Question d’actualité posée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés au Maire de Paris relative au service minimum d’accueil – Conseil de Paris des 20 et 21 octobre 2008
Philippe Ducloux, Conseiller du 11ème arrondissement de Paris
Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
Tout d’abord, je souhaite revenir sur la manifestation nationale pour la défense du service public de l’Education qui a eu lieu hier à Paris.
Une manifestation à l’appel de plus de 47 organisations, syndicats, associations d’enseignants, de parents d’élèves, d’étudiants et de lycéens et qui a rassemblé plus de 80 000 personnes. Cette manifestation nationale est révélatrice du malaise que ressent toute la communauté éducative, mais aussi les Français qui sont près de 69% à approuver une telle mobilisation.
Dans le budget 2008, 11.200 postes dans l’Education Nationale ont été supprimés.
Dans le projet de budget 2009, ce sont 13.500 postes qui seront supprimés, dont 3.000 en Réseaux d’Aide Spécialisées aux Elèves en Difficulté, un dispositif d’aide personnalisée qui a fait toutes ses preuves. Dans le cadre triennal dans lequel s’inscrit ce budget, ce sont plus de 40.000 postes promis à disparition sur les trois ans. Résultats : classes de plus en plus surchargées, disparition de la carte scolaire, suppression d’options dans les établissements, médecine scolaire délaissée, aide éducative spécialisée en péril, gestion aberrante du rythme scolaire …
Rien ne pourra se faire si l’Etat ne cesse de se désengager de ses missions, reléguant hors du temps scolaire et souvent déléguant aux collectivités et aux associations ce qui relève pourtant de ses missions, du service public.
A une telle exaspération, la seule et unique réponse du Ministère de l’Education Nationale a été la loi mettant en place un Service Minimum d’Accueil, qui pose des questions d’application difficiles voire insolubles. En responsabilité, votre volonté, Monsieur le Maire, en temps que premier magistrat de la capitale, a été de vous conformer à la loi, en essayant de l’appliquer le mieux possible lors des deux dernières grèves. Force est de constater que cela a posé de réels problèmes d’organisation dans nos arrondissements, et surtout de sécurité pour les enfants.
Monsieur Le Maire, pourriez-vous donc, s’il vous plaît, nous faire un bilan de l’application du SMA lors de la dernière grève ? Et pouvez-vous nous préciser plus globalement les effets pour notre collectivité du désengagement de l’Etat dans le service public de l’Education nationale ? Je vous remercie.

