Vœu présenté par Christophe Girard, Anne Hidalgo, Fatima Lalem et les élus du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés proposant d’honorer la mémoire d’Hélène Berr en donnant son nom à une bibliothèque ou un conservatoire du réseau parisien.
Le 3 janvier dernier, paraissait le « Journal » inédit d’Hélène Berr, jeune Parisienne juive, morte à Bergen-Belsen.
Née en 1921, à Paris, dans une famille (( de vieille souche française » Hélène Berr débute son journal, le 7 avril 1942. Elle y parle sa vie normale de jeune fille, de ses amis étudiants, de son violon, cet instrument qu’elle pratique avec passion et talent.
Dans le Paris occupé, elle s’accroche aux après-midi ensoleillés, aux journées passées dans les bibliothèques, à la musique …
En juin 1942, son insouciance est rattrapée par l’absurdité et l’horreur de l’Histoire lorsqu’elle est obligée de porter « l’insigne », l’étoile jaune : à la fois témoin de gestes de solidarité des Parisiens comme du zèle de certains fonctionnaires, Hélène Berr note tout.
Etudiante en anglais à la Sorbonne, les lois raciales de Vichy l’interdisent d’agrégation, ce qui ne l’empêche pas de se consacrer pleinement à sa passion pour cette langue, en préparant une thèse sur John Keats.
Hélène Berr s’engage en tant qu’assistante sociale bénévole à l’Union générale des Israélites de France (Ugif) se dévouant pour essayer de venir en aide aux enfants de parents disparus, internés des camps de Drancy et de Beaune-la-Rolande.
A partir de 1941, elle devient secrétaire de l’Entraide temporaire, une organisation clandestine où travaillent juifs et protestants et qui réussira à sauver près de 500 enfants juifs pendant la guerre.
Arrêtée avec son père et sa mère, le 8 mars 1944, déportée le jour de ses 23 ans à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, Hélène Berr y est morte en avril 1945.
Les derniers mots qu’elle écrit dans son journal sont empruntés à Kurtz, le héros d’Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad : « Horror ! Horror ! Horror ! ».
En raison de l’attachement d’Hélène Berr aux valeurs de dignité humaine et de liberté, de son combat intellectuel pour la mémoire, de la qualité littéraire et de la clairvoyance, de son oeuvre, mais aussi pour sa passion de la littérature et de la musique,
sur proposition de l’exécutif, le Conseil de Paris émet le vœu que la mémoire d’Hélène Berr soit honorée en donnant son nom à une bibliothèque ou à un conservatoire du réseau municipal.

