Conseil de Paris des 8 et 9 juin 2009 : Question d’actualité du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relative à l’emploi à Paris
Léa Filoche, Conseillère du 19ème arrondissement
Avec la crise qui s’aggrave, le chômage est redevenu la préoccupation principale des français. Les chiffres sont alarmants, le chômage en France n’avait jamais été aussi élevé depuis 3 ans et atteint aujourd’hui 9,1 %. Les mesures visant depuis 20 ans à la flexibilisation du travail et qui continuent à être défendues pas le gouvernement actuel ne font que de favoriser la précarité, les bas salaires et la mise en concurrence des salariés entre eux.
Même si Paris résiste mieux que la France : malgré tout, en mars, le chiffre du chômage est en hausse de 9,6% sur un an, alors que le nombre d’offres d’emploi chutait parallèlement de 42% dans la capitale.
Cette situation impose aux gouvernements Français et européens de prendre leur responsabilité en mettant en place des politiques de relance vigoureuses et innovantes. Force est de constater que cela n’est le cas ni en France ni en Europe. Nous pouvons craindre qu’une génération entière de jeunes diplômés soit sacrifiée car les mesures annoncées par le gouvernement sont largement insuffisantes pour répondre à leurs difficultés. Mais c’est aussi une crainte pour les retraités, les précaires, les stagiaires, les femmes ! Ainsi, le mépris affiché vis-à-vis des revendications du mouvement social contribue au découragement de toute une classe sociale, qui subit non seulement la crise mais aussi les ravages de la politique gouvernementale.
A Paris, au quotidien, les élus travaillent au plus près du terrain pour prendre en main cette problématique, et ses spécificités parisiennes. Les plus précaires, même à Paris, sont les premiers les plus exposés aux effets de la crise. Dans le 19ème arrondissement où je suis élue, nous mettons par exemple en place un plan d’action « lutte contre les discriminations à l’emploi », élaboré par les structures intermédiaires de l’emploi au niveau local, avec la Direction Départementale du Travail et de l’Emploi, avec la HALDE, et avec des associations locales. Car c’est bien là que nous pouvons intervenir. Nous avons ainsi pu tous ensemble, avec les entreprises, identifier des situations de discriminations – y compris inconscientes- pour participer à la modification des pratiques.
Monsieur le Maire, à 10 jours de la 4ème édition du Forum Paris de la diversité et du premier emploi, les élus du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, souhaiteraient avoir plus d’éléments sur la situation du chômage à Paris et sur les mesures locales mises en œuvre pour atténuer à notre niveau les effets de la crise sur l’emploi.
Réponse de Christian Sautter, adjoint au Maire de Paris en charge de l’Emploi, du Développement économique et de l’attractivité internationale
Mme Filoche pose avec force la question de la lutte contre le chômage à Paris, en particulier du chômage des jeunes et nous disposons des chiffres d’avril ; d’avril 2008 à avril 2009, le chômage a progressé à Paris de 13 %, à comparer à 18 % en Ile-de-France et 25 % pour la France entière, c’est-à-dire deux fois plus qu’à Paris.
On comprend, sur ce point, que le Gouvernement s’abstienne de tout triomphalisme.
Les jeunes sont particulièrement touchés, ceux qui sont inscrits sont au nombre de 7.060 à Paris et la hausse de ces inscriptions est de 27 % en un an.
Nous luttons contre le chômage sur trois fronts. Le premier est de faire en sorte que les emplois qui existent notamment dans l’hôtellerie restauration, les services à la personne, soient pourvus. Un quotidien, ce matin, évoquait : « Paris, la capitale championne des projets d’embauche ».
Vous avez fait une référence au forum « premier emploi diversité » ; je rappelle qu’il se tiendra le 18 juin à la cité des métiers de la Villette et qu’il est destiné aux jeunes diplômés victimes de discrimination.
L’an dernier, 835 embauches ont été ainsi faites, dont 54% en contrat à durée indéterminée ; j’insiste beaucoup sur le point qu’il s’agit en majorité d’emploi durable.
Au mois d’octobre prochain, « Paris pour l’emploi » sera à nouveau organisé, avec une priorité aux bénéficiaires de minima sociaux, aux personnes victimes de handicap, mais nous y ajouterons cette année une priorité aux jeunes diplômés et je rappelle que l’an dernier, 5.980 embauches ont eu lieu, dont 57 % de contrats à durée indéterminée.
Vous avez fait allusion, Madame Filoche, à une initiative tout à fait remarquable dans le 19e arrondissement, puisque vous avez travaillé avec l’association du Dr. BRULÉ avec la confédération générale des P.M.E. pour proposer des emplois de proximité à des jeunes victimes de discrimination.
C’est une excellente initiative et j’en profite pour rappeler que les Maisons du développement économique et de l’emploi sont à la disposition des maires d’arrondissement pour soutenir toute initiative qu’ils voudraient prendre en matière d’emploi. C’est, me semble-t-il, tout à fait conforme au débat de ce matin.
Deuxième volet sur lequel je passerai plus vite, nous souhaitons que chaque demandeur d’emploi soit accompagné individuellement et vous savez que nous avons pour objectif de ramener à l’emploi 9.000 bénéficiaires du revenu de Solidarité Active contre 8.000 l’an dernier, ceci par le biais de la formation, par le biais des contrats aidés qui vont augmenter de 30 % à la Ville cette année, de l’aide à la création d’entreprises, de l’école de la deuxième chance.
Deux inquiétudes rapides sur le rôle de l’État en la matière.
La première est : est-ce que Pôle Emploi qui a remplacé l’A.N.P.E. aura d’ici la rentrée les effectifs nécessaires pour accompagner tous les chômeurs inscrits ? Poser la question c’est avoir la réponse.
Deuxième question, nous avons un plan local insertion
emploi dans les 18e et 19e arrondissements – encore le 19e – qui marche très bien. Est-ce que l’État va nous soutenir pour faire la même chose sur les 10e, 12e et 20e arrondissements ?
Conseil municipal – Séance des 8 et 9 juin 2009 755
Pour terminer, je ne mentionnerai que pour mémoire la
politique de développement économique poursuivie depuis maintenant huit ans : le soutien à l’innovation, la promotion de l’économie sociale et solidaire, la mise en œuvre du plan climat, l’attraction d’investisseurs étrangers, l’urbanisation de 10 % du territoire parisien, l’essor de la métropole parisienne.
En conclusion, Monsieur le Maire, je veux dire que face à une situation qui se dégrade de façon accélérée, nous accélérons les interventions de la Ville et du Département de Paris et, en même temps, nous cherchons à consolider les fondations pour reconstruire une économie de plein emploi après la sortie de crise et cette politique d’urgence et d’avenir est particulièrement tournée vers la jeunesse parisienne.

