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Question d’actualité d’actualité posée par le groupe socialiste, radical de gauche at apparentés relative à la menace qui pèse sur les Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté (RASED) - Conseil de Paris des 24 et 25 novembre 2008

24 novembre 2008 Lu 163 fois Imprimer

Olivia Polski, Conseillère du 14ème arrondissement de Paris

Mes chers collègues,

Jeudi 20 novembre dernier, près de 200 000 personnes, dont près de 40 000 à Paris, ont fait grève et manifesté.
Cette mobilisation massive pour l’Education Nationale avait comme objectif de dénoncer les mesures imposées sans aucun dialogue social sur le SMA, les EPEP, les IUFM d’exiger un autre budget qui permette de faire face à la hausse des effectifs, de demander le maintien des RASED, de dénoncer les attaques portées à l’école maternelle.
Ce message, transmis par toute une profession et au-delà, est massif, net et déterminé.

Créés en 1990, les R.A.S.E.D, Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté, permettent à tout élève, quelle que soit son école maternelle et élémentaire, de bénéficier d’une aide adaptée.
Le RASED recherche avec l’équipe enseignante et les familles, les réponses et les aides différenciées les plus adaptées d’ordre pédagogique, rééducatif, psychologique. Ce réseau est constitué de 3 spécialités : un psychologue scolaire et deux enseignants spécialisés : le rééducateur, ou maître G, et le maître E.
Ces actions au plus près des réalités de l’école, nourries par la formation et l’expérience d’un personnel de terrain, concernent chaque année plusieurs centaines de milliers d’élèves et leur permettent de retrouver les voies de la réussite.

Aujourd’hui, les Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté sont menacés :
- dans leurs moyens, par une diminution inquiétante du nombre de postes spécialisés,
- dans leur renouvellement, par l’insuffisance de départs en formation de spécialisation,

- dans leur fonctionnement, puisque de nombreux RASED sont incomplets et ne peuvent pas proposer aux élèves les aides spécialisées nécessaires.
- par la confusion entre les aides spécialisées du RASED et l’aide personnalisée apportée par les enseignants des classes à l’occasion de la suppression des cours le samedi matin.

En effet, au détour d’un paragraphe du projet de budget 2009, on apprend la suppression à la rentrée prochaine, de plus d’un quart des postes dévolus à la prévention et la remédiation des difficultés scolaires, les personnels étant « réaffectés ».

Cette suppression entraînera inévitablement une dégradation de la prévention et du traitement de la difficulté scolaire à l’école.

Alors même que le Ministre de l’Education Nationale prétend faire de la lutte contre l’échec scolaire une priorité, cette décision, prise en dehors de toute concertation, est pour le moins paradoxale.

Aussi, Monsieur le Maire de Paris, face à cette inquiétude des personnels de l’Education Nationale et des parents d’élèves, que nous sommes nombreux à partager, je vous prie de bien vouloir m’indiquer ce que la Ville de Paris compte faire pour que l’Ecole de la République reste l’école de la réussite de tous les élèves.

Réponse de Pascal Cherki, adjoint au Maire chargé de l’Enseignement scolaire et de la réussite éducative

Je serai extrêmement bref puisque je partage l’opinion de notre collègue Olivia Polski et je vais partir de sa conclusion : que peut faire la Ville de Paris ?
Elle peut continuer sa politique municipale dans le domaine périscolaire. Je rappelle quand même à cette auguste assemblée que l’éducation est un service public national et nous entendons qu’elle le reste. Nous pouvons relayer les préoccupations légitimes des enseignants, des parents d’élèves, les soutenir.
J’étais moi-même avec de très nombreux élus parisiens à l’importante manifestation qui a eu lieu le 20 novembre et je tiens à profiter de cette réunion du Conseil de Paris pour vraiment demander au Ministre de l’Education nationale d’entendre la colère sourde qui monte du corps enseignant et chez les parents d’élèves.
Nous sommes dans une situation où, journée d’action après journée d’action, le taux de grévistes augmente. Le corps enseignant parisien est à 80 % composé de jeunes femmes et les jeunes enseignants sont inquiets devant l’avenir du service public de l’Education nationale : réforme des programmes menée à la hache avec augmentation du contenu des enseignements et réduction du temps d’enseignement, coupes sombres budgétaires l’an dernier, qui ont principalement affecté les collèges et maintenant, comme le dit à juste titre Mme Polski, remise en cause des R.A.S.E.D. Derrière ce mot R.A.S.E.D., se cache la réalité du dispositif de prévention et de lutte contre l’échec scolaire pendant le temps scolaire.
Nous avons le sentiment que ce Gouvernement multiplie les effets d’annonce sur des dispositifs dits curatifs - stages de remise à niveau, aides personnalisées en complément de ce qui se fait - mais qui n’auront aucun effet, voire des effets contreproductifs si la contrepartie en est le démantèlement des réseaux d’aide et de soutien aux élèves en difficulté pendant le temps scolaire.
La suppression des 3.000 postes n’est motivée que par des raisons d’économie budgétaire. Si j’étais le Ministre de l’Education nationale, je ne chercherais pas à terminer mon mandat en étant plus impopulaire que Claude Allègre et je reviendrais à la raison. Je ferais en sorte de ramener le calme dans l’Education Nationale. Je rappelle que l’une des premières causes des grèves dans l’Education nationale dans ce pays est d’abord la politique scandaleuse de ce Ministère.