sont proposés au budget 2009. Ces correspondants de nuits agissent de manière préventive, aux côtés des autres dispositifs plus classiques tels que les clubs de prévention, et participent ainsi à cette coproduction de la sécurité publique qui est notre volonté et notre engagement envers les parisiens.

Nous sommes, Monsieur le Préfet, des partenaires convaincus, mais exigeants. Nous voulons que Paris soit une ville sûre, une ville tranquille, mais aussi une ville où chaque citoyen puisse être assuré que sa liberté sera pleinement protégée. Vous pourrez compter sur les élus du groupe socialiste et radicaux de gauche pour défendre avec la même ardeur les exigences de la sécurité et celles de la liberté.