Accueil » 2. Séance des 29 et 30 mars 2010, Interventions 2010

Réponse de Annick Lepetit aux interventions relatives au réaménagement de la place de la République

13 avril 2010 Lu 451 fois Imprimer

Monsieur le Maire,
Chers collègues

Je vais bien évidemment répondre aux nombreux orateurs qui se sont inscrits sur ce projet de délibération. Je le comprends puisqu’ils montrent ainsi que c’est un projet phare.

Inscrite dans le programme du maire de Paris, la nouvelle place de la République doit retrouver son caractère populaire et convivial et bien sûr incarner les valeurs républicaines, les valeurs de la République. Un des principaux enjeux de l’aménagement, cela d’ailleurs a été dit par un certain nombre d’intervenants, c’est bien évidemment de faire de cette place une grande place populaire du XXIe siècle. Je ne reviens pas, bien sûr, sur l’état des lieux. Nous partageons le constat de l’existant quoique, mais je dirai un mot en répondant plus précisément au vœu déposé.

Nous avons choisi, et je veux revenir sur la méthode, elle est importante, cela me permettra de répondre à certaines interventions, une démarche à la fois exigeante, créative je crois, et démocratique.

Il s’agit d’un projet majeur pour Paris. Nous n’avons pas aménagé de place de cette importance, c’est la plus grande à Paris depuis environ deux décennies, je pense à la place de le Hôtel de Ville, début des années 1980, à la place de la Bastille à la fin des années 1980 avec un esprit encore très routier, enfin la place Vendôme début des années 90 qui a fait l’objet d’une vraie requalification.

Nous avons choisi à la fois une méthode de concertation, et cela a été bien évidemment salué par les trois maires d’arrondissement, à mon tour je les remercie de leur disponibilité et surtout de leur attachement à concerter bien évidemment leurs riverains, puisque beaucoup de réunions ont eu lieu après la première réunion publique qui date, je le rappelle, du mois de décembre 2008. Nous avons eu de très nombreuses réunions locales oragnisées par les mairies d’arrondissement, beaucoup de réunions de conseils de quartier, des réunions inter conseils de quartier, bref, un travail qui a été fourni et sur lequel, contrairement à ce qui a été dit, particulièrement dans la dernière intervention, celle de Marie-Laure HAREL, cette base, cette concertation publique a donné lieu à ce qui a été fourni dans le cahier des charges.

Et d’ailleurs, lorsque nous avons décidé, à la fois de faire de la concertation, de lancer un site dédié pour que, non seulement les riverains puissent s’exprimer mais bien au-delà, les Parisiens, pour donner leur avis puisque c’était un peu un appel à idées. Nous avons souhaité faire aussi, et c’est pour cela que je parlais de méthode, le lancement d’un concours international d’architectes pour que nous puissions avoir à la fois cette concertation de proximité et celle des Parisiens, l’appel à idées, mais aussi l’avis et les propositions de professionnels tels que ceux qui ont été choisis par le jury.

Alors, le travail du jury, je vais peut-être le spécifier pour répondre particulièrement à Claude-Annick TISSOT qui, c’est vrai, était présente. Cette sélection que nous avons faite, ces débats, qui ont duré plus de 4 heures et demi pour justement choisir des projets qui étaient d’ailleurs des projets anonymes : nous ne connaissions pas le nom des équipes d’architectes, d’urbanistes, de paysagistes qui se présentaient.

Nous avons débattu sur cinq projets, cinq esquisses.

Le choix qui a été fait de retenir l’équipe TVK s’est fait là aussi par notation des membres du jury, un jury, je le rappelle, composé certes d’élus qui s’expriment ce matin mais aussi de personnes qualifiées, à la fois de commissions et d’associations – je pense à la commission du vieux Paris ou à l’association des usagers des transports publics -, je pense bien sûr à la Préfecture de police.

Je crois que nous avions donc un jury divers et qui sans doute a fait l’objet de nombreuses discussions par sa diversité, mais c’était tout à fait enrichissant.
Le projet sur lequel nous nous sommes prononcés majoritairement, certes pas à l’unanimité mais majoritairement, a été très bien noté, par rapport aux autres projets. Je ne vais pas parler en détail des autres projets mais juste répondre à Claude-Annick TISSOT qui mettait en avant le projet B, celui sur lequel elle s’est prononcée. Je rappelle qu’il y avait dans ce projet B sept voies pour la circulation principale, mais au lieu que le terre-plein soit rattaché au nord, comme c’est le cas de ce projet-ci, il était rattaché au sud.

Au bout du compte, les critiques, Madame TISSOT, ainsi que Madame DOUVIN, que vous nous apportez sur l’autoroute urbaine – je crois avoir entendu ce terme -, en disant que finalement les autres projets ne comportaient pas cela, ce n’est pas vrai. En tout cas, ce n’est sans doute pas l’argument qu’il faut avancer.

Deuxièmement, je retiens dans vos propos assez peu de nuances par rapport au vœu que vous nous proposez qui lui, il faut le reconnaître, est plutôt nuancé, j’aurais presque envie de le voter.

Le problème est qu’il y a un considérant qui lui non plus n’est pas juste puisqu’il dit que nous n’avons fait aucune étude d’impact concernant les pollutions atmosphériques et sonores. Ce n’est pas vrai, nous avons déjà fait des études, et cela a d’ailleurs été écrit ; nous avons pu donner une fourchette de réduction du flux automobile, entre 15 % et 17 %, et bien évidemment, nous devons, et vous ne pouvez pas nous le reprocher, poursuivre des études plus approfondies sur les flux.

D’ailleurs, pas seulement les flux automobiles. J’ai déjà eu l’occasion de le dire dans cette assemblée : il ne faut pas forcément prendre la circulation automobile comme l’alpha et l’oméga d’un aménagement ambitieux. Il faut que nous regardions l’ensemble des flux.

Nous souhaitons aujourd’hui, dans nos aménagements, prendre en considération tous les modes de déplacement, à la fois ceux que nous connaissons, ceux qui existent ; bien sûr, les transports en commun, les taxis, les vélos, les piétons, mais nous pouvons aussi anticiper et penser à l’avenir. En effet, comme cela a été dit, notamment par Denis BAUPIN, Jacques BOUTAULT et Véronique DUBARRY, cette place va être aménagée pour de nombreuses années ; c’est donc un aménagement durable et nous ne devons pas fermer la porte aux futurs modes de transport, quels qu’ils soient.

Donc, oui, nous devons laisser de la place pour envisager de nouveaux modes de transport, ceux qui n’existent pas encore, et je fais allusion, pourquoi pas, à un futur tramway des gares, même si nous savons que nous en sommes loin. Pas plus tard qu’hier matin, nous votions cette fois-ci à l’unanimité, le projet d’étude pour prolonger le tramway des Maréchaux, celui que nous sommes en train de réaliser et hier, nous lancions la possibilité de pouvoir le poursuivre jusqu’à la porte d’Asnières.

Donc, nous avons, c’est vrai, de grandes ambitions.
Pour revenir précisément à l’aménagement de la place de la République, je rappelle pour éviter toute polémique inutile, même si j’ai entendu à travers les dernières interventions qu’il y avait une petite envie de polémique, que le choix du jury a été fait sur des esquisses, que l’esquisse que nous avons choisie – mais cela aurait été la même chose si nous en avions choisi une autre – représente 10 % du projet. Donc, il a toujours été question dans le calendrier que nous avons proposé à la concertation, dès le début, il a toujours été considéré que l’équipe choisie allait devoir travailler avec les services, bien évidemment, sur des études approfondies mais aussi que la concertation allait se poursuivre parallèlement.

Donc, nous ne pouvons pas aujourd’hui tout figer, tout décider, et pourquoi pas aussi la couleur des candélabres !

Donc, on ne peut pas à la fois nous reprocher qu’il n’y ait pas de concertation et en même temps, vouloir tout inscrire dès aujourd’hui.

Laissons, et jusqu’après on s’en est plutôt bien porté, laissons aussi les idées, l’imagination et les débats avec nos concitoyens : je pense que c’est aussi une façon d’avancer.

Laissons aussi les services techniques travailler pour trouver des solutions à l’aménagement de cette place.

En tout cas, et je conclurai, Monsieur le Maire, par ce que j’ai pu entendre globalement, et il y a des phrases magnifiques qui ont été prononcées, c’est que ce projet tel qu’il est aujourd’hui, et nous allons continuer à travailler, est un projet qui fait quand même un certain consensus, qui est un projet original, comme l’a souligné Jacques BOUTAULT, mais qui est un projet que nous allons accompagner.

Je veux répondre à Alain LHOSTIS, préoccupé à juste titre de l’information des riverains, principalement mais pas seulement, de tous ceux aussi qui empruntent la place de la République quasi quotidiennement, que nous allons soigner l’information et la communication pour qu’au moment des travaux, bien évidemment – on ne peut pas éviter les nuisances des travaux : ce serait mentir que de le dire -, en tout cas on peut accompagner les personnes qui empruntent la place de la République pour la traverser et se rendre d’un point à un autre pour qu’ils puissent l’éviter, et aussi bien évidemment, les riverains, nous y pensons. C’est pour cela que nous les associons à la suite de nos travaux.

Quant à l’aménagement, là aussi, beaucoup de propositions. Nous allons bien sûr affiner car encore une fois, cet aménagement est un aménagement d’ensemble et il doit être porté dans sa globalité.

Merci.