Vœu présenté par Pierre Castagnou, Danièle Pourtaud, Olivia Polski et les élus du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés en hommage à Aimé Césaire
Aimé Césaire aura été un grand poète et un homme politique français qui aura marqué l’histoire de l’immédiate après guerre. Né d’un père fonctionnaire et d’une mère couturière en 1913, il fut boursier du gouvernement français et vint faire ses études à Paris. D’abord en classe d’hypokhâgne au lycée Louis Le Grand, où il rencontre Léopold Sédar Senghor avec qui il noua une amitié profonde, puis à l’Ecole Normale Supérieure dont il sort agrégé de Lettres.
En 1934, il fonde la revue « L’Étudiant noir » avec entre autres Senghor et y développe le concept de «Négritude » en réaction au projet d’assimilation culturelle du système colonial français. Anticolonialiste, humaniste, il combattit toute sa vie le racisme et œuvra pour le développement économique et social de la Martinique, affirmant : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».
À partir de 1945, il mène une double carrière d’homme politique et d’écrivain. Élu Maire de Fort de France puis député, il conçoit et fait aboutir en 1946 le projet de départementalisation des quatre anciennes colonies : Martinique, Guadeloupe, Guyane et La Réunion.
Il est député de la Martinique pendant 48 ans jusqu’en 1993 et Maire de Fort de France pendant 56 ans jusqu’en 2001 faisant du PPM qu’il a contribué à fonder le parti incontournable de la Martinique.
Poète, essayiste, auteur de théâtre, son œuvre littéraire est une autre manière d’affirmer ses convictions. Surnommé « le nègre fondamental », il influença non seulement les auteurs antillais mais de nombreux intellectuels africains et noirs américains en lutte contre la colonisation et l’acculturation.
En 1941, il fonde la revue « Tropiques » qui est censuré par le régime de Vichy. En 1950, il publie « Discours sur le colonialisme » dans la revue « Présence africaine » qu’il a contribuée à fonder. Le texte fera scandale avant d’inspirer les combats pour l’indépendance en Afrique. En 1982, il est lauréat du Grand prix national de la poésie.
C’est pourquoi sur proposition de Pierre Castagnou, Danièle Pourtaud, Olivia Polski et les élus du groupe Socialiste, radical de gauche et apparentés, le Conseil de Paris émet le vœu que le nom d’Aimé Césaire soit donné à la bibliothèque Plaisance.

