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Réponse de Anne Hidalgo relative à l’aménagement des voies sur berges

9 février 2012 Imprimer

Monsieur le Maire.
Chers collègues,

Tout d’abord, permettez-moi de remercier mes collègues de la majorité qui se sont exprimés fort brillamment et avec beaucoup, beaucoup d’envie d’aboutir sur ce projet qui nous unit.

Permettez-moi de vous dire que la lettre que le Premier Ministre a envoyée au Maire de Paris, et qui nous bloque, qui crée effectivement une situation dans laquelle nous ne tiendrons pas le même calendrier que celui qui avait été présenté devant les Parisiens. Cette lettre résulte sans doute d’un manque d’information à bon nombre des questions qui sont posées dans sa lettre sont déjà levées. On y reviendra, mais la question de la réversibilité, des enquêtes sur la circulation qui devraient être absolument d’une grande fiabilité, j’y reviendrai, tout cela est déjà levé.

Un Premier Ministre mal conseillé par ceux qui, il y a quelques mois, proposaient sur un site patrimonial de couvrir la Rive droite d’une dalle gruyère en béton qui devait régler les problèmes. Donc, ce type de conseil, je crois, aurait dû l’alerter sur le fait qu’il y avait un problème de mise en phase avec la population parisienne.

Et mal inspiré parce qu’il a aussi sa responsabilité à avoir écouté ces mauvais conseils et à ne pas s’être informé suffisamment ; mal inspiré, sans doute, comme cela a été très bien dit par mes collègues de la majorité municipale, parce qu’il n’a absolument aucune vision de ce que peut être une métropole durable, de ce qu’est l’écologie urbaine et du mouvement dans lequel toutes les grandes villes françaises, et je le renvoie à l’exemple Bordeaux mais aussi étrangère, sont en train d’engager.

Mal informé aussi parce que si vous ne savez toujours pas que la circulation, depuis 2001, a diminué de 24 %, ce n’est pas étonnant qu’il écrive ce qu’il écrit ; mal informé également s’il n’a pas pu suivre, parce que cela ne lui a pas été dit et qu’il n’a pas cherché l’information là où il fallait, que le réseau de transports publics était effectivement en train d’avancer. D’ailleurs, il aurait dû regarder parce qu’il y a même eu des inaugurations faites par le Président de la République sur un sujet qui, pourtant, le concernait très peu, sur l’amélioration du R.E.R. A et auquel il a participé.

Donc, sur l’amélioration des transports en commun, nous ne l’avons pas attendu. Les choses avancent.

Donc, petit rappel, comme cela a été dit, il y a eu quatre votes. La Ville a respecté toutes les procédures légales, elle a fourni tous les éléments d’étude qui ont été validés pas à pas par les services de l’Etat.

Sur la méthode, nous nous sommes conformés, bien sûr, aux procédures réglementaires, notamment celles du Code de l’urbanisme, en organisant une concertation préalable qui a mobilisé beaucoup de Parisiens et de Franciliens puisque nous avons élargi cette consultation. Nous avons fait une étude d’impact extrêmement fouillée et au terme de l’enquête publique, qui a été portée à dix semaines au lieu des quatre semaines réglementaires. Nous avons eu des discussions, je les ai qualifiées de fécondes, avec les services de l’Etat, tous les services de l’Etat et, bien sûr, ceux de la Préfecture de police également.

Nous avons même, là encore, vous vous obstinez à ne pas vouloir l’entendre, consulté les architectes du Grand Paris et de l’AIGP qui, tous, ont considéré que ce projet-là était un projet parisien, sur lequel la légitimité, effectivement, de son impulsion revenait au Maire de Paris et aux élus de sa majorité. Ils l’ont jugé positivement.

Nous avons eu des avis favorables de l’Autorité environnementale – je vous rappelle que cette autorité est placée sous l’autorité du Préfet de Région, de la commission d’enquête qui a fait état des réserves sur lesquelles le Maire s’est exprimé, mais la réversibilité du projet est garantie, tout comme le demandait la commission d’enquête.

Quant au Port de Paris, puisqu’il était mentionné dans ces réserves, que l’activité économique du port soit respectée, cela a été dit également, le travail que nous avons fait avec Port de Paris, et notamment le schéma directeur du développement du port de Paris, est totalement calé sur celui des voies sur berges. Il est fait vraiment en harmonie avec le projet de Paris et ce projet-là devrait faire gagner plus de 1 million d’euros de recettes au Port de Paris parce que, justement, il permet cette exploitation économique et notamment au port du Gros Caillou, nous avons travaillé étroitement. Je remercie les services de la Ville et Philippe CHOTARD ici présent d’avoir travaillé avec autant de patience, d’acharnement et de compétence, mais en bonne intelligence avec les services de l’Etat.

Les études de circulation, nous dit-on, devraient être prises, mais, lorsque nous avons travaillé avec la Préfecture de Région, nous nous sommes mis d’accord sur une méthodologie.

D’ailleurs, le 23 juin, vous avez écrit, Monsieur le Préfet, à la Ville pour indiquer que la méthodologie sur laquelle nous nous étions arrêtés était satisfaisante et que c’était un outil partagé.

Je m’interroge sur la remarque faite par le Premier Ministre quant à la méthodologie de comptage, notamment de la circulation, puisque vous-même et ensemble nous avons mis au point cette méthode, parce que les autres méthodes n’étaient pas satisfaisantes et nous en avons inventé une.

De même, nous avons inventé cette solution que vous avez validée, que les services de la Préfecture ont validée, qui permet d’ajouter une file supplémentaire de voitures au niveau du quai Anatole-France vers le pont de la Concorde, ce qui permettra de fluidifier la circulation sur le quai haut, sans pour autant entraver l’existence d’une voie de bus.

Ce travail a été fait, je pense qu’il faut rappeler ces faits.

Concernant l’étude d’impacts, puisqu’on nous dit qu’il faudrait encore plus d’études, je rappelle à ceux qui ne l’ont pas encore entendu qu’un document d’un grand niveau de détail a été fourni à l’Autorité environnementale et fourni lors de l’enquête publique. Ce sont 500 pages accompagnées de 200 pages d’annexes techniques, reprenant la totalité des éléments d’impact, que ce soit sur la circulation ou sur tout autre aspect de notre projet.

Je le disais tout à l’heure, l’avis favorable de l’Autorité environnementale nous a été donné le 21 juin. Il constate le caractère complet de l’étude, cet avis de l’Autorité environnementale souligne que cette étude aborde bien l’ensemble des problématiques, des impacts sur l’environnement et des nuisances du projet.

L’avis indique notamment que l’ensemble des études de circulation – et je le cite – est « de bonne qualité ».

Tout ce travail a été fait. Dire qu’il faudrait encore le refaire, ou en tous les cas qu’il serait incomplet, ne correspond pas à l’avis qui a été porté par les autorités de l’Etat, étape après étape.

Enfin, un élément a été évoqué par le Premier Ministre, un élément très étrange : des craintes sur les usages des berges au regard de leur caractère patrimonial.

Effectivement, une autoroute urbaine ne pose pas de problème et il n’y a pas de crainte par rapport au fait que cette autoroute urbaine soit sur un site classé au patrimoine de l’humanité, mais que des gens viennent se promener sur des berges avec leurs enfants, en famille, faire du sport ou se balader en été comme en hiver, cela éveille des craintes !

Que l’on vienne m’expliquer quelle est la dangerosité potentielle des familles qui iraient se promener sur les berges, parce que j’ai beaucoup de mal à la voir.

N’étant pas naïfs, nous avons dit que la sécurité ferait l’objet d’une attention particulière. Nous y avons travaillé, j’ai d’ailleurs répondu à vos questions lors du dernier Conseil de Paris, Monsieur le Préfet. Vous savez que la question de la sécurité nous importe, tout comme nous avons apporté des éléments, parce que la lettre du Premier Ministre laisse entendre qu’il y aurait une incertitude sur les usages.

Non, nous sommes venus devant le Conseil de Paris pour demander l’autorisation de lancer un appel à projets. A l’issue de cet appel à projets décidé en Commission d’appel d’offres, nous avons retenu une équipe, laquelle équipe a fait des propositions sur les usages de ces berges. Nous ne sommes donc pas du tout dans l’incertitude.

Peut-être qu’ici, ceux qui conseillent le Premier Ministre dans son atterrissage parisien dans la deuxième circonscription de Paris ont oublié de lui remettre ces documents.

C’est dommage parce que, par conséquent, il lui manque tout de même des éléments de compréhension du terrain sur lequel il envisage cet atterrissage.

Bref, je voudrais conclure en disant à mes collègues et en vous disant, Monsieur le Maire, que, à vos côtés, nous sommes déterminés.

Déterminés d’abord à montrer la légitimité des élus que nous sommes, élus légitimes du suffrage universel, à porter un projet d’aménagement pour notre ville, la Ville de Paris.

Deuxièmement, nous sommes déterminés à faire en sorte que la réalité de ce beau projet, qui s’inscrit pleinement dans cette mutation urbaine que connaît notre ville, dans quelque chose de pacifié, dans la reconquête pour les usagers, les citoyens et les amoureux de Paris, de ses espaces magnifiques, nous sommes déterminés à avancer, même si le calendrier est modifié.

Nous ferons en sorte que cet espace magnifique soit enfin redonné à ceux qui en auront le meilleur usage, c’est-à-dire aux citoyens et aux amoureux de Paris.

Merci.